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Archive pour octobre, 2012

What price Hollywood ? (id.) – de George Cukor – 1932

Posté : 10 octobre, 2012 @ 12:50 dans 1930-1939, CUKOR George | Pas de commentaires »

What price Hollywood

Une star d’Hollywood donne sa chance à une petite serveuse, qui devient en quelques films l’une des plus grandes stars, pendant que la carrière de son pygmalion périclite… Plus le nom de sa protégée monte au fronton des cinémas, plus il s’enfonce dans la dépression et l’alcoolisme. Il finit par tout perdre. L’histoire vous dit quelque chose ? Normal, le film de Cukor a inspiré A Star is born (dont Cukor lui-même réalisera la deuxième version, en 1954), et il est l’une des inspirations revendiquées pour The Artist. Tout le début du film de Cukor a été repris fidèlement par Michel Hazanavicus dans son film muet.

Le réalisateur français s’est consacré uniquement au destin croisé de ses deux stars. Le film de Cukor, lui, est plus foisonnant, ou plus brouillon, c’est selon. What Price Hollywood ? semble plus spontané, moins construit. Surtout, on sent que Cukor, grand filmeurs de femmes, est bien plus intéressé par la petite serveuse qui devient une grande star que par le personnage du réalisateur Max Carey. C’est dommage, parce que le personnage interprété par Lowell Sherman est passionnant, et l’alchimie avec Constance Bennett, dans le rôle principal, est de celles qui forgent les légendes. Mais au fil du film, la relation entre ces deux-là devient secondaire, Cukor lui préférant celle nettement plus convenue et moins intéressante de la jeune star avec son mari (Neil Hamilton, charmant mais un peu transparent). Le destin tragique de Max n’est alors pas aussi bouleversant qu’il devrait l’être…

Constance Bennett, elle, trouve un rôle en or : à la fois belle et émouvante, légère et grave, drôle et tragique… Un rôle complexe et d’une extrême richesse, qu’elle assume avec talent. Me souviens pas l’avoir vue aussi juste et pleine de nuances que dans ce rôle.

Le film est aussi, et surtout, l’une des visions les plus passionnantes du Hollywood de l’âge d’or. La manière dont Cukor filme les studios évite les clichés, et nous fait réellement pénétrer au cœur de la machine à rêve. On empreinte les portes dérobées, on déambule dans les larges allées ou entre les câbles et les cordes des décors, et on a l’impression d’être de la famille. Et si le côté « machine » est bien perceptible, l’aspect « rêve » l’est tout autant. Alors que la plupart des films sur le cinéma dénonce le cynisme et la cruauté d’Hollywood, Cukor, lui, filme son milieu de travail avec amour et tendresse, sinon avec bienveillance. Visiblement pas blasé par l’usine à rêve, il n’élude pas le côté autodestructeur de certaines idoles. Mais il aime Hollywood, et ça se sent.

La Mort dans la peau (The Bourne Supremacy) – de Paul Greengrass – 2004

Posté : 9 octobre, 2012 @ 6:05 dans 2000-2009, GREENGRASS Paul | Pas de commentaires »

La Mort dans la peau

Pour ce deuxième volet, Doug Liman cède sa place derrière la caméra à Paul Greengrass, et le changement est perceptible. Disons pour le meilleur et pour le pire. Greengrass est un cinéaste à la fois plus efficace et plus cérébral que Liman, mais qui a une fâcheuse tendance à généraliser le style « caméra à l’épaule en mouvement perpétuel ». Résultat : un style syncopé qui n’apporte pas grand-chose (c’est le moment où je joue le vieux con : les grands classiques le prouvent, ce n’est pas en faisant trembler sa caméra qu’on crée du rythme), et rend certains passages assez pénibles à suivre.

Curieusement, c’est dans les moments en creux que la caméra est la plus mobile, alors qu’elle a tendance à se calmer dans les scènes d’action pourtant spectaculaires. Comme si Greengrass avait peur d’ennuyer son auditoire dans les passages plus calmes. Il a tort : le film est suffisamment nerveux et tendu pour maintenir l’attention.

Il faut dire que le parti-pris de Greengrass est assez osé. Car La Mort dans la peau, deuxième volet très attendu d’une franchise déjà réputée pour son action frénétique, est finalement assez avare en action pure. Il y a de quoi s’en mettre plein les yeux, bien sûr, avec notamment une poignée de poursuites à couper le souffle et une belle séquence d’évasion d’une ambassade. Mais le scénario privilégie nettement le complot dont Bourne est le cœur. Plus complexe, aussi, que le premier film (et le troisième d’ailleurs).

Mais même sans grandes explosions et bastons, le film est joliment tendu, avec un rythme qui ne baisse jamais d’un cran. Sans poser les bases de l’intrigue (c’était pour La Mémoire…) et sans résoudre tous les mystères (ce sera pour La Vengeance…), ce deuxième volet prolonge et complexifie l’environnement de Jason Bourne. Il en fait un être encore plus seul, et encore plus hanté par son passé, formidablement joué par Matt Damon. Un maillon indispensable pour que le personnage entre définitivement dans le panthéon des meilleurs action heros.

• Voir aussi La Mémoire dans la peau, La Vengeance dans la peauJason Bourne : l’héritage et Jason Bourne.

 

Les Piliers de la Société (Stützen der Gesellschaft) – de Douglas Sirk (Detlef Sierck) – 1935

Posté : 8 octobre, 2012 @ 7:00 dans 1930-1939, SIRK Douglas | Pas de commentaires »

Les Piliers de la Société (Stützen der Gesellschaft) - de Douglas Sirk (Detlef Sierck) – 1935 dans 1930-1939 les-piliers-de-la-societe

C’est l’un des premiers films de Sirk (qui s’appelait encore Detlef Sierck), et l’une des plus personnelles de ses œuvres de jeunesse. Ce Danois installé en Allemagne adapte en effet l’une des œuvres les plus célèbres d’Ibsen, et dépeint une bourgeoisie du Danemark complexe, à la fois pilier incontournable d’une société à qui elle donne un cadre et une direction, et rongée par l’hypocrisie et le mensonge.

Le consul Bernick résume parfaitement la complexité du propos : lui qui aime se présenter comme le plus important de cette société, armateur qui fait vivre des centaines de personnes sur ses chantiers, le fait au détriment de centaines d’autres, qu’ils conduit à la ruine, voire à la mort (les deux vont souvent ensemble). Quant à son empire et à son statut social, il les doit à un double mensonge, fait au détriment de son beau-frère qui – la belle aubaine – était parti vivre dans les grands espaces américains, loin de cette société étouffante. Sauf que le beauf, après des années d’exil, est de retour…

Stylistiquement parlant, Sirk est encore un peu brouillon. La force, déjà réelle, de sa mise en scène, n’a pas l’élégance de ses grands mélos à venir. Et on le sent peu à l’aise avec le grand moment de bravoure : un naufrage durant une tempête dont on ne voit que des gros plans de vagues qui se répètent, et viennent frapper le pont d’un bateau vaguement reconstitué en studio. Au niveau du rythme, c’est parfait ; mais l’impression de sympathique bricolage nous laisse un peu en marge du drame qui se noue.

Les personnages, eux, inspirés d’Ibsen, sont la grande force du film. Le consul, en particulier, est un personnage proprement monstrueux. Physiquement imposant (on pense au Falstaff de Welles), il est d’une complexité rare, monstre d’égoïsme qui se voit comme un bienfaiteur, mais n’agit au fond jamais pour le bien général. Egoïste qui s’ignore, il réalise trop tard la portée de ses décisions (et l’impact de sa fortune) sur la vie des petites gens…

Sirk n’atteindra la pleine valeur de son art qu’aux Etats-Unis, plus d’une dizaine d’années plus tard. Mais il y a dans ces Piliers… les bases d’une œuvre géniale et très cohérente.

The Proposition (id.) – de John Hillcoat – 2005

Posté : 5 octobre, 2012 @ 2:59 dans 2000-2009, HILLCOAT John, WESTERNS | Pas de commentaires »

The Proposition

Peux pas dire que je crève d’envie de découvrir l’Australie après avoir ce western du bush. Pas sûr non plus que l’office de tourisme local ait particulièrement apprécié… Dans ce désert australien de la fin du 19ème siècle, sous domination britannique, tout n’est que poussière, chaleur, sueur et sang, et tout le pays est désespérément dénué de relief. A perte de vue, pas le moindre caillou couper cette vue sans fin…

Est-ce de là que vient la profonde dépression que trimballent tous les personnages. Les aborigènes sont stoïques et imperméables, ne laissant affleurer aucun sentiment apparent. Quant aux blancs, ils semblent tous déjà morts, oubliés là, dans ce « fresh new hell » comme l’appelle l’un des personnages, anti-chambre de la mort sans la moindre lueur d’espoir. Tous ces personnages sont échoués dans ces terres sans joie, à des années-lumière de l’Angleterre, et on sent bien que pas un n’en sortira…

The Proposition est le film qui a révélé John Hillcoat (La Route, Des Hommes sans loi…), et surtout le premier écrit par l’immense Nick Cave, chanteur intense pas vraiment réputé pour sa légèreté. Dans ce film, dont il signe aussi la musique envoûtante, il retrouve la veine morbide et fascinante de ses Murder Ballads (un album concept hallucinant et génial), évoquant les âmes torturées de personnages habités par la mort, avec une simplicité confondante.

La « proposition » du titre, c’est celle que fait un soldat anglais à l’un des quatre frères d’un gang de hors-la-loi : s’il tue son frère aîné, monstre sanguinaire, son plus jeune frère évitera la pendaison…

Rien de plus côté intrigue, mais côté personnage, on a droit à une belle galerie de paumés. Danny Huston, psychopathe lyrique et impitoyable ; Guy Pearce, baloté entre son sens de la famille (et quelle famille !) et le dégoût que lui inspirent les actes de son frère ; John Hurt, chasseur de prime qui craint la mort autant qu’il l’attend ; et surtout le couple formé par Samantha Morton et Ray Winston, totalement inattendu.

C’est le soldat interprété par Winston qui fait ce deal mortel avec le hors-la-loi joué par Guy Pearce. Une proposition immonde, mais c’est pourtant lui le plus humain de tous, dans cette terre morte. Lui qui clame sans cesse, comme s’il voulait se persuader lui-même, qu’il va « civiliser cette terre », tentant par tous les moyens de recréer un semblant d’humanité et de civilisation autour de lui.

Le repas de Noël qu’il partage avec sa douce (mouais…) épouse, est un simulacre qui émeut autant qu’il souligne froidement la désolation de cette terre, et la vacuité de ces existences. Cette douce épousée totalement esseulée prête à provoquer le sang pour sortir de son isolement insupportable.

The Proposition est un film fascinant, envoûtant et désespéré, où la beauté brute des ciels souligne l’absurdité de la violence. Et ce n’est pas la délivrance finale qui va y changer grand-chose…

L’Image vagabonde (Das Wandernde Bild) – de Fritz Lang – 1920

Posté : 3 octobre, 2012 @ 5:19 dans 1920-1929, FILMS MUETS, LANG Fritz | Pas de commentaires »

L'Image vagabonde

La Ville, tentaculaire, habitée par des populations étonnantes et lieu de tous les vices, a souvent été au cœur des films de Lang (de Mabuse à Metropolis, de M le maudit à La Femme au portrait…). A chaque fois qu’il en est sorti, le cinéaste a donné une vision forte et habitée de la nature : la lande de studio baignée dans la brume des Contrebandiers de Moonfleet, les grands espaces vides d’humanité de La Femme sur la lune… Déjà dans Wandernde Bild, cette œuvre de jeunesse méconnue, sa manière de filmer la nature (des décors bien réels, cette fois) est impressionnante.

Rarement Lang aura privilégié à ce point le tournage en extérieur, qui plus est dans des conditions difficiles : le décor qu’il a choisi, pour sa première collaboration avec sa compagne et scénariste Thea Von Harbou, est celui d’une montagne escarpée, où la nature est continuellement menaçante. Peut-être est-ce la raison pour laquelle L’Image vagabonde est son film le plus marqué par la religion, comme si Lang était frappée par la puissance intrinsèque de cette nature sauvage.

Mystique, le film l’est assurément : la délivrance finale, sans entrer dans les détails, est la vision d’une statue de la Vierge, que l’on voit marcher dans la neige, portant un bébé… Quant aux dialogues de ce film muet, ils sont les plus ouvertement mystiques de toute l’œuvre de Lang. « Je cherche le chemin qui me délivrera de ma détresse », lance l’héroïne à celui qu’elle ne sait pas être son mari. « Nul ne peut indiquer un chemin qu’il ignore », rétorque ce dernier.

Ce dialogue obscur intervient après un quart d’heure de film (dans la version qui a survécu en tout cas : il ne reste qu’une version tronquée d’un tiers du métrage, et tout le début semble très fragmentaire), et il faut reconnaître que, comme dans Cœurs en lutte l’année suivante, Lang et Von Harbou ne facilitent pas la tâche du spectateur.
Ce à quoi on a assisté jusqu’alors : une veuve qui fuit le frère de son mari décédé, avec qui elle est également mariée. Pour lui échapper, elle s’enfonce de plus en plus profondément dans une région reculée, d’abord dans un petit village, puis dans la montagne… où le premier type qu’elle rencontre se trouve être son mari qu’elle croit mort, et qu’elle ne reconnaît pas.

Difficile de comprendre la logique des personnages pendant la première moitié du film, mais un long flash-back vient faire toute la lumière, tandis que nos héros sont coincés sous un immense éboulis (joliment filmé, d’ailleurs).

Le destin, la nature, la foi (en l’homme, en Dieu)… Ce Lang-là ne ressemble pas tout à fait aux autres. Les actions des hommes se font sous le couvert de préceptes religieux et moraux. Ils n’auront plus cette excuse dans les grands chef d’œuvre que Lang n’allait pas tarder à enchaîner. Plus il s’éloignera de ce naturalisme mystique, plus il touchera à la réalité trouble de ses personnages.

Miracles à vendre (Miracles for sale) – de Tod Browning – 1939

Posté : 3 octobre, 2012 @ 2:40 dans * Films noirs (1935-1959), 1930-1939, BROWNING Tod | Pas de commentaires »

Miracles à vendre

C’est un fait : l’arrivée du parlant (et la mort de Lon Chaney) a marqué une rupture forte dans la carrière de Tod Browning. Après Dracula, et surtout Freaks, peut-être le sommet de son œuvre, en tout cas le point culminant de toutes ses névroses de cinéaste, Browning a continué sa carrière avec une poignée de films plus inégaux, plus dispensables, et surtout beaucoup moins marqués par la noirceur et le pessimisme immenses de ses films précédents.

Miracles for sale est ainsi une petite distraction rare dans l’œuvre de Browning, une comédie légère et joyeuse très loin du tragique de L’Inconnu par exemple. Pourtant, Browning retrouve une nouvelle fois le monde du music-hall et ses faux-semblants, qui constituent l’essentiel de son œuvre. Comme Lon Chaney dans West of Zanzibar, Robert Young interprète ici un magicien. Mais le propos est radicalement différent, cette fois.

Ici, Browning s’amuse avec les apparences, les décors de théâtre, les trucages. C’est même tout le fond d’un film basé sur une enquête policière teintée de surnaturelle, extrêmement compliquée à suivre. D’ailleurs, on ne tarde pas à décrocher de cette intrigue tarabiscotée, que je n’essaierai même pas de résumer ici.

Qu’importe : l’intérêt réside dans la frontière, ténue, entre le paranormal et la réalité. Pas comme une interrogation profonde sur les forces de l’au-delà, mais comme un récit très ludique sur l’art de l’illusion. Car le personnage principal n’est pas seulement magicien, c’est aussi un grand septique, qui tente d’expliquer avec toute sa rationalité les phénomènes étranges auxquels on assiste, et qui finissent par convaincre les policiers de l’existence de forces surnaturelles. Après un premier quart d’heure un peu poussif, ce jeu devient même assez brillant, et surtout très entraînant.

Amusant et plutôt enthousiasmant, le film tire continuellement un petit sourire, grâce aussi à une poignée de seconds rôles qu’on aime, comme cet éternel râleur de William Demarest, ou encore le père vaguement grognon et haut en couleur de Robert Young, interprété par Frank Craven.

Browning, qui ne tournera plus aucun film, termine sa carrière sur une œuvre mineure, mais très plaisante.

Le Barrage de Burlington (River Lady) – de George Sherman – 1948

Posté : 3 octobre, 2012 @ 11:50 dans 1940-1949, DE CARLO Yvonne, SHERMAN George, WESTERNS | Pas de commentaires »

Le Barrage de Burlington

Décidément, George Sherman est un réalisateur qui mériterait d’être réévalué, ce que le DVD pourrait bien rendre possible : les récentes sorties de Universal (Bandits de grands chemins, La Fille des prairies et Le Grand Chef), Artus (The Lady and the Monster) et ce River Lady dans la collection Western de Légende de Sidonis contribuent en tout cas à révéler le grand talent de cet artisan très efficace que je considérais jusqu’à présent comme un yes-man sans grande personnalité.

Avec River Lady, c’est une nouvelle fois un western de haute tenue, et très original, que signe Sherman. L’intrigue adapte un thème traditionnel du genre (l’affrontement des riches propriétaires et des modestes fermiers) et le transpose dans un contexte rarement utilisé à l’écran : l’univers dur et viril des bûcherons qui passent huit mois de l’année dans les bois à abattre et débiter les arbres avant de les convoyer au fil de la rivière vers la ville.

Les dix premières minutes du film sont quasi-documentaires (même si l’exactitude historique n’est pas le but de Sherman et de ses producteurs), et passionnantes, avec une très belle photographie qui rappelle l’excellente Fille du Bois maudit d’Hathaway. Les personnages de l’histoire ne sont pas encore introduits, mais déjà on sent la sueur et l’atmosphère virile du film se met en place. Le héros, d’ailleurs, interprété par un Rod Cameron parfait dans un rôle fait pour lui, est un homme taillé dans la pierre : un rude bûcheron aux poings comme mes cuisses, fier et modeste, désireux de vivre sa vie à sa manière, et de ne rien devoir à quiconque.

Pas même la belle Yvonne de Carlo, à tomber par terre évidemment, riche propriétaire d’un tripot qui rêve de devenir une femme puissante et respectée, au côté de son Rod Cameron de fiancé. Le gars n’a pas les mêmes envies qu’elle ? Mais Yvonne sait ce qu’elle veut, et pousse son homme à prendre la direction d’une petite société, dont le président (l’excellent John McIntire) a une fille fort charmante (Helena Carter) qui préférerait séduire le rustre bûcheron plutôt que de mener une vie de petite fille gâtée…

C’est un film d’hommes, avec des coups de poings bien envoyés, des beuveries mémorables, et un « méchant » bien méprisable (Dan Duryea). Pourtant, les personnages les plus forts sont les personnages féminins, qui sont la véritable âme du film. Dans un film aussi efficace dans l’action pure que lorsqu’il aborde des thèmes plus « politiques » (les petites sociétés forcées de créer la première coopérative pour faire face au puissant syndicat), la manière dont ces personnages féminins sont écrits et filmés est étonnamment fine et complexe.

Helena Carter, qui trouve ici l’un de ses plus beaux rôles, donne une profondeur et une vérité inédite à un rôle issu d’une longue lignée : celle des filles de bonne famille qui rêvent de s’encanailler. Elle est à la fois touchante, drôle et séduisante, même si la dernière partie du film semble la mettre un peu de côté. Dommage…

Même un second rôle aussi anecdotique que Ma Dunnington (jouée par ….), tenancière d’un bar peu recommandable, parvient à exister en quelques scènes seulement, et peu de dialogues.

Mais la vraie star du film (la plus grande star Universal de l’époque), c’est bien sûr Yvonne de Carlo, magnifique actrice dans tous les sens du terme, qui trouve ici l’occasion de jouer sur des registres très différents. Arrogante et ambitieuse, Sequin est aussi une romantique à la fois fière et triste. Irrésistible quand elle chante, sublime quand elle réalise ce qu’elle perd, Yvonne de Carlo n’a pas le beau rôle dans l’histoire. Mais elle est filmée magnifiquement, et habite littéralement le film.

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