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Archive pour le 12 octobre, 2012

L’Assassin habite au 21 – de Henri-Georges Clouzot – 1942

Posté : 12 octobre, 2012 @ 3:29 dans * Polars/noirs France, 1940-1949, CLOUZOT Henri-Georges | Pas de commentaires »

L'Assassin habite au 21 1

J’ai toujours eu un faible pour ce premier film réalisé par Clouzot, une petite merveille légère et irrésistible, souvent considérée comme une comédie policière mineure. Libre adaptation (par Clouzot et l’auteur lui-même) d’un polar de Steeman (qui fait partie de ces écrivains très en vogue dans les années 30/40, mais dont le style paraît bien vieillot aujourd’hui), le film est la suite de Le Dernier des Six, dont Clouzot avait déjà signé l’adaptation un an plus tôt. Pierre Fresnay et Suzy Delair y retrouvent leurs rôles : celui du commissaire Wens et de sa petite amie, apprentie chanteuse grande gueule et casse couilles.

Chacun de leur côté (lui pour éviter d’être renvoyé, elle pour attirer l’attention d’un impresario), ils tentent de démasquer « Monsieur Durand », un tueur en série qui sévit à Paris, et dont le commissaire apprend qu’il est l’un des pensionnaires d’une pension de famille, les Mimosas. Wens s’y fait admettre en se faisant passer pour un pasteur, et sa douce ne tarde pas à l’y rejoindre.

L’intrigue policière n’intéresse pas vraiment Clouzot, qui se concentre bien davantage sur les personnages, leurs comportements au sein d’une communauté hétéroclite confrontée à l’irruption du Mal et du soupçon (le même thème qu’il développera, en bien moins léger, dans Le Corbeau). Surtout, il privilégie l’humour, fait peut-être unique dans sa filmographie. Les dialogues, gouailleurs et caustiques, sont particulièrement réussis. « Je ne peux pas me rendre compte, je suis une vraie jeune fille », lance une vieille pensionnaire des Mimosas. « Mes compliments », lui répond Wens… C’est brillant, croustillant, et c’est comme ça jusqu’à la fin.

Le couple Fresnay/Delair est un autre moteur de l’humour et du rythme imparable de ce film. Parce qu’ils sont totalement opposés, lui raide comme la justice, elle totalement exubérante, ces deux-là forment un couple de comédie idéal. Suzy Delair d’ailleurs, souvent tête à claque dans ses films, est formidable ici, en partie grâce au contrepoint que lui offre Fresnay.

L'Assassin habite au 21 2Et les moindres seconds rôles sont exceptionnels, avec une mention spéciale à Pierre Larquey, acteur de second plan génial et indispensable, qui donne un relief formidable à un personnage qui, sur le papier, n’en a guère. Noël Roquevert en faux militaire, et Jean Tissier en artiste de music-hall haut en couleurs, sont excellents eux aussi.

Le moindre petit rôle a la gouaille si séduisante de ce Paris disparu, et j’avoue un petit faible pour André Gabriello, le gros flic bonhomme au débit impossible, et pour le tout jeunôt Raymond Bussières qui lui chante du haut de son lampadaire « J’emmerde les gendarmes, et la maréchaussée, et la maréchaussée… ».

Et puis il y a le rythme, imparable et jubilatoire, et l’intelligence de la mise en scène, qui utilise merveilleusement les beaux décors. Dès la toute première séquence, Clouzot impressionne par la maîtrise de son art. En quelques minutes, il plante le contexte, et signe une belle séquence de suspense tout droit issue du réalisme poétique. La toute première scène de sa filmographie, et déjà un chef d’œuvre.

Kill the Gringo (Get the Gringo / How I spent my summer vacation) – d’Adrian Grünberg – 2012

Posté : 12 octobre, 2012 @ 1:21 dans 2010-2019, GRÜNBERG Adrian | Pas de commentaires »

Kill the gringo

A force d’être dans le creux de la vague, il fallait bien ça arrive : Mel Gibson a enfin droit à son direct-to-dvd, un premier film (signé Adrian Grünberg, assistant réalisateur pour Oliver Stone, Steven Soderbergh… ou Mel Gibson sur Apocalypto), tourné en DV et avec un petit budget, qui n’a eu droit à une sortie en salle nulle part… Fini, le Mel, malgré les bonnes critiques reçues pour sa précédente prestation dans Le Complexe du Castor ? Ce serait aller un peu vite en besogne, parce que ce Kill the Gringo (connu un temps sous le titre How I spent my summer vacation), non seulement n’a rien de honteux, mais se révèle même une excellente surprise.

Gibson, qui a produit et co-écrit le film, trouve même là l’un de ses meilleurs rôles de durs à cuire, dans un film vraiment « hard-boiled », qui reste rude et âpre jusqu’au bout, tenant les promesses que n’avait pas tout à fait tenues Payback, autre film hard-boiled du Mel, à la réputation pourtant bien meilleure.

Dans Kill the Gringo, l’image n’est pas très belle, DV oblige, mais le débutant Grünberg signe un premier film admirablement tendu, dont l’essentiel de l’action se déroule à l’intérieur d’une prison mexicaine hallucinante, qui tient moins du pénitencier classique que de la zone de non-droit de New York 1997. Version bidonville, moite et et poussiéreuse. Mel, arrêté à la frontière par des flics corrompus qui lui volent son butin, y est enfermé et oublié. Il y rencontre un gamin de 9 ans et sa mère, et découvre que le gosse est le réservoir à foie du patron des lieues, malade ayant besoin d’une transplantation.

Après une entrée en matière vive et tendue, le film patine un peu, à l’arrivée en prison. Mais la dernière moitié est bourrée d’éclats de violence qui font vraiment mal, sans oublier d’être cool pour autant. Dommage que « la » grande fusillade au milieu du film soit gâchée par un ralenti constant glonflant, qui casse le rythme. Mais Grünberg se rattrape sur les autres poursuites et fusillades, notamment le dernier affrontement, glaçant.

Pas un chef d’œuvre, non, mais Mel Gibson, même au creux de la vague, même avec le poids des ans sur son visage, attire toujours la caméra comme peu d’autres stars. Ce Kill the Gringo vaut nettement plus que le précédent actionner de l’acteur, Hors de contrôle, qui avait eu droit à une grosse sortie en salles, et qui était nettement plus insipide et ennuyeux. Et vive le DVD !

La Montagne mystérieuse (The Beast of Hollow Mountain) – d’Edward Nassour et Ismael Rodriguez – 1956

Posté : 12 octobre, 2012 @ 1:15 dans 1950-1959, FANTASTIQUE/SF, NASSOUR Edward, RODRIGUEZ Ismael | Pas de commentaires »

La Montagne mystérieuse

On ne compte pas les films de dinosaures tournés dans les années 50. Mais dans cette interminable liste largement nanardesque, ce Beast of Hollow Mountain sort du schéma traditionnel, qui nous montre des explorateurs découvrant des terres inconnues, peuplées de lézards géants. Bien avant La Vallée de Gwangi, autrement plus prestigieux (notamment grâce aux effets spéciaux de Ray Harrihausen), le film imagine l’irruption de monstres préhistoriques dans un western a priori très traditionnel. Autre point commun entre les deux films : ils s’inspirent d’une idée de Willis O’Brien, le précurseur de l’animation image par image.

Produit par la United Artists et filmé en Cinemascope, le film, à défaut d’être une grosse production, n’est pas non plus l’une de ces séries Z qui plébiscitaient les dinos. Il y a là, mine de rien, une vraie ambition, avec de nombreux figurants (ce qui nous change de l’inénarrable King Dinosaure, présent dans le même coffret DVD que ce Beast…), un scénario bien construit qui tiendrait le coup même sans l’aspect fantastique de la chose, et surtout une vision réaliste assez bien trouvée du Mexique de la fin du 19ème siècle.

Ce western mexicain, basé sur la rivalité amoureuse de deux éleveurs, est surtout réussi lorsqu’il montre la vie quotidienne de ce petit village : le jour de marché, le travail banal des cow-boys, les soirées des familles riches, les balades dominicales dans les rues… On n’attendait pas ça dans un tel projet.

La direction d’acteurs, par contre, est pour le moins approximative. Et comme tout le budget, visiblement, est allé aux effets spéciaux et aux figurants, les acteurs n’ont pas été choisis dans le haut du panier…

Cela dit, on ne peut pas dire non plus que les effets spéciaux prennent toute la place : il faut attendre l’heure de projection (le film dure une heure quinze !) pour voir le dinosaure apparaître enfin… et uniquement les pattes dans un premier temps, avec une série de gros plans irrésistibles sur les jambes d’un type qui marche maladroitement avec un déguisement de monstre en latex… absolument pas raccords avec les plans larges du dino, nettement plus convaincants.

Le film, comme ça, alterne le bon et le n’importe quoi. Drôle de mélange, comme si les deux réalisateurs (Edward Nassour, inventeur de la technique d’animation utilisée pour le monstre, et Ismael Rodriguez, très important cinéaste mexicain) avaient travaillé chacun de leur côté avant de tout assembler. C’est en tout cas plaisant, et ça se regarde sans le moindre ennui…

 

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