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Archive pour le 4 septembre, 2012

Welcome in Vienna – Partie 1 : Dieu ne croit plus en nous (Wohin und Zurück. 1 : An Uns glaubt Gott nicht mehr) – d’Axel Corti – 1982

Posté : 4 septembre, 2012 @ 2:35 dans 1980-1989, CORTI Axel | Pas de commentaires »

Welcome in Vienna 1

A Vienne, en 1938, un adolescent juif, Ferry Tobler, parvient à échapper aux rafles de la Nuit de Cristal, mais doit fuir l’Autriche. Il commence alors un long périple au côté de milliers d’autres Juifs qui, comme lui, sont rejetés par ceux-là même qui partageaient leur quotidien il n’y a pas si longtemps…

Avec ce premier volet d’une trilogie consacrée au destin des Juifs autrichiens (dont je vais m’empresser de découvrir les deux autres volets, Santa Fe et Welcome in Vienna), Axel Corti signe un pur chef d’œuvre. Esthétiquement d’abord, le film est une immense réussite. La mise en scène sobre et efficace, le noir et blanc au grain épais, la reconstitution de l’Europe des années 1938 à 1941… Visuellement splendide, d’un réalisme troublant, parce qu’il évoque ces films d’archive qu’on a tous en mémoire, et qui illustrent les grandes dates historiques de cette histoire.

Surtout, Corti propose une vision totalement antispectaculaire de cette période trouble. Plutôt que de chercher à illustrer un épisode tragique de notre histoire récente, plutôt que d’émailler son film de rebondissements spectaculaires et dramatiques, Corti choisit le strict point de vue de ces Juifs forcés de renoncer au monde tel qu’ils l’ont toujours connu, victimes d’une menace et d’une haine aussi absurdes qu’omniprésentes…

De fait, on ne voit que peu de violence physique dans ce film. Mais le regard de l’autre, le rejet systématique que rencontrent ces émigrants malgré eux, suffit à installer le drame, terrible. Le film s’attache au destin d’un petit groupe de personnages (en particulier Ferry, un « père d’adoption », résistant allemand et goy joué par un grand Armin Mueller-Stahl, et une veuve juive qui représente tout à la fois l’image de la mère et de la maîtresse, troublante famille reconstituée, cocon fragile dans un monde hostile), mais c’est le destin tragique de tous ces Juifs européens que l’on ressent dans ce long exode.

Vienne, Prague, Paris, Orléans, Marseille… Chaque étape se prolonge des mois durant, et à chaque fois un semblant de vie se met en place avec les mêmes êtres qui se croisent et se recroisent, avant que les exilés soient de nouveau obligés de reprendre la route.

Dans ce long et terrible exil communautaire, Corti filme des amitié, des inimités, des attirances, des colères, mais toujours avec un sentiment de fraternité exacerbé. Il filme des destins brisés, avec une pudeur parfaite. Il filme aussi la fin de l’innocence, avec cette pathétique arrestation de « Gandhi » (Muller Stahl) par une bande de gamins français charmants et bien sous tous rapports.

Les exilés se croisent au gré de leur voyage sans fin, comme si leur destin commun les menait tous au même endroit (d’ailleurs…). Ils réapparaissent, mais disparaissent aussi pour certains, sans que l’on sache vraiment ce qui leur est arrivé : en n’adoptant que le point de vue de ces « héros » ballottés par l’histoire, Corti nous plonge dans la même confusion qu’eux.

Mais le réalisateur ne laisse planer aucun espoir, aucun optimisme forcé. Lui-même enfant autrichien durant la guerre, il a sillonné les routes d’Europe avant 1945, où il a probablement assisté à des scènes telles que celles qu’il filme ici. Il sait le poids de l’histoire en marche. Son film est bien plus qu’un documentaire. C’est le portrait d’hommes et de femmes sacrifiés par une époque folle et haineuse. Et c’est tout à la fois d’une simplicité et d’une force assez incroyables.

Compte à rebours mortel (D-Tox) – de Jim Gillespie – 2002

Posté : 4 septembre, 2012 @ 1:45 dans * Thrillers US (1980-…), 2000-2009, GILLESPIE Jim, STALLONE Sylvester | Pas de commentaires »

Compte à rebours mortel

On peut aimer un acteur en reconnaissant qu’il a une carrière largement dominée par les nanars et les ratages absolus. La preuve : j’aime Stallone. En grande partie pour Rocky bien sûr, mais aussi pour son incontestable présence. Et puis, voir celui qui fut l’une des plus grandes stars du monde tomber aussi bas a quelque chose d’émouvant : les échecs de Daylight et de Copland (deux excellents films, pourtant) au milieu des années 90 ont précipité la chute de Stallone, condamné à faire des apparitions pitoyables dans les troisièmes volets de Taxi et Spy Kids, et à tenir la tête d’affiche de films qui sortent dans l’indifférence générale.

Ce D-Tox, tentative de Stallone de toucher un public plus jeune (c’est le deuxième film du réalisateur de Souviens-toi… l’été dernier), est l’un des plus gros bides de la décennie. Honnêtement, on ne peut pas dire que cet échec soit injuste, tant le film accumule les poncifs et les effets faciles. Stallone y joue un flic (encore) qui enquête sur un tueur de flics (mouais), qui finit par assassiner sa fiancée. Du coup il a l’occasion de jouer les types bouleversés, perd le goût à la vie, se met à boire comme un trou. Bref, rien de bien nouveau.

Sauf que pour se remettre, il va s’isoler dans une ancienne base militaire perdue au cœur d’une nature sauvage et enneigée, et reconvertie en maison de repos pour flics dépressifs. Plutôt original, mais ça ne va jamais plus loin que le stade de l’idée : le film devient alors un film d’épouvante on ne peut plus classique. On sait que l’un des personnages est le fameux tueur, et les morts commencent à s’accumuler. Au lieu de faire front ensemble, les personnages n’en finissent pas de se séparer, et le casting de se décimer. Banal, quoi.

Kris Kristofferson, Charles Dutton, Tom Berenger, Robert Patrick et Stephen Lang cachetonnent. On est content de les voir, on est content de voir Stallone remonter la pente (dans le film), et on n’est pas mécontent que tout ça se termine pas trop lentement…

 

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