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Archive pour le 31 août, 2012

Guérillas / Guérillas aux Philippines (American Guerilla in the Philippines) – de Fritz Lang – 1950

Posté : 31 août, 2012 @ 4:23 dans 1950-1959, LANG Fritz | Pas de commentaires »

Guérillas

Le plus mal aimé des films de Lang est peut-être, effectivement, le moins intéressant de tous (il en reste quelques-uns que je n’ai toujours pas vus). Mais sortie DVD de Guérillas chez l’excellent éditeur Sydonis arrive à point pour réévaluer un chouïa ce film de guerre loin d’être anecdoctique.

C’est vrai, ce n’est pas le projet le plus personnel de Lang : difficile de trouver sa patte et ses motifs habituels dans cette grosse production qui ne lui était pas destinée (c’est Henry King qui devait s’y coller, retrouvant ainsi son acteur fétiche Tyrone Power). Mais Lang tire le meilleur d’une approche plutôt originale du film de guerre.

Inspiré d’une histoire vraie, le film suit les aventures d’un officier de la marine américaine échoué aux Philippines et qui, tout en cherchant à gagner l’Australie où il espère reprendre sa place dans la navy, se retrouve constamment ramené (par les éléments, par les rares officiers encore sur place, par l’amour…) à cette terre occupée par les Japonais. Avec une poignée d’hommes, il fait son possible pour échapper à l’ennemi, avant de prendre une part active dans la résistance philippine et dans la préparation du retour très attendu du général MacArthur.

Un épisode peu vu au cinéma de la guerre du Pacifique, et pour cause : le sujet n’est pas le plus cinématographique qui soit : la résistance est larvée, patiente, lente, et les accès de violence sont aussi saisissants que rares. Quant à l’héroïsme de nos « combattants », il se résume durant la plus grande partie du film à éviter l’affrontement et à fuir les responsabilités. Si Tyrone Power et ses potes veulent gagner l’Australie, c’est pour se réfugier derrière les ordres directs de leurs supérieurs.

C’est là que Lang parvient à poser son empreinte. Son choix n’est pas de rendre le sujet plus spectaculaire qu’il n’est. Au contraire : il appuie un peu plus encore sur l’ennui qui gagne régulièrement les protagonistes, et décrit la nouvelle vie qui se met en place pour les autochtones, et pour les soldats, en particulier Tyrone Power et son sidekick, le sympathique Tom Ewell.

A quelques reprises, Lang fait mine de muscler son récit (la première escarmouche avec les Japonais, l’apparition d’un Jack Elam forcément patibulaire…), mais ce ne sont que des fausses pistes qu’il écarte rapidement. Lang nous prive même d’une scène de naufrage, ne montrant que le départ du bateau, puis le même bateau retourné devant un ciel parfaitement bleu, sans que l’on ait vu quoi que ce soit de la tempête qui en est responsable…

Par contre, il prend tout son temps pour filmer les temps, les longs préparatifs, les moments de repos… Un choix audacieux pour un film de cette ampleur, mais qui se révèle efficace. C’est dans ces longs moments en creux (l’action s’éternise sur trois longues années) que le film prend tout son sel, à l’image de La Ligne rouge, le film de Terrence Malick que ce Guérillas semble bien avoir inspiré.

Plus anecdotique (nettement), on notera aussi le rôle important tenu par Micheline presle (ou « Prelle » comme on peut le lire au générique) dans « sa » grande expérience hollywoodienne. Pas vraiment concluant : si charmante soit-elle, ses minauderies n’ont pas convaincu grand-monde, et la Micheline reviendra bien vite en France.

Sherlock Holmes (id.) – de Guy Ritchie – 2009

Posté : 31 août, 2012 @ 12:43 dans * Thrillers US (1980-…), 2000-2009, ACTION US (1980-…), RITCHIE Guy, Sherlock Holmes | Pas de commentaires »

Sherlock Holmes

Guy Ritchie réussit un petit miracle avec cette adaptation audacieuse, explosive, moderne, et pourtant fidèle à l’œuvre de Conan Doyle. Il y avait pourtant de quoi avoir peur : Holmes, adepte du combat de rue ? Mouais… sauf que la baston est une manière pour lui de canaliser son hyperactivité intellectuelle. Une intrigue qui flirte dangereusement avec le paranormal ? Mouais… sauf que Ritchie redresse la barre à la dernière minute, expliquant tout de manière rationnelle… comme le faisait Conan Doyle lui-même.

Alors oui, on regarde le film avec une méfiance constante, en s’attendant à peu près au pire, déjà parce que le sieur Ritchie n’a pas fait que du bon par le passé. Et on se dit que, à un moment ou un autre, il va faire le mauvais choix. D’ailleurs, l’intrigue n’est ni vraiment convaincante, ni particulièrement intéressante. Mais au final, c’est un grand soulagement qui domine : Ritchie a tenu sa barre constamment, il ne s’est pas fourvoyé, et il signe un Sherlock Holmes fidèle à son modèle, et très enthousiasmant.

On se fout de l’histoire ? Qu’importe : même dans les livres de Conan Doyle, l’intrigue elle-même n’était pas toujours passionnante. Ce qui compte bien sûr, ce sont les déductions impressionnantes et réjouissantes de Holmes, et ses rapports avec Watson. Et dans ces deux domaines, le film fait des miracles. Côté déductions, Ritchie parvient à nous glisser dans le cerveau hyper actif du détective, avec ses images clipesques un peu maniérées qui pour une fois font sens. Côté relation, c’est peut-être encore plus réussi…

Ritchie instille une dose très marquée et très humoristique d’homosexualité refoulée entre les deux hommes, et fait de ce tandem un vrai couple qui ne dit pas ce qu’il est, mais qui partage passions et engueulades… Une relation qui a son pendant « hétéro » : l’histoire d’amour non consommée entre Holmes et Irène (Rachel MacAdams) est très belle, aussi.

Ces deux relations illustrent joliment les deux aspects contradictoires et complémentaires de Holmes, qui regrette le vie de couple avec Watson tout en tombant amoureux de la seule femme avec laquelle il ne peut pas vivre, et symbolise son incapacité à vivre en société. C’est parfois touchant, et surtout très drôle.

Surtout que Holmes est interprété par l’excellent Robert Downey Jr, génial acteur trop longtemps oublié, à la fois charismatique et doté d’un second degré toujours réjouissant. Face à lui, Jude Law est très bien aussi en Watson.

Ajoutons à cela, et ce n’est pas le moins réussi, une vision plastiquement superbe du Londres de la fin du XIXème siècle, avec une mise en scène constamment inspirée (on pourrait dire que Ritchie a réussi là ce que Pitof avait lamentablement raté avec son Vidocq)… Et voilà l’adaptation de Sherlock Holmes la plus audacieuse, la plus excitante, la plus explosive et la plus fidèle depuis des décennies…

Project Moonbase (id.) – de Richard Talmadge – 1953

Posté : 31 août, 2012 @ 11:06 dans 1950-1959, FANTASTIQUE/SF, TALMADGE Richard | Pas de commentaires »

Project Moonbase

Voilà un beau nanar aussi con que sympathique, et honnêtement totalement nul ! Vague film d’anticipation, tourné en pleine guerre froide et alors que les deux plus grandes puissances du monde avaient déjà les yeux tournés vers l’Espace, Project Moonbase est à voir au trente-sixième degré. C’est à cette condition seulement qu’on peut y prendre un certain plaisir. Et à condition aussi d’être de très bonne humeur…

Con comme la lune, le scénario accumule les poncifs, et se révèle vite plein de vide : un homme et une femme qui se détestent visiblement (mais en fait ils s’aiment… chut !) sont désignés pour être les premiers à faire le tour de la lune. Mais un traître à la solde de la Russie a embarqué, chargé de détruire la station spatiale américaine.

Pourquoi pas, mais tous les enjeux dramatiques sont évacués avec une légèreté sidérante : Richard Talmadge (ancienne doublure de Douglas Fairbanks, et acteur vedette de la fin du muet) a un goût sûr pour le mauvais goût. Des costumes kitschounets (ah, ces maillots de bain !), des effets visuels à mourir de rire (ah, ce pantin mal dégrossi qui sort d’une vague maquette !), une musique un rien crispante, et ces acteurs…

Bon, c’est vrai qu’ils n’ont pas grand-chose à défendre, tant les personnages sont mal écrits, mais ces comédiens de seconde (troisième ? quatrième ?) zone sont irrésistibles tellement ils sont mauvais. Mention spéciale à Donna Martell (cherchez pas : c’est son plus grand film !), aussi jolie qu’hallucinante en officier américain, qui passe le film à se trémousser, à glousser et à pousser des petits cris (ah non : à un moment, elle tripote des tas de boutons dans tous les sens parce que le réalisateur lui a demandé de jouer l’officier en pleine action !).

Alors oui, c’est un minuscule pas grand-chose, mais pas dénué d’un certain charme pour autant. Et sinon, sur un thème similaire, on peut peut-être revoir La Femme sur la Lune, autrement plus stimulant…

 

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