Play it again, Sam

tout le cinéma que j’aime

Archive pour le 22 août, 2012

La Flèche brisée (Broken Arrow) – de Delmer Daves – 1950

Posté : 22 août, 2012 @ 4:09 dans 1950-1959, DAVES Delmer, STEWART James, WESTERNS | Pas de commentaires »

La Flèche brisée

« Funny, it never stroke me an Apache woman would cry her son like any other woman »

Pour la 500ème chronique de Playitagain, pas question de voir n’importe quoi… C’est du grand, du très grand western que je vous propose. Et pour Delmer Daves et James Stewart, avoir cet insigne honneur est le couronnement de toute une carrière ! Si, si…

Le film commence par une voix off qui s’excuse presque : « la seule liberté prise avec la liberté est que les Apaches parlent en anglais ». Cet aveu même confirme que La Flèche brisée est une date importante dans l’histoire des Indiens au cinéma : pour la première fois ou presque, un film hollywoodien prend fait et cause pour la nation indienne, en la filmant comme une vraie nation, et pas comme des sauvages à peine humains.

Et cette petite révolution se fait tout à fait consciemment : le personnage principal interprété par James Stewart est, au début du film, animé par les mêmes préjugés qui habitent le cinéma hollywoodien depuis un demi-siècle : « Je n’avais jamais pensé qu’une mère Apache puisse pleurer ses fils » lance-t-il, toujours en voix off. Cette révélation résume bien l’âme de ce film magnifique, le sommet de la filmographie inégale de Delmer Daves.

Tout sonne juste dans ce western, plus peut-être que dans aucun autre western avant, et même depuis. Une scène pour exemple : celle du « saloon », lieu qui mérite des guillemets tant il semble éloigné des habituels lieux de perdition de cow-boys vidant whiskys sur whiskys. Ici, le saloon ressemble bien plus à une pension tranquille qui sent l’ennui, loin des musiques trépidantes, des filles faciles et des champions de poker qui peuplent les saloons dans des centaines de westerns. Il y a même des mouches qui volent dans ce lieu ni lugubre, ni excitant, juste banal.

Pas d’angélisme, non plus : les Indiens peuvent réellement être sanguinaires et sans pitié. Mais le film de Daves remet les événements dans leur contexte : les atrocités des Apaches répondent à ce qui est bien plus qu’une « simple » invasion, les bons blancs traitant les Indiens comme des animaux sauvages qu’il faut abattre.

Dans ce contexte, le personnage de Jefford (Stewart), éclaireur parfaitement intégré aux Américains blancs, ne va pas tarder à faire figure de pestiféré (comme le John Dunbar de Danse Avec les Loups, cinquante ans plus tard), lui qui a sauver de la mort un jeune Indien blessé, s’attirant l’amitié d’Apaches dont il deviendra le porte-parole.

Mais le poids de l’histoire pèse sur ce film magnifique, passionnant et tragique, l’un des plus beaux westerns du monde.

Dans la nuit – de Charles Vanel – 1929

Posté : 22 août, 2012 @ 10:59 dans 1920-1929, FILMS MUETS, VANEL Charles | Pas de commentaires »

Dans la nuit

Celui qui fut le grand vétéran du cinéma français jusque dans les années 80 a eu une carrière longue de plus de sept décennies. On se souvient surtout de ses rôles dans Le Salaire de la peur de Clouzot, et dans La Main au collet d’Hitchcock. Mais l’histoire a un peu oublié que Charles Vanel a entamé une très prometteuse carrière de réalisateur à la toute fin du muet, carrière avortée après deux films seulement, et l’échec total de Dans la nuit, film magnifique tourné alors que le cinéma parlant se généralisait, et (à peine) sorti dans l’indifférence générale.

Rétrospectivement, on réalise à quel point Vanel aurait pu devenir un réalisateur majeur du cinéma français : son mélodrame est d’une richesse et d’une virtuosité impressionnantes. Derrière la caméra, Vanel se permet des ruptures de ton parfaitement maîtrisées, passant du naturalisme à l’expressionnisme sans jamais casser le rythme impeccable de son film.

Dans la nuit commence par la peinture presque documentaire, mais passionnante, du quotidien des mineurs du Nord de la France, belles gueules abîmées filmées longuement dans leur labeur dangereux et pénible, autant que dans leurs loisirs. Dans une séquence qui préfigure cinquante ans avant le début de Voyage au bout de l’enfer, Vanel montre les mineurs quittant leur travail pour se rendre à une noce, sublime, filmée par une caméra virevoltante, symbole de l’insouciance et du bonheur simple. Sans avoir recours aux intertitres, Vanel filme la journée qui passe dans la joie, avec les ombres qui s’allongent de plus en plus, et les visages qui se fatiguent.

Dans cette noce insouciante, Vanel annonce subrepticement le drame qui se prépare : un malaise soudain de la jeune épouse, des masques hideux qui apparaissent derrière une fenêtre, l’écran qui se couvre d’une pluie annonciatrice, cette sirène qui n’en finit pas de ramener les jeunes amoureux à la réalité, et Vanel lui-même (qui joue le mineur marié) se recouvrant le visage de savon…

Autant de signes qui annoncent l’accident de mine (filmé avec un suspense hyper efficace) qui vaudra à Vanel d’être défiguré. La seconde partie du film commence alors, plus sombre (dans tous les sens du terme), plus douloureuse, plus violente aussi. Mais toujours aussi virtuose. La peinture sociale laisse la place à un triangle amoureux tragique, et à un cruel suspense. Vanel signe un film d’une grande richesse, et quasiment un sans-faute. On lui pardonne même le rebondissement final, qui pouvait sembler original en 1929, mais qui paraît aujourd’hui bien téléphoné.

 

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