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Fini de rire (His kind of woman) – de John Farrow (et Richard Fleischer) – 1951

Fini de rire

Curieux film noir, très réjouissant, que signe là l’excellent John Farrow (La Grande Horloge, autre très grande réussite du genre). Un film dont Richard Fleischer a signé quelques scènes, et qui, dès les premières minutes, semble bien parti pour être le parfait prototype du genre noir. Pourtant, Farrow n’arrêtera pas de prendre des chemins de traverse…

L’immense Bob Mitchum, joueur taiseux, plongé malgré lui dans une histoire cauchemardesque : voilà qui nous mène en terrain connu, tant ce personnage résume des tas d’autres vus au cours des années précédentes. Ici, il est choisi par une bande de malfrats pour servir de « modèle » à un gangster exilé (Raymond Burr), qui veut changer d’identité et de visage pour pouvoir rentrer aux Etats-Unis, où il est interdit de séjour. Mais Bob ne sait pas pourquoi on lui donne tout cet argent. Il ignore tout des noirs desseins de ses commanditaires lorsqu’il accepte d’aller attendre un mystérieux interlocuteur au Mexique.

Attendre : il passera la moitié du métrage à attendre que l’action se mette en place, tentant de comprendre ce qu’on attend de lui en côtoyant les pensionnaires du village de bungalows où on l’a amené. Une heure durant, Farrow sort de l’ornière du film noir, rompt avec la sécheresse et l’aspect brut du genre, dont les grandes figures sont pourtant respectées.

Mitchum parle peu, ne pose pas de question, mais il observe. Ces vacanciers aux petits secrets sans gravité, ces hommes d’affaire qui semblent louchent, mais qui se contentent de s’ennuyer. Il tombe amoureux aussi, de Jane Russell (on le comprend : c’est la femme du producteur Howard Hughes, et elle est à tomber), chanteuse au passé plein de mystères venue là pour rejoindre son acteur hollywoodien d’amant.

L’acteur, c’est Vincent Price, génial dans un rôle à contre-emploi et totalement inattendu dans un tel film. Son personnage fait glisser le film noir vers la comédie la plus débridée. Bientôt, le couple Jane Russell / Robert Mitchum (pourtant les deux grandes stars de la RKO à l’époque) passent au second plan. Le vrai héros du film, c’est Price, héros de pacotille qui rêve de tomber le masque et de devenir un héros pour de bon.

Au-delà de la caricature, il ira au bout de ses rêves dans un triomphe irrésistible (dans tous les sens du terme), devant un Mitchum rigolard et une Jane Russell au sourire ravageur, qui semblent autant que nous s’amuser de la prestation de Price.

2 commentaires »

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