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Archive pour le 17 mai, 2012

La Lettre du Kremlin (The Kremlin Letter) – de John Huston – 1970

Posté : 17 mai, 2012 @ 8:29 dans 1970-1979, HUSTON John | Pas de commentaires »

La Lettre du Kremlin

Un groupe d’agents secrets américains est envoyé à Moscou pour récupérer une lettre mettant en danger l’équilibre mondial. C’est l’intrigue de base de ce film d’espionnage glaçant signé John Huston, et ça n’a guère d’importance : tout l’intérêt du film, comme d’autres films d’espionnage « réalistes » (The Human Factor par exemple, chef d’œuvre méconnu d’Otto Preminger, au ton relativement proche), réside dans la peinture sans concession des agents secrets. Et il y a effectivement de quoi faire froid dans le dos.

La Lettre du Kremlin n’est pas un film séduisant, ni un film facile à aimer. Le scénario est très complexe (peux pas dire que j’ai compris tous les rouages, même si on ne perd jamais vraiment le fil), les personnages sont tous assez antipathiques, les images ont ce réalisme un peu laid des années 70. Mais tout cela est au service d’un film volontairement froid et désagréable. Parce qu’il décrit un univers machiavélique, qui n’a vraiment rien à voir avec OO7. Pas la moindre once d’héroïsme.

Il y a pourtant un aspect presque parodique : les noms de code des agents sont tellement grotesques, et les consignes reçus par le « héros », Nigel Green, sont tellement étonnants, qu’on se demande parfois si le film doit vraiment se voir au premier degré. La performance surprenante de George Sanders en vieille folle décatie n’arrange rien…

Mais la violence est palpable. Pas dans les images : même si les morts se succèdent, on ne voit pas grand-chose des horreurs quotidiennes de ces espions, qui ne portent pas d’armes et meurent sans héroïsme. Mais dans le ton, d’un cynisme et d’une cruauté assez terribles. Dans cet imbroglio où la vie ne pèse pas lourd, les rares touches d’innocence n’ont pas leur place. Bibi Andersson, sexy en diable et à la fragilité déroutante, en paiera le prix fort. Elle est le personnage le plus émouvant, le seul à dégager une vraie humanité. Tragique, mais humaine.

Le reste du casting est impressionnant : Richard Boone au charisme inquiétant, Max Von Sydow en monstre hanté par ses fantômes, ou encore Orson Welles en ogre d’une froideur extrême.

D’un genre à l’autre, d’un style à l’autre, John Huston continue à creuser un sillon unique dans son genre. Même à l’intérieur d’un genre bien balisé, le cinéaste n’est jamais où on l’attend. La preuve avec ses trois films d’espionnage : pas grand-chose à voir entre le parodique Casino Royale, le glaçant La Lettre du Kremlin et le plus classique Le Piège.

Madame X (id.) – de David Lowell Rich – 1966

Posté : 17 mai, 2012 @ 8:09 dans 1960-1969, RICH Davil Lowell | Pas de commentaires »

Madame X (id.) – de David Lowell Rich – 1966 dans 1960-1969 madame-x

Une horreur. Si David Lowell Rich vise par moments du côté de Douglas Sirk, il tape plutôt dans la collection Arlequin, avec cet énième remake d’une histoire plusieurs fois portée à l’écran depuis les années 20. Son film est l’un des plus vulgaires mélodrames qui soient. Des personnages gnangnan et antipathiques, des rebondissements incroyables, une descente aux enfers comme on en a rarement vu, et un final larmoyant au possible… Alors évidemment l’histoire est pleine d’émotions ; mais le film, lui, porte sur le cœur.

Lana Turner, 20 ans après Le Facteur sonne toujours deux fois, a perdu tout son sex appeal. Elle a 46 ans et en paraît 66 (même quand elle n’est pas maquillée). Autant dire qu’on a un peu mal à y croire lorsqu’elle joue la jeune épouse qui déchaîne la passion. Mais il faut bien reconnaître qu’elle est bien plus convaincante en alcoolique bouffie et hantée par son passé.

Car le film parle d’une descente aux enfers : parce qu’elle a causé malgré elle la mort de son amant, Lana Turner tombe sous la coupe de son affreuse belle-mère (Constance Bennett, star de la fin du muet et du début du parlant, qui faisait son retour sur grand écran et qui devait mourir subitement, à 60 ans, à la fin du tournage), qui l’oblige à abandonner son mari (John Forsythe) et son jeune enfant, à se faire passer pour morte, et à disparaître pour toujours pour éviter la prison, et surtout la honte sur sa famille. D’autant plus que le mari (John Forsythe, héros hitchcockien sans grande envergure mais plutôt sympathique vu dans Mais qui a tué Harry ?) a des ambitions politiques importantes, qu’une femme meurtrière mettrait à mal.

Scusez moi l’expression, mais cette pauvre idiote (oui, elle m’agace !) de Lana accepte de disparaître, et fait ses adieux à son bambin dans une scène qui tirerait des larmes à un poney, mais qui m’a conduit au bord de l’abandon (j’ai failli aller me coucher). Parce qu’elle est vraiment exaspérante cette femme qui cède à la première menace, et accepte de faire de son mari un veuf et de son enfant un orphelin, et qui n’en finit plus de descendre aux enfers. Pas un purgatoire, hein : Un vrai enfer qui durera plus de vingt ans, et qui se terminera par un dénouement tout aussi larmoyant et insupportable.

Pas la peine de se réfugier dans le style : il n’y en a pas. Le réalisateur vient de la télévision, et reprend ici tous les tics malheureux des téléfilms de l’époque, qui n’étaient pas fameux. Allez, on résume : je l’ai vu pour vous, vous pouvez vous en dispenser.

 

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