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Archive pour le 19 avril, 2012

Une femme dangereuse (They drive by night) – de Raoul Walsh – 1940

Posté : 19 avril, 2012 @ 5:00 dans * Films noirs (1935-1959), 1940-1949, BOGART Humphrey, LUPINO Ida (actrice), WALSH Raoul | 2 commentaires »

Une femme dangereuse (They drive by night) – de Raoul Walsh – 1940 dans * Films noirs (1935-1959) une-femme-dangereuse

Voir deux grands films en l’espace de 90 minutes, c’est possible ? Oui, grâce à Raoul Walsh et cet opus plutôt méconnu de sa filmographie, pourtant un véritable bijou. Peinture sociale, film noir, Walsh passe d’un genre à l’autre avec une aisance confondante, et une brusque rupture de ton qui ne nuit en rien à la fluidité du film ou au rythme légendaire du cinéaste.

La première partie est une esquisse fascinante du quotidien des petits routiers américains : ces chauffeurs de poids lourds qui traversent les immenses étendues du pays-continent au détriment de leur vie privée (et de leur couple), et souvent au péril de leur vie.

Sur ces routes qu’ils arpentent durant d’interminables journées, parfois sans dormir, le risque est omniprésent. Et les restaurants pour routiers qui jalonnent le parcours sont autant de havres où les chauffeurs retrouvent ce qui ressemblent le plus à un cocon familial, mais totalement masculin… le genre d’atmosphères que Walsh aime particulièrement.

Dans cet univers, George Raft et Humphrey Bogart interprètent deux frères qui partagent le même camion. Bogart¸ dans sa période pré-monstre sacré, est le petit frère un peu en retrait, qui n’aspire qu’à une vie rangée avec sa femme, et qui suit aveuglement les rêves de son grand frère George Raft, qui était alors « la » star. Lui a une ambition grande comme ça, et une volonté farouche d’indépendance : prêt à travailler des jours entiers sans s’arrêter, pour pouvoir monter sa propre affaire.

Cette première partie est fascinante, portrait très humain et passionnant d’une Amérique populaire qui peine à se relever de la grande dépression. Ces petites gens qui se battent au quotidien pour gagner leur croûte sont autant de personnages de tragédies en puissance. Et la tragédie intervient bel et bien : par un virage dangereux qui coûte un bras à Bogie, et par la femme du patron, personnage-type de la vamp de film noir, interprétée par Ida Lupino. Ambitieuse prête à tout, romantique contrariée qui a sacrifié sa vie d’amoureuse au profit d’une fortune toute faite, intrigante au bord de la folie, elle fait totalement basculer le film vers autre chose…

La seconde moitié du film vire en effet vers le noir le plus obscur. Il y a un meurtre, un chantage, des destins tragiques, des arrestations, un procès, de l’amour, de l’amitié et de la fraternité… Bref, du grand cinéma populaire d’où émergent de solides seconds rôles qui n’allaient pas tarder à incarner à eux seuls le grand film noir. Raft est excellent, mais son étoile n’allait pas tarder à vaciller face à ceux qui sont encore derrière lui au générique. Ida Lupino, géniale de bout en bout mais qui devient une star grâce à une seule scène : celle où sa folie éclate lors du procès (qu’elle interprète avec un rien d’excès pourtant). Et Bogart, en retrait mais d’une grande intensité.

Il n’y a pas de hasard : quelques mois plus tard, Walsh allait donner à Ida Lupino et Humphrey Bogart les rôles principaux de High Sierra, le film qui ferait de l’actrice une star incontournable, et de Bogie le mythe qu’il est toujours…

Swingtime in the movies (id.) – de Crane Wilbur – 1938

Posté : 19 avril, 2012 @ 4:56 dans 1930-1939, BOGART Humphrey, COURTS MÉTRAGES, GARFIELD John, WILBUR Crane | Pas de commentaires »

Swingtime in the movies

Petit court métrage sans grand intérêt, si ce n’est celui de découvrir les coulisses d’un tournage hollywoodien… version parodique tout de même. Tourné à peu de frais dans les décors de la Warner, le film met en scène un réalisateur tyrannique à l’accent étranger fortement marqué, qui mélange régulièrement les mots. Un clin d’œil à peine voilé à Michael Curtiz, resté célèbre pour avoir réclamé des singes (monkeys) à la place de moines (donkeys) sur un tournage.

Un film sur un tournage de film ? Ce n’est ni une première, ni une dernière. Ici, les gags abondent, rarement drôles : l’humour est lourdingue, les acteurs approximatifs, et le scénario à peu près inexistant.

Mais l’avantage de filmer les coulisses d’un grand studio, c’est qu’on peut utiliser tout ce qui passe pat là : la cantine par exemple, où on assiste à un numéro musical sans le moindre intérêt, mais où on croise aussi quelques stars venues se restaurer et qui se retrouvent jouer les figurants. On croise ainsi Priscilla Lane, sa sœur et John Garfield (qui venaient de tourner dans Rêves de jeunesse… de Michael Curtiz), ainsi que George Brent (qui venait de tourner La Bataille de l’Or… de Michael Curtiz), Pat O’Brien et Humphrey Bogart (qui venaient de tourner Les Anges aux figures sales… de Michael Curtiz). Rien que pour ça…

Die Hard 4, retour en enfer (Live free or die hard) – de Len Wiseman – 2007

Posté : 19 avril, 2012 @ 11:38 dans 2000-2009, WISEMAN Len | Pas de commentaires »

Die Hard 4

Douze ans après une journée en enfer particulièrement éprouvante, revoilà John McClane, le flic le plus coriace ou le plus malchanceux (c’est au choix) du monde. Un coup de boost bienvenu pour la carrière de Bruce Willis, qui avait tendance à tourner un peu en rond. Un coup de fouet pour le cinéma d’action, qui renoue enfin avec ses vrais racines : celles d’un cinéma qui sent la sueur et la testostérone, ce même cinéma que Stallone réhabilitera lui aussi avec Expendables.

Alors, trop vieux Bruce Willis pour sauver le monde (enfin, une partie) ? Ben non. 50 ans passés, papy McClane grimace et soupire un peu plus que dans les années 80 ou 90, mais il a toujours une pêche et une détermination à faire retourner Jason Statham dans sa tombe (il est pas mort ?) A-t-on fait mieux que ce personnage dans le cinéma d’action ? Pas sûr… (il y a Tom Cruise dans les Mission : Impossible, quand même). Sa dégaine reste la même. Peut-être plus désenchanté, plus déconnecté avec son entourage, mais toujours aussi increvable. McClane, c’est le type qui ne lâche jamais rien, le corps le plus malmené de l’histoire du cinéma, un cauchemar pour les pseudo-terroristes qu’il ne cesse de rencontrer depuis Hans Gruber (c’était dans Piège de Cristal, en 1987).

Et la grande idée de ce quatrième volet, c’est d’avoir fait de son anachronisme, à une époque où le cinéma d’action met en valeur des effets spéciaux plutôt que des personnages, le sujet du film. Car cette fois, McClane se retrouve face à une menace qui le dépasse totalement. Arrêter des méchants qui ont pris un aéroport en otage (comme dans 58 minutes pour vivre, en 1990) ? Facile… Ici, ce sont des cyberterroristes qui menacent Washington, et tous les Etats-Unis.

McClane, le flic le plus physique qui soit, une sorte d’Inspecteur Harry qui aurait troqué son Magnum contre une endurance à la souffrance hors du commun, face à une menace virtuelle ? Tu parles d’une idée à la con… Et pourtant, ça fonctionne parfaitement. Parce que McClane/Willis prouve qu’il n’est pas fini, que ses méthodes spectaculaires ont plus que de beaux restes : elles surpassent les prouesses que permettent les ordinateurs et réhabilite un cinéma couillu qu’on a tellement aimé il y a vingt ans (merde, ça nous rajeunit pas…).

Un cinéma de la surenchère : les cascades devaient être de plus en plus spectaculaires (comme aujourd’hui les images de synthèses). Et dans ce petit jeu, Die Hard 4 remplit largement sa fonction : McClane qui abat un hélicoptère en faisant voler une voiture ; McClane qui se bat avec la méchante (la belle Maggie Q, vue dans Mission : Impossible 3) dans une voiture coincée dans une cage d’ascenseur (McClane en a eu des misères, dans une cage d’ascenseur, mais à ce point…) ; McClane au volant d’un semi-remorque face à un avion de chasse… Ouais, écrit comme ça, c’est énorme, c’est vrai. Mais à l’écran, c’est encore plus énorme, et tellement jouissif !

On se moque totalement de l’histoire. Et comme dans les précédents épisodes, le side-kick (ici, Justin Long) et le grand méchant (Timothy Oliphant, qui sera le héros de la série Justified) sont très réussis, mais on s’en fout : on ne veut que McClane en action. Et on est servi. Même dans les gunfights plus classiques, Bruce Willis est à tomber par terre. Aucun acteur (à part Mel Gibson un temps, au tout début des années 90) n’a été aussi enthousiasmant dans l’action. Quinquagénaire, il bouge aussi bien qu’il y a 25 ans. Bonne nouvelle : il est actuellement en plein tournage de Die Hard 5.

• Voir aussi Piège de cristal, 58 minutes pour vivre, Une journée en enfer et Die Hard : belle journée pour mourir.

 

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