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Archive pour le 6 avril, 2012

Paiement Cash (52 Pick-up) – de John Frankenheimer – 1986

Posté : 6 avril, 2012 @ 12:14 dans * Thrillers US (1980-…), 1980-1989, FRANKENHEIMER John | Pas de commentaires »

Paiement Cash

C’est le choc des mondes : John Frankenheimer, solide vétéran à la filmographie plutôt prestigieuse, avec quelques classiques à son actif au cours d’une carrière longue de près d’un demi-siècle (Un crime dans la tête version Sinatra, French Connection 2, Le Prisonnier d’Alcatraz…), qui adapte un roman de l’écrivain culte Elmore Leonard (3h10 pour Yuma, Jacky Brown ou Get Shorty sont tous adaptés de ses romans) dans un film produit par Menahem Golan et Yoram Globus, les papes du nanar machiste et testostéroné des années 80… On peut dire que le nom fait tâche dans la liste des films produits par la Cannon, la boîte créée par les deux comparses, dominée par les séries des Justiciers dans la ville (avec l’increvable papy Bronson), les Delta Force (quelqu’un se souvient de Chuck Norris ?) ou Cobra (le pire du pire de Stallone). Pour ne citer que les films les plus regardables…

Mais bon. Frankenheimer est un bon réalisateur, avec un savoir-faire indéniable. Restait à savoir si ce savoir-faire allait l’emporter sur le tape-à-l’œil et le mauvais goût assumé du tandem Golan-Globus. Au final, on trouve de tout, du bon et du moins bon dans ce film qui supporte quand même bien mieux l’épreuve du temps que la majorité des productions Cannon. Seule la musique, pesante et assez insupportable, a vraiment beaucoup vieilli.

Pour le reste, malgré quelques scènes d’extérieur inondées de lumière et un peu molle (Frankenheimer ne doit pas bien supporter le soleil, le pauvre), il y a dans 52 Pick-Up (le titre original est autrement plus alléchant que sa « traduction » idiote) quelque chose d’atypique et de très séduisant. Frankenheimer s’empare d’un genre très classique du cinéma populaire, et s’amuse constamment à être légèrement décalé. L’exemple du grand méchant est frappant : au premier coup d’œil, il a tout du méchant stéréotypé des années 80 qu’on ne supporte plus. En fait, ce faux génie du crime s’apparente d’avantage à un pied nickelé pathétique et désemparant. On imagine bien que la force du personnage doit plus à l’imagination d’Elmore Leonard qu’au talent du réalisateur, mais le passage à l’écran n’enlève rien de son ambiguïté. D’autant plus que John Glover est excellent dans ce rôle.

L’intrigue de base, quant à elle, est celle de nombreux films noirs, quelle que soit l’époque de production du film : un type à la vie parfaite gâche tout en couchant avec une jeune beauté, ce qui le plonge au cœur d’une machination terrible. Mais c’est l’approche choisie par Frankenheimer qui donne tout le sel de ce bon film de genre. Il y a du suspense, de l’action bien sûr. Mais ce sont les moments « en creux » que le cinéaste soigne le plus, et qui apportent un recul et un second degré bienvenu.

D’ailleurs, on sent le cinéaste bien moins intéressé par son intrigue que par le couple en péril, formé par Ann-Margret et Roy Sheider, tous deux très sobres. Le film est aussi une interrogation sur la longévité du couple, sur les difficultés à communiquer. Stoïques et peu loquaces, les personnages semblent souffrir d’une grande solitude, soulignée par les très gros plans « bergmaniens » que Frankenheimer multiplie, utilisant la profondeur de champ pour filmer les protagonistes d’une même scène sur deux plans différents. Si proches et si loins.

La plus belle scène est d’ailleurs la première (la seule ?) où le vernis craque enfin, et où Scheider, jusqu’alors très sobre et très digne, se jette dans les bras d’Ann-Margret. Pourtant, ce n’est aucune des deux vedettes que Frankenheimer filme avec le plus d’inspiration, mais… les voitures, nombreuses et omniprésentes, luxueuses ou pourries, qui donnent les scènes les plus inventives et le rythme du film.

Not of this Earth (id.) – de Roger Corman – 1957

Posté : 6 avril, 2012 @ 11:52 dans 1950-1959, CORMAN Roger, FANTASTIQUE/SF | Pas de commentaires »

Not of this Earth

Tout jeune réalisateur, Roger Corman était déjà le roi de la débrouille. Ce film d’invasion extraterrestre n’a pas dû coûter beaucoup plus que le prix de la pellicule. Seuls et uniques effets spéciaux : des lentilles blanches qui prouvent que les aliens (qui se résument à un quinquagénaire en apparence très normal, brièvement rejoint par une jeune femme… en apparence très normale) ne sont pas comme nous. Ah ! Et aussi un effet sonore très flippant qui prouve que la simple vue d’un alien peut être très dangereux.

Et pour cause : le quinqua très normal, qui vit dans une grande maison bourgeoise, version moderne du manoir hanté, est un extraterrestre ayant pour mission d’utiliser l’humanité comme un réservoir à sang pour sauver son propre peuple… ou d’éradiquer la race humaine si sa mission échoue… brrr…

Corman n’a pas de moyen, mais il a des idées. Il fait de son extraterrestre une version contemporaine du comte Dracula, qui tue des jeunes gens (au début en tout cas, pour appâter le spectateur avec de la chair fraîche, parce qu’au bout de quelques bobines, il finit par prendre tout ce qui lui tombe sous la main sans faire le difficile) pour récupérer leur sang, et vit dans une grande bâtisse dont les grands volumes et la cave inquiétants pourraient être une variation autour du château des Carpathes.

Budget serré, Corman filme beaucoup de plans extérieurs, dans ce quartier résidentiel aux longues allées dallées que le réalisateur filme avec de longs travellings qui évoquent avec vingt ans d’avance ceux, magnifiques, filmés par John Carpenter dans Halloween.

Corman sait raconter une histoire, et la pauvreté des moyens n’est pas vraiment un problème. Mais l’inanité du propos est tel que, après une première demi-heure plutôt haletante, la seconde moitié devient franchement poussive. On veut bien être bienveillant, mais pas trop longtemps… Sympa tout de même, mais au trente-sixième degré.

 

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