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Archive pour le 2 avril, 2012

Côte 465 (Men in War) – d’Anthony Mann – 1957

Posté : 2 avril, 2012 @ 2:21 dans 1950-1959, MANN Anthony, RYAN Robert | Pas de commentaires »

Côte 465

« Dieu nous protège ! C’est des types comme toi qui gagneront cette fois. »

Attention, chef d’œuvre ! Mann n’est pas seulement l’un des plus grands auteurs du film noir et du western, il a aussi à son actif l’un des plus grands films de guerre de l’histoire du cinéma. De la guerre elle-même, on ne voit pourtant pas grand-chose dans ce Côte 465 qui se déroule en pleine guerre de Corée : une série d’explosions, des coups de feu dont les auteurs sont invisibles, de rares silhouettes de soldats coréens…

La toute première scène donne le ton : on découvre un bataillon de 17 soldats américains totalement isolés, sans moyen de transport, arrivés là on ne sait comment. La nature est belle et calme, et le groupe s’accorde un moment de repos. L’un d’eux, surtout, semble parfaitement calme, profondément endormi. Apaisé. Mais lorsque l’un de ses frères d’arme s’approche, il découvre… deux trous rouges au côté droit ? Presque : une plaie béante dans le dos.

Dans cette ouverture particulièrement forte, tout ce qui fait la richesse de ce film sublime est déjà là. Avec cet ennemi quasiment invisible qui se confond avec une nature belle et apaisante, on prend toute la mesure de l’absurdité de la guerre. Bien avant Terrence Malick, qui en fera le sujet (et le style) de ses films, Mann illustre merveilleusement cette violence absurde que l’homme s’inflige et inflige à son environnement. Côte 465 préfigure, avec quarante ans d’avance, La Ligne rouge

A vrai dire, ce bijou intemporel est la matrice de nombreux (grands) films de guerre à venir. Outre Malick, Steven Spielberg (Il faut sauver le soldat Ryan) ou Clint Eastwood (Mémoires de nos pères) se sont clairement inspirés de ce film.

Elevé à la bonne école de la RKO et de la Eagle Lion, Mann sait tirer le meilleur d’un budget minuscule. Il l’a prouvé dans les années 40 avec ses films noirs. Ici, Mann filme au plus près ses acteurs, dans une nature qui semble si familière, et avec une intelligence de chaque instant. Ils ne sont pas si nombreux les cinéastes qui ont su aussi bien filmer la solitude des soldats pris dans une guerre qui n’a rien de commun avec ce qu’ils sont, avec leur vie. Absurde : c’est le sentiment de ces hommes qui se savent condamnés à mourir loin de ceux qu’ils aiment, et de ce qui est leur véritable environnement.

Constamment tourné vers les personnages et leurs émotions, Mann filme des hommes qui se battent pour garder ce qui leur reste d’humanité. « Dieu nous protège ! C’est des types comme toi qui gagneront cette fois », lance un Robert Ryan qui perd ses dernières illusions après avoir vu Aldo Ray sauver la vie de ses hommes en abattant froidement des ennemis que lui-même aurait épargnés.

Ryan, qui trouve l’un de ses meilleurs rôles, est un héros magnifiquement désabusé. L’antagonisme qui se crée entre ce personnage d’officier humaniste, et le sous-officier à la gâchette facile, annonce une nouvelle ère dans le cinéma américain. Le mythe du héros absolu et sans tâche a vécu. L’Amérique n’est plus ce pays qui gagne toutes ses guerres. Désormais, le doute et le cynisme sont bien présents, dans ce cinéma américain qui se penche sur sa propre histoire, basée sur l’humanisme et la cruauté.

• Le film est disponible chez Wild Side Video dans une très belle édition (également disponible dans un indispensable coffret de six films de Michael Mann). En bonus : une analyse du film assez passionnante par Jean-Claude Missiaen, cinéaste ayant bien connu Mann.

Dick Tracy, détective (Dick Tracy) – de William Berke – 1945

Posté : 2 avril, 2012 @ 1:13 dans * Films noirs (1935-1959), 1940-1949, BERKE William | Pas de commentaires »

Dick Tracy détective

Première adaptation ciné pour le héros de Chester Gould qui, à l’époque, était une véritable icône populaire : ses bandes étaient publiées dans plusieurs quotidiens nationaux. Créée en 1931, la BD fut l’une des premières à mettre en scène une violence crue, à une époque marquée par les grands gangsters de Chicago (c’est l’époque aussi où Hawks tourne son Scarface). Le cinéma ne pouvait pas ignorer longtemps ce phénomène. Dès 1937, Ralph Byrd endosse l’imperméable du flic le plus moderne de son époque dans plusieurs serials qui remportent un vrai succès populaire.

Byrd n’est pourtant pas choisi pour interpréter Tracy dans ce qui est le premier long métrage de la franchise : c’est Morgan Conway, acteur passe-partout sans grand talent, mais plutôt sympathique, qui s’y colle (et rempilera pour Dick Tracy vs Cueball, le meilleur épisode de la série). Ralph Byrd reviendra toutefois pour les deux films suivants, ainsi que pour une série télé entre 1950 et 1951.

Warren Beatty fera beaucoup mieux en 1990, avec sa version très cartoonesque et culte de la BD. Ce premier long métrage est platement réalisé (des plans fixes sans imagination), éclairé à la lampe torche et mis en scène comme une captation de la pire pièce de boulevard (voir cette inénarrable scène avec le maire, totalement immobile derrière son immense bureau). Quelques rares scènes, toutefois, sortent du lot, à commencer par la séquence d’ouverture, qui laisse augurer d’un vrai bon film de noir.

Mais la réalité reprend vite ses droits : Dick Tracy est un petit film de série B tourné à la va-vite sans grand moyen, et sans grand talent. Pas un film désagréable, non : on ne s’ennuie pas (manquerait plus que ça : il dure à peine plus d’une heure), et on suit avec un petit plaisir ces aventures. Mais l’esprit de la bande dessinée ne passe pas bien le passage au grand écran (les « gueules » impossibles des méchants n’apparaissent que dans le générique de début), et rien ne rappelle, dans cette petite production fauchée, ce qui faisait l’originalité de la bande dessinée de Gould.

 

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