Play it again, Sam

tout le cinéma que j’aime

Archive pour février, 2012

Goodbye, Mr. Germ (id.) – de Edgar G. Ulmer – 1940

Posté : 7 février, 2012 @ 5:17 dans 1940-1949, COURTS MÉTRAGES, ULMER Edgar G. | Pas de commentaires »

Goodbye Mr Germ

Quand je dis que la filmographie de Ulmer est passionnante… Des films en yiddish, en ukrainien ou en espagnols, un autre joué uniquement par des acteurs noirs (Moon over Harlem), d’autres encore commanditée par le Ministère de la Santé… et parmi eux ce court métrage rigolo à visée documentaire : un scientifique y explique à ses enfants les dangers de la tuberculose.

Ce pourrait n’être qu’une commande anonyme tournée à la va-vite, une simple curiosité dont on ne se souviendrait que parce qu’elle est réalisée par Ulmer. Mais Goodbye Mr Germ vaut franchement le coup d’œil : car figurez-vous que la tuberculose apparaît sous les traits d’un petit démon animé, avec lequel le scientifique discute aimablement.

Mélange de dessin animé et de prises de vue réelles, ce petit film n’est pas une œuvre révolutionnaire, mais la démarche pédagogique est assumée avec une jovialité un peu naïve, et très attachante. Ulmer, rappelons-le, avait déjà œuvré pour la santé publique quelques années plus tôt : en 1933, l’un de ses premiers très bons films, Damaged Lives (un long métrage, cette fois), mettait en garde les spectateurs de l’époque contre les dangers de la syphilis…

A Dangerous Method (id.) – de David Cronenberg – 2011

Posté : 7 février, 2012 @ 5:09 dans 2010-2019, CRONENBERG David | 2 commentaires »

A Dangerous Method

C’est un film curieusement sage que nous offre Cronenberg. En abordant de front le thème de la psychanalyse, déjà sous-jacente dans toute son œuvre, on pouvait attendre de l’auteur de Crash l’un de ces chocs percutants et dérangeants où sexe, violence, désir et pulsion de mort ne font qu’un. Hors, avec A Dangerous Method, Cronenberg signe peut-être son film le moins dérangeant. Ses thèmes de prédilection sont bien là, mais filmés avec une économie de moyens déconcertante.

Alors que Cronenberg a l’habitude de plonger sa caméra dans la chair de son histoire (et de ses personnages), il ne fait ici qu’effleurer les visages, et illustrer avec beaucoup de retenue les névroses de ses personnages. Avec élégance, et avec un classicisme étonnant : les seuls effets de mise en scène qu’il se permet consistent à placer l’un des protagonistes en gros plan, et l’autre à l’arrière plan avec un petit jeu sur la profondeur de champs. A un bref moment, lors de l’arrivée du Transatlantique en Amérique, on pense même au cinéma de John Ford, lorsque la Statue de la Liberté se dessine derrière les silhouettes des deux personnages principaux.

Et quels personnages : Freud en personne, et son « fils spirituel » Jung, les deux pères de la psychanalyse moderne, dont on suit l’attirance-répulsion sur près de dix ans, jusqu’à la veille de la Grande Guerre. A travers leur amitié, puis leur brouille ; à travers surtout la relation amoureuse compliquée entre Jung et l’une de ses patientes qui devient sa maîtresse… c’est la naissance de la psychanalyse qui est le vrai sujet de ce film bavard, tantôt ennuyeux (toute la première partie manque cruellement de flamme), tantôt passionnant.

Le film décolle vraiment lorsqu’arrive un troisième psychanalyste, Otto Gross, interprété par Vincent Cassel. Ce psy névrosé ivre de liberté et de jouissance vient remettre en question les certitudes de Jung et son approche clinique de la psychanalyse, et de la vie. Il apporte aussi beaucoup de nuances à l’opposition grandissante entre les deux grands maîtres, Freud et Jung. Le jeu tout en retenue et élégance de Michael Fassbender (Jung) est parfait, mais les apparitions de Viggo Mortensen sont autrement plus marquantes.

Déjà à l’affiche des deux précédents films de Cronenberg (A History of Violence et Les Promesses de l’Ombre), l’ex Aragorn du Seigneur des Anneaux donne une vraie épaisseur (et un accent viennois très suave), à ce « monstre » qu’est Freud, patriarche controversé d’une famille (les psychanalystes) qui se déchirent autour de ses thèses. Sans en faire trop, il donne corps à tout ce que Freud a de séduisant, tout en faisant apparaître les failles de l’homme, cet aveuglement et cette fierté qui en font, déjà, un dinosaure peu désireux de céder sa place.

Selon Freud, la fâcherie avec Jung serait une volonté de ce dernier de « tuer le père » spirituel. Et si, plutôt, c’était Freud qui tuait ce fils brillant qui, en franchissant une porte ouverte par le père, risquait de dépasser celui-ci…

Le Dernier des Hommes (Der Letzte Mann) – de Friedrich Wilhelm Murnau – 1924

Posté : 7 février, 2012 @ 4:54 dans 1920-1929, FILMS MUETS, MURNAU Friedrich W. | Pas de commentaires »

Le Dernier des Hommes

Règle numéro 1 : ne jamais revoir un film qu’on a adoré lorsqu’on est au fond du trou. Fatigué, malade (z’inquiétez pas, j’ai survécu !), je suis cette fois passé un peu à côté de ce film que j’ai toujours considéré comme l’un des sommets du muet. Et le jeu de Emil Jannings (dont le cabotinage m’avait déjà agacé dans Tartuffe, du même Murnau) m’a paru trop excessif, alors qu’il m’avait jusqu’à présent emballé.

Je ne m’étendrai donc pas cette fois-ci sur ce Dernier des Hommes, film d’une grande simplicité, qui évoque la chute d’un homme dans l’Allemagne des années : un petit homme dont la grande gloire est de porter l’uniforme de portier d’un grand hôtel. Lorsque cet homme vieillissant est défait de son uniforme et contraint à travailler dans les toilettes de l’hôtel, c’est tout son univers qui s’effondre, toute sa grandeur qui disparaît, et toute la honte qui le submerge, et qui l’oblige à mentir à sa famille et à ses voisins, dans un quartier populaire où il faisait figure de notable.

De cette histoire simple, Murnau fait un film ample et novateur dans la forme. Au-delà de l’expressionnisme, le cinéaste signe une mise en scène dynamique et inventive, où les mouvements de caméra et le montage sont enfin considérés comme des éléments fondateurs du langage cinématographique. Des éléments qui, s’ils sont utilisés intelligemment, permettent à l’image de se comprendre par elle-même : pas le moindre intertitre pour couper le film (excepté deux cartons qui ouvrent de nouveaux « chapitres » de l’histoire).

Mais le film mérite bien mieux que tout ce que je pourrais en dire après l’avoir revu dans un tel état. De toute façon, Murnau, quand on y a goûté, on finit toujours par y revenir…

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