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Archive pour le 26 janvier, 2012

La Brigade du Suicide (T-Men) – de Anthony Mann – 1948

Posté : 26 janvier, 2012 @ 3:58 dans * Films noirs (1935-1959), 1940-1949, MANN Anthony | Pas de commentaires »

La Brigade du Suicide

Tourné la même année que He walked by night, T-Men participe de la même démarche : également produit par la Eagle Lion, petite firme à cette époque particulièrement prolifique et passionnante, les deux films décrivent avec un réalisme cru et une approche quasi-documentaire la réalité du terrain pour les forces de l’ordre américaine. D’ailleurs, T-Men est clairement placé sous le patronage du Département du Trésor, dont l’ancien patron apparaît face caméra pour introduire l’histoire, tirée des archives du fisc américain. Alors forcément, les flics ont le beau rôle, et apparaissent clairement comme des héros prêts à se sacrifier pour la bonne cause. Placé dans les mains de n’importe qui, une telle démarche pourrait donner un résultat lénifiant.

Mais Anthony Mann n’est pas n’importe qui (il l’avait déjà prouvé en signant officieusement les plus belles scènes de He walked by night). Pas plus que son chef opérateur, le génial John Alton. Ensemble, les deux hommes font des merveilles, dans ce film âpre et violent, qui transcende largement son sujet par la grâce d’images parfois proches de l’expressionnisme. Gueules cadrées en gros plan sentant la rage et la sueur, ombres inquiétantes, silhouettes qui se dessinent dans la nuit… L’approche est quasi documentaire, mais le style est impressionnant, et implacable.

Il contrebalance parfaitement la construction du film, basée non pas sur les rebondissements ou le suspense (encore que suspense il y a !), mais sur la méticulosité de la reconstitution. Mann n’évite rien dans sa description du quotidien de deux agents chargés d’infiltrer un gang de faux-monnayeurs : ni les scènes de documentation dans l’atmosphère anti-spectaculaire au possible d’une bibliothèque ; ni les longues scènes de filature…

Pourtant, Mann parvient à instaurer un climat d’angoisse permanent sur son film, alimenté par de nombreuses explosions de violence, ou des séquences où la tension devient presque insoutenable. Cette tension trouve son apogée avec cette inoubliable scène au cours de laquelle l’un des flics est assassiné devant le regard impuissant de son partenaire, qui ne peut que baisser la tête et laisser l’ombre de son chapeau l’entraîner dans ses ténèbres….

T-Men est un film fauché, mais il fait partie de ces petites productions qui tirent le meilleur de leurs contraintes budgétaires. Mann n’a pas les moyens de montrer des quantités de détails ou des décors spectaculaires ? Il multiplie les séquences nocturnes à peine éclairées, qui renforcent à la fois l’aspect réaliste du film, et son côté percutant et inquiétant. Dennis O’Keefe en est l’incarnation parfaite.

Il marchait dans la nuit (He walked by night) – de Alfred Werker (et Anthony Mann) – 1948

Posté : 26 janvier, 2012 @ 1:25 dans * Films noirs (1935-1959), 1940-1949, MANN Anthony, WERKER Alfred | Pas de commentaires »

Il marchait dans la nuit

A en croire Stéphane Bourgoin, grand spécialiste du film noir (et observateur obsessionnel de la noirceur de l’âme humaine), Anthony Mann aurait réalisé la plus grande partie de ce polar sombre, réaliste et très percutant. En tout cas toutes les séquences les plus marquantes du film. En réalité, chaque spécialiste a son opinion, et il est bien difficile de savoir ce qu’a réellement tourné Anthony Mann de ce film officiellement réalisé par Alfred Werker, cinéaste à la mauvaise réputation : Werker est surtout resté dans l’histoire pour avoir accepté de terminer Hello Sister (et d’en retourner la majorité des scènes), dénaturant ainsi totalement ce qui devait être le dernier film de Erich Von Stroheim. On fait mieux, comme carte de visite.

Alors évidemment, la paternité de Mann fait peu de doute, d’autant que le film évoque furieusement un autre film tourné (officiellement cette fois) par le cinéaste cette même année : La Brigade du Suicide. Il y a dans He walked by night la même approche quasi-documentaire, et la même ambition esthétique, avec une nuit qui dévore l’écran et n’en laisse ressortir que les éléments essentiels. La Brigade du Suicide raconte à grand renfort de détails authentique l’enquête en sous-marin d’un flic du fisc américain ; Il marchait dans la nuit sort des cartons une enquête également authentique concernant un mystérieux tueur en série.

Là aussi, le film évite au maximum toute tentation sensationnaliste. Collant le plus fidèlement possible à la réalité d’une enquête de police (pas toujours spectaculaire, ni glorieuse), le film met en valeur ces petites détails souvent passés sous silence dans les films policiers. On y voit notamment (avant L’Enfer est à lui de Walsh) l’importance grandissante donnée à la police scientifique. Il marchait dans la nuit peut ainsi être vu comme le précurseur, avec plus d’un demi-siècle d’avance, de la série Les Experts.

Le film a d’ailleurs eu un impact important sur le petit écran, puisqu’il a directement inspiré Dragnet, qui reste l’une des séries policières les plus célèbres et les plus populaires en Amérique. Son créateur et acteur principal, Jack Webb, apparaît d’ailleurs ici dans le rôle du flic de labo.

L’aspect réaliste et cru du film est frappant, d’autant qu’il est servi par une caméra souvent virtuose. Paradoxalement, c’est lorsqu’il s’éloigne du strict point de vue de la police que le film devient le plus passionnant, et le plus impressionnant : lorsqu’il suit le personnage du tueur en série, interprété avec une froideur jubilatoire par Richard Basehart. Cela donne notamment une très longue séquence finale hallucinante, qui commence par la maison du tueur encerclée par la police, et se termine par une course-poursuite dans les égouts qui évoquent évidemment Le Troisième homme de Carol Reed et Orson Welles, tourné… l’année suivante.

Les deux mousquetaires (The Two Mouseketeers) – de Joseph Barbera et William Hanna – 1951

Posté : 26 janvier, 2012 @ 12:21 dans 1950-1959, BARBERA Joseph, COURTS MÉTRAGES, DESSINS ANIMÉS, HANNA William | Pas de commentaires »

Les deux mousquetaires

Au XVIIIème siècle, en France, Tom est garde du cardinal. Il est chargé de veiller sur la nourriture préparée pour un grand banquet. Mais la table attire la convoitise de Jerry et de son compagnon, le petit Nibbles, deux apprentis mousquetaires bien décidés à faire main basse sur ce festin miraculeux…

La série des Tom et Jerry est sans doute la plus récompensée de l’histoire du cinéma d’animation : cette parodie des Trois Mousquetaires fut, en 1952, le sixième épisode de la série à décrocher l’Oscar depuis 1944. L’année suivante, ce sera encore un Tom et Jerry (Johann Mouse) qui décrochera la statuette.

Ce Two Mouseketeers est aussi le premier de plusieurs épisodes dans lesquels le chat et la souris se retrouvent dans le Paris de Louis XIII. Sans autre rapport avec les aventures de D’Artagnan, ce court métrage n’est pas le plus inventif de la série, loin s’en faut.

Pizza Titi (Tweetie Pie) – de Friz Freleng – 1947

Posté : 26 janvier, 2012 @ 12:18 dans 1940-1949, COURTS MÉTRAGES, DESSINS ANIMÉS, FRELENG Fritz | Pas de commentaires »

Pizza Titi

Le chat Sylvestre trouve Titi dans la neige, tentant de se réchauffer avec les restes d’un vieux cigare. Lorsqu’il essaye de l’attraper, sa maîtresse recueille le petit oiseau, interdisant au chat de s’en prendre à lui. Mais Sylvestre n’a pas dit son dernier mot…

Sylvestre (Thomas en VO) et Titi (Tweetie) étaient déjà apparus dans plusieurs dessins animés auparavant, mais jamais ensemble. Tweetie Pie, Oscar du meilleur court métrage d’animation, marque donc la vraie naissance de ce qui allait devenir l’un des tandems les plus populaires du cinéma d’animation.

Dès ce premier film, les bases sont posées : les aventures de Titi et Gros Minet ressemblent à celles de Tom et Jerry, qui auraient été revues et corrigées par un petit frère un peu sage de Tex Avery, dont Friz Freleng était effectivement un proche collaborateur.

Tom et Jerry au piano (The Cat Concerto) – de Joseph Barbera et William Hanna – 1947

Posté : 26 janvier, 2012 @ 12:15 dans 1940-1949, BARBERA Joseph, COURTS MÉTRAGES, DESSINS ANIMÉS, HANNA William | Pas de commentaires »

Tom et Jerry au piano

Tom, en habits de concerto, s’installe à un piano à queue et commence à jouer la « Rhapsody hongroise » de Liszt. Mais Jerry dormait à l’intérieur du piano, et n’apprécie pas d’avoir été réveillé…

Après The Yankee Doodle Mouse en 1944, Mouse Trouble en 1945 et Quiet please ! en 1946, The Cat Concerto est en 1947 le quatrième Tom et Jerry d’affilée à décrocher l’Oscar du meilleur court métrage d’animation. Un exploit sans équivalent dans l’histoire des Academy Awards, qui vient récompense l’imagination sans faille de Hanna et Barbera avec cette série plus familiale que les films de Tex Avery, mais souvent enthousiasmante.

Cette aventure-là est un nouveau chef d’œuvre, et un véritable tour de force : toute l’action se déroule sur un piano !

Une tarte pour Tom (Quiet Please !) – de Joseph Barbera et William Hanna – 1945

Posté : 26 janvier, 2012 @ 12:12 dans 1940-1949, BARBERA Joseph, COURTS MÉTRAGES, DESSINS ANIMÉS, HANNA William | Pas de commentaires »

Une tarte pour Tom

Le chien de la famille, constamment dérangé par les poursuites entre Tom et Jerry, interdit au chat de faire le moindre bruit, afin qu’il puisse profiter de sa sieste. Jerry a entendu cet avertissement et décide de tout mettre en œuvre pour réveiller le chien…

Les aventures de Tom et Jerry ont rarement été aussi enthousiasmantes qu’avec ce dessin animé génial et jubilatoire, où le pauvre Tom se retrouve dans la peau d’une victime potentielle. Ses efforts pour garder le silence et contrecarrer les plans d’un Jarry machiavélique sont irrésistibles.

C’est l’une des rares fois où Tom a – furtivement – la parole : il a alors la voix de William Hanna. C’est aussi le troisième Tom et Jerry d’affilé à décrocher l’Oscar du meilleur court métrage d’animation (après The Yankee Doodle Mouse et Mouse Trouble).

Jerry ne se laisse pas faire (Mouse Trouble) – de Joseph Barbera et William Hanna – 1944

Posté : 26 janvier, 2012 @ 12:08 dans 1940-1949, BARBERA Joseph, COURTS MÉTRAGES, DESSINS ANIMÉS, HANNA William | Pas de commentaires »

Jerry ne se laisse pas faire

Tom s’est fait livrer un nouveau livre : « Comment attraper une souris ». Il en suit scrupuleusement tous les chapitres, mais Jerry utilise bien plus adroitement les conseils donnés par le livre…

Dans les années 40, Hanna et Barbera ont signé plusieurs dizaines de Tom et Jerry, l’une des séries d’animation les plus populaires du moment. Sans jamais manquer d’imagination, chacune de ces aventures, pourtant toujours basées sur le même principe, paraît unique. Mouse Trouble illustre parfaitement le constat selon lequel plus ces aventures sont simples, plus elles sont réussies.

Comme The Yankee Doodle Mouse l’année précédente, Mouse Trouble a décroché l’Oscar du meilleur court d’animation. Et on en redemande…

La Souris part en guerre (The Yankee Doodle Mouse) – de Joseph Barbera et William Hanna – 1943

Posté : 26 janvier, 2012 @ 12:05 dans 1940-1949, BARBERA Joseph, COURTS MÉTRAGES, DESSINS ANIMÉS, HANNA William | Pas de commentaires »

La Souris part en guerre

La guerre fait rage entre Tom et Jerry. Les deux belligérants utilisent toutes les armes à leur disposition dans la maison, et se rendent coup pour coup…

En 1943, la guerre est omniprésente dans le cinéma hollywoodien, qui participe ainsi à l’effort de guerre. Dans les cartoons aussi, les producteurs montrent régulièrement les horreurs de la guerre. Ce Tom et Jerry transforme une nouvelle altercation entre le chat et la souris en un véritable champ de bataille : le moindre objet familier est transformé en arme de guerre. C’est la grande idée qui fait de ce cartoon un petit chef d’œuvre, qui a décroché l’Oscar du meilleur court métrage d’animation.

La Voie lactée (The Milky Way) – de Rudolf Ising (1940)

Posté : 26 janvier, 2012 @ 12:03 dans 1940-1949, COURTS MÉTRAGES, DESSINS ANIMÉS, ISING Rudolf | Pas de commentaires »

La Voie lactée

Trois petits chatons ont perdu leurs mitaines, et sont envoyés au lit sans dîner. De leur chambre, ils voient la voie lactée et cherchent à l’atteindre, utilisant un panier et des ballons gonflés à l’hélium. Ils y découvrent un véritable paradis où le lait coule à flot.

Rudolf Ising a réussi un véritable exploit avec ce dessin animé de la MGM : The Milky Way est le premier cartoon non produit par Walt Disney à avoir décroché l’Oscar du meilleur court métrage d’animation, mettant ainsi fin à une domination sans faille de « l’oncle Walt ». Et cet Oscar est pour le moins mérité : charmant, drôle et très original, le film est une totale réussite, un conte de Noël plein de magie qui présente une vision de la voie lactée qui a fait rêver plus d’une génération d’enfants…

 

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