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Deux rouquines dans la bagarre (Slightly Scarlet) – d’Allan Dwan – 1956

Classé dans : * Films noirs (1935-1959),1950-1959,DWAN Allan — 19 novembre, 2011 @ 16:41

Deux rouquines dans la bagarre (Slightly Scarlet) – d’Allan Dwan – 1956 dans * Films noirs (1935-1959) deux-rouquines-dans-la-bagarre

C’est la fin du second âge d’or de Dwan (après celle de la fin des années 20), celle de son association avec le producteur Benedict Bogeaus. Ensemble, les deux hommes ont signé quelques séries B hautement recommandables comme Tennessee’s Partner (peut-être le meilleur rôle de Ronald Reagan) et surtout Quatre étranges cavaliers, son chef d’œuvre. Pour Slightly Scarlet, Dwan choisit d’ailleurs la même vedette que dans les deux précédents : John Payne, « star de second plan » qui manque un peu de charme et de mystère, mais pas d’une vraie présence.

Dwan, qui ne tournera plus que cinq films inégaux à l’issue d’une carrière riche de plus de 400 titres, s’attaque ici à un monument du polar noir : James M. Cain, l’auteur des fameux Facteur sonne toujours deux fois, Assurance sur la mort et Mildred Pierce, autant de classiques qui ont donné lieu à des chef d’œuvre du cinéma. Le film est à mille lieues de ces trois chef d’œuvre, bien sûr, et a des défauts aussi énormes que ses qualités. Il ne manque en tout cas pas d’originalité…

La séquence qui sert de générique surprend et séduit d’emblée. La couleur, déjà, vive et inattendue dans un film noir (les exemples de film noir en couleurs sont rares : Péché mortel en 1945, Sueurs froides en 1958…). Et puis surtout l’entrée en scène des trois acteurs principaux, avec des gros plans et des arrêts sur image qui semblent isoler chacun d’entre eux, et introduit une esthétique un peu kitsch de roman photo.

Les deux rouquines du grotesque titre français sont deux sœurs pulpeuses et diablement séduisantes : Arlene Dahl, qui sort de prison (faute de moyens, la prison est représentée par une grille et un panneau posé sur une simple façade de maison) après avoir été condamnée pour vol ; Rhonda Fleming, la secrétaire hyper-sexy du favori des prochaines élections municipales. Et il y a le troisième larron, John Payne donc, dont les motivations resteront troubles jusqu’au dernier moment. Détective ? truand ? ange-gardien ? Rien de tout ça, ou tout à la fois, au choix… on sent bien qu’il est tiraillé entre le fric du truand pour lequel il bosse, et la poitrine avantageuse de Rhonda.

Le truand en question, un stéréotype sur pattes, est l’âme damnée du maire en place, et cherche à décrédibiliser son adversaire, pourquoi pas en révélant le casier judiciaire de la sœur de sa secrétaire… Ouais, c’est un peu tiré par les cheveux, mais c’est Cain qui l’a écrit, semble-t-il (j’avoue ne pas avoir lu le livre). Pourquoi pas, d’ailleurs, mais on a droit à tous les poncifs du genre : des types qui font la tête (ce sont les méchants), des gens très avenants (ce sont les gentils). Et au milieu, deux personnages tout de même très intéressants : celui de la petite sœur cleptomane (mais Arlene Dahl n’est pas vraiment à la hauteur du rôle), et celui de John Payne.

Slightly Scarlet est-il un bon film parfois maladroit, ou un pur navet ? Je suis incapable de le dire, mais, à la deuxième vision, le plaisir (un peu coupable) reste intact. Pourtant, il y a souvent de quoi rire dans cette espèce de parodie de film hard-boiled, où Payne sert la mâchoire et se prend quatre balles dans le corps quasiment sans moufter. D’ailleurs, les balles ne tuent pas dans ce film. Elles picotent bien un peu, mais elles ne sont jamais fatales. Contrairement à la simple baffe qui envoie un directeur de journal ad patres. Déroutant, je vous dis…

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