Play it again, Sam

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Code 46 (id.) – de Michael Winterbottom – 2003

Classé dans : 2000-2009,FANTASTIQUE/SF,WINTERBOTTOM Michael — 10 octobre, 2011 @ 17:03

Code 46

Éclectique et prolifique, Michael Winterbottom frappe souvent juste (Jude ou Rédemption, dans des genres très différents, étaient magnifiques). Alors un film de science fiction, pourquoi pas… On pouvait s’y attendre, le cinéaste mise sur les personnages et l’atmosphère, plus que sur les effets spéciaux (d’ailleurs, il n’y en a pas) ou les innovations techniques (d’ailleurs, il n’y en a pas beaucoup). Et pendant une bonne demi-heure, on retrouve la sensibilité et le classicisme presque clinique qui lui réussissent généralement. Sans en faire beaucoup, avec une grande économie de dialogues et d’action, il crée un monde froid et morne, où l’espoir a disparu au profit d’une vague tristesse qui touche tous les personnages, et rejaillit sur le spectateur.

Mais passée cette première partie languide et pertinente, la fascination que l’on éprouvait tourne à un ennui poli. On n’est pas vraiment teinté d’arrêter le film, mais l’impression de l’avoir déjà vu cent fois ne cesse de grandir. Quand on se met à jouer au jeu des comparaisons, ce n’est jamais bon signe. Surtout quand on réalise que ce film-là vous sera sans doute sorti de la tête le lendemain. Et je confirme : là, on est le lendemain, et il ne me reste plus grand-chose de ce film minimaliste et trop superficiel. A part cette première partie pas originale, mais fascinante. Et la toute dernière séquence pas originale, mais forte.

Reste aussi cette impression que l’histoire vécue par les deux personnages principaux ne pouvait qu’être une parenthèse, un fantasme dans un monde où les rêves n’ont plus aucune chance de se réaliser. Ces deux personnages, c’est Samantha Morton (qu’on imagine toujours baignant dans la piscine de Minority Report) et Tim Robbins. L’acteur, trop rare hélas, incarne un agent du gouvernement qui enquête sur un trafic de faux papier dans un monde où la majeure partie de la population est cloîtrée dans des villes inhumaines sans joie. Elle est sa principale suspecte, dont il va tomber amoureux en dépit de toutes les conventions, et de toutes les lois. Une histoire typique de SF, qu’on retrouve de Fahrenheit 451 au Fils de l’homme.

On peut signaler aussi que la femme trompée de Tim Robbins est jouée par « notre » Jeanne Balibar, actrice habituée du cinéma d’auteur, qui trouve ici un rôle totalement dénué d’épaisseur et d’intérêt. Pas forcément la meilleure voie pour commencer une carrière américaine.

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