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A l’Américaine (Champagne) – d’Alfred Hitchcock – 1928

Classé dans : 1920-1929,FILMS MUETS,HITCHCOCK Alfred — 14 juin, 2011 @ 12:45

A l'Américaine

Vous ne lirez pas souvent la phrase qui suit sur ce blog : ce Hitchcock n’est pas un grand cru, loin s’en faut. A vrai dire, Champagne est, assez nettement, le film le moins intéressant de toute la carrière du génial Hitchcock. Un assez banal drame social qui raconte la déchéance d’une jeune femme, fille d’un richissime américain, qui se retrouve à travailler dans un établissement nocturne parisien fréquenté par des hommes peu fréquentables…

Le thème n’est pas sans évoquer le sous-estimé (même par Hitchcock lui-même) Downhill, qui racontait lui aussi une déchéance sociale, et où les bas-fonds se situaient également en France (décidément…). Mais Downhill était constamment inventif, et bénéficiait d’un solide suspense, ce qui n’est pas le cas de Champagne.

Hitchcock n’est pas entièrement responsable de cet échec : il a raconté à Peter Bogdanovich que son projet initial était très différent. Son héroïne devait être une ouvrière travaillant à Reims, chez un producteur de champagne, où elle voyait partir tous les jours des centaines de bouteilles vers Paris. Un jour, elle décidait d’aller à son tour tenter sa chance dans la capitale, mais ne tardait pas à découvrir les ravages que causait l’alcool qu’elle contribuait à produire, et devenait elle-même une espère de prostituée…

Même si on retrouve quelques bribes de cette histoire dans le film tel qu’il a été tourné, l’originalité du sujet (on imagine les trouvailles qu’Hitchcock aurait pu avoir autour du trajet des bouteilles de Champagne, et celui de son héroïne) a en grande partie disparu. L’héroïne du film, jouée par Betty Balfour, est la fille très volage d’un riche homme d’affaires, qui s’apprête à se marier avec l’homme qu’elle aime contre l’avis de son père. Prête à toutes les excentricités, elle entre même en scène en faisant amerrir son avion près du bateau où se trouve son amoureux, ce qui donne lieu à quelques scènes qui évoquent, avec quelques années d’avance, le nettement plus réjouissant A l’Est de Shanghaï.

Désespéré par le comportement d’enfant gâté de sa fille, le père lui annonce qu’ils sont totalement ruinés, et qu’elle doit désormais travailler pour subvenir à leurs besoins. Totalement faux, bien sûr, mais la jeune écervelée ne tarde pas à être embauchée, pour la beauté de ses jambes, dans un établissement bien peu fréquentable, ce que le fiancé prend bien mal. Et le père pas mieux…

Le scénario, à vrai dire, semble être en grande partie improvisé : on ne croit pas vraiment à ses rebondissements et à ses personnages pas très bien dessinés. Le film ne manque toutefois pas totalement d’intérêt. Le cynisme d’Hitchcock est là, en filigrane (si vous croyez que la jeune femme va découvrir dans la misère les vraies valeurs humaines, vous êtes loin du compte). Et Hitchcock expérimente bien de temps en temps, notamment avec une série de plans impossibles en caméra subjective : l’un des premiers plans du film met ainsi le spectateur dans la peau d’un homme qui boit une coupe de Champagne, et qui découvre la scène à travers le fond de son verre.

C’est bien peu par rapport à ce qu’on attend d’un Hitchcock (même à cette époque : le jeune réalisateur, qui signe là son avant-dernier film muet, est déjà un immense cinéaste), mais bien assez pour assurer l’intérêt, et éviter l’ennui.

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