Play it again, Sam

tout le cinéma que j’aime

Archive pour le 28 mai, 2011

Grindhouse (id.) – de Quentin Tarantino et Robert Rodriguez – 2007

Posté : 28 mai, 2011 @ 9:39 dans 2000-2009, RODRIGUEZ Robert, TARANTINO Quentin | Pas de commentaires »

Grindhouse

• Voir Grindhouse : Boulevard de la mort et Grindhouse : Planète Terreur

Grâce soit rendue au DVD : la sortie il y a quelques jours d’un triple DVD Grindhouse permet enfin de découvrir ce projet de folie imaginé par deux cinéastes cultes totalement barrés : Quentin Tarantino et Robert Rodriguez. On connaît l’admiration sans borne des deux hommes (en particulier Tarantino) pour le cinéma d’exploitation, ces nanars souvent inregardables que lui considère comme des chef d’œuvre (ou, disons, des sommets de la contre-culture), que ses personnages citent tout au long de ses films, et dont il réhabilite de temps à autres les grands acteurs oubliés.

Avec le projet Grindhouse, les deux comparses ont voulu non pas réaliser un film qui rendrait hommage à ces petites productions qui faisaient le bonheur des drive-in dans les années 60, mais proposer une vraie séance de cinéma comme celles que les spectateurs de l’époque connaissaient : avec deux films au programme, entrecoupés de bandes annonces. Hélas, pour des raisons évidentes de gros sous, les deux films sont sortis indépendamment au cinéma dans la plupart des pays (seuls les pays anglo-saxons ont proposé le double-programme).

C’était d’autant plus frustrant que le double-programme incluait des bandes annonces hallucinantes : de fausses bandes annonces tournées spécialement pour ce projet par des réalisateurs tout aussi déjantés comme Rob Zombie ou Eli Roth, qui vont au bout de leur délire (on y voit notamment Nicolas Cage en Fu Manchu !). L’une de ces bandes annonces a même connu un tel succès que son réalisateur en a tiré un vrai long métrage : c’est Machete, réalisé par Rodriguez lui-même.Voir les films indépendamment n’empêchera pas d’y prendre plaisir, sûr… Mais s’enfiler le programme in extenso avec une bonne bière et des tapas, c’est une expérience incomparable.

Grindhouse : Planète Terreur (Planet Terror) – de Robert Rodriguez – 2007

Posté : 28 mai, 2011 @ 9:38 dans 2000-2009, FANTASTIQUE/SF, RODRIGUEZ Robert | Pas de commentaires »

Grindhouse Planète Terreur

• Le film fait partie du programme Grindhouse

• Voir aussi Grindhouse : Boulevard de la mort

Rodriguez fait bien plus que rendre hommage au cinéma bis des années 60 et 70 : il se glisse dans la peau d’un réalisateur de cette époque et, de manière totalement décomplexée, signe un authentique nanar qui se revendique comme tel. Forcément jouissif. Plus nonchalant en apparence que son pote Tarantino, Rodriguez va en tout cas beaucoup plus loin dans la régression. S’il avait effectivement été tourné trente ans plus tôt, Planète Terreur aurait sans aucun doute contribué à forger la cinéphilie hors du commun de Tarantino… Ces deux-là, décidément, sont sur la même longueur d’ondes. Leur projet Grindhouse en est la meilleure preuve.

On sait depuis longtemps que Rodriguez aime le cinéma bis, et qu’il revendique un plaisir immédiat et presque enfantin (à la manière d’un Joe Dante, le second degré en moins). Avec Planète Terreur, il va plus loin que jamais. Le scénario, qu’il a écrit lui-même, est un sommet du genre : une histoire extraordinaire de virus lâché dans la nature, qui transforme la majorité des habitants en zombies boursouflés. Seuls quelques individus sont épargnés, et luttent pour survivre, et former une sorte de communauté d’un nouvel âge…

L’histoire, déjà, est bien improbable, mais Rodriguez s’éclate à forcer continuellement le trait, avec des effets spéciaux pourris, des personnages stéréotypés à l’extrême, des acteurs qui s’amusent à jouer « à côté »… Et pas n’importe lesquels : Rodriguez sort de l’oubli Michael Biehn (la vedette des premiers James Cameron) et Jeff Fahey (vu dans le Chasseur blanc, cœur noir d’Eastwood), et donne un second rôle réjouissant de militaire-mutant à Bruce Willis.

C’est du grand n’importe quoi ambiant que vient tout le plaisir (immense et régressif, oui) que l’on ressent devant le film. Rodriguez n’hésite devant aucun artifice, surtout s’il est énorme : une infirmière lesbienne est une terreur de la seringue ; le jeune héros malgré lui s’avère être une légende du maniement des armes ; le même héros fait l’amour avec sa petite amie fraîchement amputée d’une jambe, et remplace cette jambe manquante par un pied de table, puis par une arme lourde (Cobra n’a qu’à bien se tenir) ; un autre militaire-mutant (joué par Tarantino) sur le point de violer une prisonnière voit ses testicules se liquéfier et tomber sur le sol…

Clin d’œil à ces séances de cinéma souvent très approximatives, une bobine du film est manquante, ce qui nous prive, évidemment volontairement, de quelques rebondissements pourtant importants pour l’évolution des personnages. Aucune importance : la psychologie est au niveau zéro. Tout ce qui compte, c’est le plaisir un brin coupable, mais tellement reposant, d’assister à un festival de n’importe quoi, de boucherie et d’humour très décalé…

Grindhouse : Boulevard de la mort (Death Proof) – de Quentin Tarantino – 2007

Posté : 28 mai, 2011 @ 9:36 dans * Thrillers US (1980-…), 2000-2009, ACTION US (1980-…), TARANTINO Quentin | Pas de commentaires »

Grindhouse Boulevard de la Mort

• Le film fait partie du programme Grindhouse

• Voir aussi Grindhouse : Planète Terreur

Plus sage que Rodriguez, Tarantino signe bien un hommage au cinéma bis des années 70, en l’occurrence aux films de bagnoles qui vrombissent sur l’asphalte, et qui se terminent généralement par des course-poursuites et de la tôle froissée. Mais Death Proof s’inscrit parfaitement dans la filmographie du Cinéaste. Moins ambitieux que Pulp Fiction ou Inglorious Basters, certes, mais sa marque est là, omniprésente.

Le film permet même d’éclairer une partie du pouvoir de fascination du cinéma de Tarantino : pourquoi reste-t-on scotchés devant ce flot de paroles totalement vides de fonds que s’échangent, longuement, les personnages de ses films ? Pourquoi écoute-t-on religieusement les vertus du Big Kahuna Burger expliquées en long, en large et en travers (Pulp Fiction), ou la grandeur de la filmographie improbable de Sonny Chiba (True Romance) ?

Jusqu’à Death Proof, j’imaginais que c’était pour la qualité, voire la profondeur, et qui sait un éventuel second degré, des dialogues. Pourtant, après une heure et demi de film, et après avoir écouté une nouvelle fois religieusement les deux groupes de femmes qui se succèdent à l’écran parler longuement, très longuement, de… mais de quoi, au juste ? Avec une heure de recul, je dois bien reconnaître que je n’en ai aucune idée… C’est l’une des forces (et l’une des limites ?) des films de Tarantino : l’aspect hypnothique de la bande son. Pas uniquement de la bande musicale, exceptionnelle, comme toujours, mais aussi de la « bande parlante » qui n’a, on l’espère en tout cas, qu’un intérêt purement musical. Le flot de paroles fascine ici d’autant plus qu’il est d’une vacuité proche de l’absolue. Autant dire que regarder le film en version originale est une obligation. Avec ou sans sous-titres, d’ailleurs…

Le film est d’autant plus fascinant qu’au milieu du métrage, il semble se répéter comme une boucle incomplète. On a donc un ancien cascadeur (Kurt Russell, l’un de ces has-been que Tarantino aime sortir de l’ombre, et qui trouve son rôle le plus mémorable depuis Snake Plissken), psychotique qui s’intéresse à un groupe de jeunes femmes qu’il piste dans un bar, et qu’il suit ensuite à bord de sa voiture surpuissante, causant volontairement un accident d’une violence inouïe qui les tue toutes…

On le retrouve alors quelques mois plus tard, sur la piste d’un autre groupe de jeunes femmes, mais cascadeuses, cette fois. Parmi elles, une authentique cascadeuse, d’ailleurs (Zoe Bell, dans son propre rôle)… On prend les mêmes données et on recommence ? Pas tout à fait, bien sûr. Mais cette répétition, construction très inhabituelle mais très tarantinesque, est l’une des grandes forces de ce film violent mais drôle, con mais fun.

 

Kiefer Sutherland Filmographie |
LE PIANO un film de Lévon ... |
Twilight, The vampire diari... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | CABINE OF THE DEAD
| film streaming
| inderalfr