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Archive pour le 2 mai, 2011

La Fille du Dr. Jekyll (Daughter of Dr. Jekyll) – de Edgar G. Ulmer – 1957

Posté : 2 mai, 2011 @ 1:39 dans 1950-1959, FANTASTIQUE/SF, ULMER Edgar G. | 1 commentaire »

La Fille du Dr Jekyll

Ainsi donc, le docteur Jekyll avait une fille. Vous l’ignoriez ? Eh bien elle aussi, mais elle l’apprend dans ce petit film de série signé par le culte Ulmer. Et en voyant cette petite production fauchée mais inventive, conne mais prenante, on comprend pleinement pourquoi le cinéaste, totalement méconnu du grand public, garde aujourd’hui encore une réputation presque unique dans l’histoire du cinéma. Réalisateur de quelques chef d’œuvre reconnus (Détour, Barbe-Bleue ou Strange Woman, surtout), UImer a surtout à son actif quelques films de genres absolument incroyables, comme ce film d’horreur dont les extérieurs sont baignés dans la brume (signe que la production n’avait pas assez d’argent pour construire de vrais décors), et au scénario totalement improbable.

Une jeune femme revient dans le château où elle a grandi, pour présenter à l’homme qui l’a élevée son futur mari. Mais le percepteur révèle à sa fille adoptive la vérité sur sa naissance : elle est en fait la fille du docteur Jekyll, de sinistre mémoire, et pourrait être touchée à son tour par le dédoublement monstrueux de personnalité. Evidemment, la jeune femme tombe des nues, d’autant plus que des meurtres mystérieux sont commis dès que la nuit tombe.

Difficile à croire, certes, mais Ulmer transcende ce scénario qui ne vaut pas plus que la majorité des productions cheap de l’époque (dont la plupart sont à peine regardables), et signe un film oppressant et franchement flippant, avec quelques scènes mémorables, comme le dernier meurtre, étonnante séquence nocturne qui semble sortie de L’Homme Léopard de Tourneur. Le suspense fonctionne parfaitement, même si on devine le rebondissement final dès les premières minutes, et même si le film semble constamment flotter, indécis, entre le mythe imaginé par Stevenson et celui des loups-garous….

Qu’importe : c’est l’ambiance du film qui emporte l’adhésion, et on prend un plaisir coupable, mais gourmant, à se laisser entraîner dans le cauchemar éveillé de la belle Gloria Talbott, excellente actrice de série B, qui contribue à la réussite de ce film de série. Par respect pour un acteur qui s’est illustré chez John Ford (notamment Le Massacre de Fort Apache), on ne s’étendra pas sur la veste rayée et l’air peu concerné de John Agar, visiblement là pour arrondir ses fins de mois.

Why Daddy ? (id.) – de Will Jason – 1944

Posté : 2 mai, 2011 @ 1:38 dans 1940-1949, COURTS MÉTRAGES, JASON Will | Pas de commentaires »

Why Daddy

Robert Benchley était une petite vedette dans les années 40, mais une vedette que l’on ne voyait que dans des courts métrages, dont il était l’auteur, le producteur et la vedette. La série des How to…, notamment, était très populaire.

Ici, il interprète un homme tranquille, un peu imbu de lui-même, qui écoute un jeu radiophonique en se disant qu’il ferait bien mieux que les participants. Alors sa femme le pousse à participer, et il se retrouve de l’autre côté du micro, où il est confronté à un gamin qu’il prend gentiment de haut, mais qui finira bien sur par l’humilier…

Le personnage est plutôt amusant, mais le film manque d’un enjeu fort, d’autant plus que la manière dont tourne la confrontation entre Benchley et le gamin est franchement téléphonée. C’est l’ultime court métrage que l’acteur-scénariste tournera pour la MGM. C’est loin d’être le meilleur.

Screwball Squirrel (id.) – de Tex Avery – 1947

Posté : 2 mai, 2011 @ 1:37 dans 1940-1949, AVERY Tex, COURTS MÉTRAGES, DESSINS ANIMÉS | Pas de commentaires »

Screwball Squirrel

Un écureuil provoque gratuitement un chien de chasse, pour le simple plaisir d’en découdre. Le Screwball Squirrel n’est pas le plus connu des personnages créés par Tex Avery, loin s’en faut : la série ne compte d’ailleurs qu’une poignée de cartoons. On peut le regretter : cet écureuil à l’air un peu sournois, sorte de faux frères de Bugs Bunny, était plein de promesses.

Ce tout premier dessin animé ne manque d’ailleurs ni de rythme, ni de gags originaux. (le visage du chien qui se retrouve imprimé sur du papier collant, l’écureuil qui regarde le plan suivant du cartoon…). C’est un Tex Avery des grands jours qu’on retrouve ici, à la fois complètement fou et très inspiré….

La Vallée de la Vengeance (Vengeance Valley) – de Richard Thorpe – 1951

Posté : 2 mai, 2011 @ 9:13 dans 1950-1959, LANCASTER Burt, THORPE Richard, WESTERNS | Pas de commentaires »

La Vallée de la vengeance

Souvent faiblard, le prolifique Richard Thorpe a signé par-ci, par-là quelques perles du cinéma de genre : Ivanhoé dans le film de chevalerie, ou ce Vengeance Valley, premier western interprété par Burt Lancaster. Pas un chef d’œuvre, non : le film souffre d’une mise en scène un peu « plan-plan », sans grand relief, qui ne rend pas hommage aux décors naturels pourtant impressionnants. Mais il y a dans ce western atypique une ambiance inhabituellement familière : au spectaculaire généralement de mise, Thorpe préfère les petits gestes du quotidien, la vie dépouillée (et débarrassée des clichés du genre) des cow-boys. Des cow-boys, c’est-à-dire des garçons vachers, et non des pistoleros à la recherche d’aventures.

Il y a même un aspect presque documentaire à ce film qui, malgré sa courte durée (80 minutes seulement), prend le temps d’intégrer de longs plans montrant le travail des cow-boys dans les vastes plaines, plans sans lien direct avec l’histoire, et qui contribuent à installer l’atmosphère.

Pourtant, il y a une vraie histoire. Classique, certes, mais qui ne manque pas d’intérêt : c’est l’éternelle histoire des frères ennemis. En l’occurrence Lancaster et Robert Taylor, dans l’un de ses derniers rôles. Ce dernier interprète le fils lâche et faux d’un riche propriétaire terrien, qui lui préfère son fils adoptif, Lancaster, courageux et d’une honnêteté à toute épreuve.

Taylor, marié avec la belle Joanne Dru, qui n’a pourtant d’yeux que pour Lancaster, a engrossé la belle itou Sally Forrest. Odieux et veule comme il l’est, on a du mal à comprendre comment ces deux jeunes femmes, pourtant belles, intelligentes et attachantes, ont pu se laisser séduire…

Lancaster, lui, est le seul à savoir que son demi-frère est le père du bébé. Il a beau voir que Taylor n’est qu’une ordure, il garde le secret, acceptant de subir les conséquence à sa place, même quand le grand frère de la jeune maman débarque, décidé à descendre celui qui a mis sa sœur dans l’embarras. Quand on sait que le frère est interprété par John Ireland, qui n’a à peu près joué que des tueurs, on comprend qu’il ne s’agit pas d’un rigolo.

On a donc droit à quelques scènes d’action bien troussées. Mais l’intérêt du film est bien ailleurs : dans la peinture de cette petite ville qui ne vit que par l’élevage des bovins.

 

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