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Archive pour le 26 mars, 2011

L’Engrenage fatal (Railroaded) – de Anthony Mann – 1947

Posté : 26 mars, 2011 @ 7:48 dans * Films noirs (1935-1959), 1940-1949, MANN Anthony | Pas de commentaires »

L'Engrenage fatal

Anthony Mann est en plein dans sa grande période noire (grosso modo, entre La Cible vivante en 1945, et Incident de frontière en 1949), lorsqu’il signe ce bijou sombre aussi sec qu’un coup de feu dans la nuit. Et dans ce film proche de l’épure, les coups de feu dans la nuit sont de ceux dont on se souvient : dans la scène d’ouverture comme dans celle qui clos l’enquête, la nuit est profonde, à peine trouée par quelques rais de lumière, et la violence fait mal.

Dès cette scène d’ouverture, extraordinaire braquage d’un salon de beauté cachant une activité de paris illégaux, on est frappé par l’économie de moyen et par la force de ces images dont on ne voit pourtant pas grand-chose. Le méchant, dont on ne voit que les yeux inquiétants de John Ireland (dans l’un de ses premiers rôles importants), abat froidement un flic caché par une porte vitrée. De ce flic, on ne saura rien ; on ne le verra même pas, son « exécution » se faisant à travers une porte vitrée. Pourtant, sa mort hantera le film, le gentil flic, et aussi la « garce », comme souvent dans ce genre de films le personnage le plus complexe et passionnant (deux exemples : Gloria Grahame dans Règlement de comptes de Fritz Lang ; et Claire Trevor dans Key Largo de John Huston).

Le couple vedette, lui, n’est guère intéressant. Il y a le flic, interprété par un Hugh Beaumont guère expressif ; et la jeune femme dont il tombe forcément amoureux. C’est Sheila Ryan, charmante mais pas à la hauteur de son rôle, celui d’une fille sans histoire prête à tout pour innocenter son frère, accusé à tort d’avoir tué le policier. On s’intéresse bien davantage au couple un brin sado-masochiste formé par Jane Randolph (pour le côté maso) et John Ireland (évidemment sado).

Mann a surtout un talent fou pour créer une atmosphère, une impression de danger permanent, que ce soit dans les rares scènes très éclairées (celles du club de John Ireland, notamment) ou dans les rues quasi-désertes de la rue, où seuls les visages semblent sortir de la pénombre. D’ailleurs, on sent bien que Mann est bien plus intéressé par l’atmosphère que par l’enquête à proprement parler, qui avance miraculeusement grâce à une découverte énorme (une photo encadrée du méchant dans le sac du témoin du hold-up), le genre de rebondissement que plus personne n’ose plus filmer depuis les années 40. A part Eastwood dans Jugé coupable, peut-être.

Charlot débute (His New Job) – de Charles Chaplin – 1915

Posté : 26 mars, 2011 @ 10:19 dans 1895-1919, CHAPLIN Charles, COURTS MÉTRAGES, FILMS MUETS | Pas de commentaires »

Charlot débute

• Titres alternatifs (VO) : Charlie’s new job

• Titres alternatifs (VF) : Charlot débute au cinéma, Charlot dans les coulisses, Charlot auteur dramatique

Voilà un film qui porte bien son titre, puisque His new job marque les débuts de Chaplin à la Essanay (la compagnie de Spoor et Anderson), pour laquelle il venait de quitter la Keystone de Mack Sennett, où il avait fait ses débuts exactement un an plus tôt. Pour ses nouveaux débuts, Chaplin est en terrain connu : il choisit de situer son film dans les coulisses d’un studio, comme il l’avait déjà fait à la Keystone avec Charlot fait du cinéma et Charlot grande coquette (il le refera encore dans Charlot machiniste).

On sent que ses ambitions sont à la hausse à la Essanay : plus long, plus riche, plus inventif que ses bandes à la Keystone, His new job est un peu foutraque, certes (il n’y a pas encore le soucis de la construction qu’on verra dans ses chef d’œuvre à venir), mais le film fourmille de gags et d’idées géniales, qui seront pour certaines réutilisées dans d’autres films. C’est notamment dans ce court métrage que Chaplin utilise pour la première fois sa manière inimitable de faire sauter son chapeau alors qu’il fait mine de le remettre sur sa tête.

C’est aussi dans ce film que, malgré le manque visible de scénario, Chaplin devient un vrai cinéaste, qui sort enfin su strict plan fixe théâtral, pour s’essayer à quelques subtilités (discrètes, mais tout de même) de réalisation. On y trouve notamment son premier travelling.

Chaplin a visiblement voulu explorer au maximum les coulisses du cinéma : du figurant qui cherche un emploi à la vedette en tournage, en passant par le machiniste dans l’ombre, son personnage de Charlot passe par toutes les étapes en une demi-heure à peine.

Le meilleur gag ? Sans doute le passage où Charlot, improvisé vedette d’un tournage en costume, prend appui sur une colonne de marbre… en carton-pâte. Chaplin est un pitre génial, et il le prouve une nouvelle fois.

Le film est aussi célèbre pour être le premier dans lequel apparaît Gloria Swanson. D’après les historiens et les dictionnaires de cinéma, parce que j’avoue que je ne l’ai toujours pas reconnue…

 

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