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La Proie pour l’Ombre (Old Wives for New) – de Cecil B. De Mille – 1918

Classé dans : 1895-1919,De MILLE Cecil B.,FILMS MUETS — 23 mars, 2011 @ 10:36

La Proie pour l'ombre

Cecil B. DeMille n’a pas vraiment bonne presse, depuis quelques décennies. De lui, on retient surtout ses films monumentaux comme Les Dix Commandements, et son comportement ouvertement « anti-rouges » durant la chasse aux sorcières. C’est oublier un peu vite que le gars a réalisé deux des grands westerns de l’histoire (Une Aventure de Buffalo Bill et surtout Pacific Express), et qu’il fut l’un des cinéastes importants du muet, signant notamment une série de portraits de couples en crise assez audacieux, et pour la plupart très réussis.

Ce Old Wives for New est sans doute le plus misogyne de toute cette série de films : « Au lieu de gâcher nos vies, occupe toi de la maison », lance le personnage principal à sa femme… Très loin du romantisme d’un Borzage, DeMille met en scène un homme mur mais portant toujours beau, qui n’éprouve plus que du dégoût pour sa femme qui fut une jolie jeune femme, mais qui est aujourd’hui une quinquagénaire obèse et n’accordant plus la moindre attention à son apparence. Dans leur salle de bain, cet homme, Charles Murdock, regarde avec une répugnance visible les affaires de sa femme, qu’il décide alors de quitter… Il rencontrera une jeune et jolie styliste, tandis que sa femme sera séduite par le secrétaire de Murdock.

Le film est audacieux, et souvent inventif, à l’image de cette séquence d’ouverture, qui introduit les différents personnages de cette histoire par un plan évocateur sur leurs mains : des mains de travailleurs pour l’un, de fainéante bouffant du chocolat à longueur de journée… C’est original et amusant, et ça définit mieux qu’un visage le caractère de chacun.

Le film est ainsi constamment inventif, la réalisation de DeMille sublimant un scénario certes audacieux (avec la tromperie élevée au rang de tradition, et des scandales dont personne ne se choque), mais pas d’une originalité folle. C’est en enfermant à l’écran Murdock entre deux journaux lus par ses enfants pendant le petit déjeuner que le cinéaste souligne la solitude dans laquelle le personne se retrouve. C’est intelligent et jamais lourdingue, et DeMille, dans sa vision pour le moins discutable du couple et des affres du temps, révèle une sensibilité étonnante et séduisante.

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