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Archive pour le 22 mars, 2011

Liliom (id.) – de Frank Borzage – 1930

Posté : 22 mars, 2011 @ 4:09 dans 1930-1939, BORZAGE Frank, FANTASTIQUE/SF, FARRELL Charles | Pas de commentaires »

Liliom

Quatre ans avant Fritz Lang (lors de sa parenthèse française), l’immense Frank Borzage avait déjà porté à l’écran la pièce de Ferenc Molnar. C’est son troisième film parlant, et l’esthétique est encore celle de ses grands chef d’œuvre du muet (L’Heure suprême en tête), dont Liliom semble d’abord être une sorte de prolongement : les thèmes sont très proches (un homme et une femme s’aiment malgré ce qui les entoure, mais la violence et la mort menacent), les décors sont d’une grande beauté et presque caricaturaux, et Borzage souhaitait même reformer son couple mythique, qu’il avait déjà dirigé à trois reprises. Mais Janet Gaynor étant fâchée avec le studio, c’est l’inconnue Rose Hobart qui forme un couple aussi inattendu que passionnel, et forcément tragique, avec l’incontournable Charles Farrell.

Les récentes sorties DVD des éditions Carlotta sont là pour rappeler à quel point Farrell, que le grand public a totalement oublié aujourd’hui, fut un acteur incontournable de la fin du muet, et du tout début du parlant. Acteur fétiche de Borzage, il est aussi le héros de City Girl de Murnau, et tournait à l’époque pour des réalisateurs comme Howard Hawks, Raoul Walsh ou Victor Fleming. Et tout ça en quelques années seulement : son heure de gloire n’a vraiment duré que cinq ou six ans.

Ici, c’est lui qui interprète Liliom, ce bonimenteur de foire insouciant, qui a toutes les femmes à ses pieds. L’une d’elle, Julie, une toute jeune femme naïve et sans expérience, tombe éperdument amoureuse de lui. Lui s’amuse de son succès, et n’a pas la moindre envie de s’engager dans une vie de couple routinière. La patronne du manège pour lequel travaille Liliom est la première à se rendre compte que Julie n’est pas comme les autres. Elle aussi est amoureuse de Lilom, bien sûr, et la jalousie la pousse à le renvoyer. Tout le monde met en garde Julie contre Liliom, connu pour profiter de la faiblesse des femmes qui tombent sous son charme. Mais elle s’en fiche, elle l’aime ce Liliom, qu’elle sait être fait pour elle…

Il y a dans ce début de Liliom un passage très court et typiquement borzagien : alors que Julie regarde Liliom avec des yeux débordants d’amour, lui a son sourire habituellement dégagé qui se fige. Aucun commentaire, pas de musique sirupeuse… Un simple visage étonné, d’un homme qui réalise que lui aussi est amoureux, et que sa vie ne sera plus jamais comme avant, insouciante et aventureuse.

Trois mois après, d’ailleurs, on retrouve les deux amoureux vivant ensemble sous le même toit. La passion semble être loin, déjà : lui, sans emploi, passe ses journées affalé dans un fauteuil, pendant qu’elle trime du matin au soir. Liliom a tout, alors, du monstre d’égoïsme qu’on nous présentait. La vérité est bien plus complexe, bien sûr. Et chez Borzage, en particulier depuis L’Ange de la Rue, on sait que l’amour peut sortir les couples de toutes les impasses.

Mais Liliom n’est pas un film classique de Borzage. Il ne ressemble d’ailleurs à aucun autre film connu, et ceux qui ne l’ont jamais vu feraient mieux de ne pas lire la suite.

Parce qu’au bout d’une petite heure de film, Liliom meurt. Et cette fois, pas de miracle comme dans L’Heure suprême : Liliom est bel et bien mort et enterré. Et à partir de là, le ton du film change du tout au tout, et son esthétique aussi : c’est au voyage de Liliom que l’on assiste, voyage dans ce train qui conduit les âmes vers leur destination finale, train qui était annoncé sans qu’on s’en rende vraiment compte depuis le début du film (c’est à côté d’une voie ferrée que le vol fatidique auquel Liliom accepte de participer est organisé).

Surprenant, ce changement de ton aurait pu tomber dans le grand-guignol, mais il n’en est rien. Ces séquences sont d’une belle sobriété, ce qui fait que le film supporte franchement bien le poids des ans, ce qui est loin d’être toujours le cas pour des films abordant ce genre de sujets (l’au-delà ou l’onirisme).

Si Liliom gagne le droit de revenir sur terre, après dix ans de purgatoire, c’est parce que ses raisons sont totalement désintéressées. Tout ce qu’il veut, c’est faire quelque chose de bien pour sa fille, qu’il n’a jamais connue. Mais il n’y aura pas de happy-end artificiel ici, ni de deuxième chance. Juste trois êtres séparés par la mort, qui sont enfin en paix avec eux-mêmes…

Destination : Graceland (3 000 miles to Graceland) – de Demian Lichtenstein – 2001

Posté : 22 mars, 2011 @ 12:51 dans * Thrillers US (1980-…), 2000-2009, COSTNER Kevin, LICHTENSTEIN Demian | Pas de commentaires »

Destination Graceland

Il y a pas mal d’idées séduisantes dans ce nanar plutôt sympa : celui d’un braquage de casino en pleine convention Elvis ; celui d’offrir à Kevin Costner son premier rôle de vrai méchant (celui de Un Monde parfait n’était pas totalement antipathique) ; et cette volonté de moderniser les vieux thèmes du film de gangster. Parce que l’histoire en elle-même n’a rien de bien original : un braquage avec des millions à la clé ; l’un des braqueurs qui trahit ses complices et les laisses pour mort ; et l’une des « victimes » qui survit, et se lance dans une course poursuite à travers l’Amérique avec son ancien complice.

Il y avait visiblement pas mal d’ambitions derrière ce film. Mais à l’arrivée, toute l’originalité tombe à plat, une fois le générique (étonnant, et franchement laid) et la scène du braquage passés. Cette scène vaut à elle seul le déplacement : voire Kurt Russell (qui avait réellement interprété Elvis Presley dans le biopic réalisé par John Carpenter pour la télévision), Kevin Costner, Christian Slater, David Arquette et Howie Long déguisés en King, faire parler la poudre dans un casino bondé de pseudo-sosies d’Elvis, voilà une image qu’on est pas prêt d’oublier.

Mais une fois qu’on a vu ça, on a un peu tout vu de ce film efficace et plutôt bien mené, mais aux ficelles trop grosses pour être vraiment crédibles, et aux excès trop retenus pour être vraiment parodique. On ne s’ennuie pas, non, et on prend un certain plaisir à faire ce voyage à travers le désert US, d’autant plus que Kurt Russell fait ce qu’il sait parfaitement faire (le même courageux qui cache tant bien que mal un cœur gros comme ça), que Courteney Cox est très sexy (comme on ne l’a jamais vue, d’ailleurs), et que son fils dans le film n’est pas un gamin tête-à-claque. Mais on en sort en se demandant vaguement ce que Demian Lichtenstein (tombé dans l’oubli, depuis) a voulu faire exactement, et avec la certitude qu’il est passé à côté.

Dommage, parce que Kevin Costner, lui, est impressionnant, poussant son personnage de psychopathe jusqu’à l’excès. Sa performance est réjouissante, et suffit à tirer le film vers le haut. C’est en tout cas un OVNI dans sa filmographie, qui recèle des pépites autrement plus recommandables.

 

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