Play it again, Sam

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Archive pour le 10 mars, 2011

Tuer n’est pas jouer (I saw what you did) – de William Castle – 1965

Posté : 10 mars, 2011 @ 10:37 dans * Polars US (1960-1979), 1960-1969, CASTLE William | Pas de commentaires »

Tuer n'est pas jouer

L’idée de départ était pleine de promesses : deux gamines s’amusent à téléphoner à des gens au hasard en leur disant « j’ai vu ce que vous avez fait, et je sais qui vous êtes »… jusqu’à ce qu’elles tombent, sans s’en rendre compte, sur un homme qui vient de tuer sauvagement sa femme. Rajouter à ça que les deux jeunes filles sont seules dans une grande maison perdue au milieu de nulle part, et tout semblait réuni pour un beau moment de trouille réjouissant.

Mais très vite, on voit bien que le film ne tiendra pas ses promesses. Visuellement déjà, la réalisation de William Castle, à qui on doit le pas terrible La Nuit de tous les mystères, se révèle totalement inintéressante, avec des images d’une laideur assez marquante malgré des décors baignés dans une brume de studio. Au point que le film semble avoir été tourné avec les moyens (financiers et techniques) d’un téléfilm de l’époque.

Difficile dans ces conditions de rentrer pleinement dans le film. Mais on se dit que la présence de John Ireland et de Joan Crawford (dans l’un de ses derniers rôles) permettra de s’immerger pleinement. Là encore, déception : l’ancienne interprète de Mildred Pearce (un chef d’œuvre de Curtiz tourné tout juste vingt ans plus tôt) n’apparaît qu’après une vingtaine de minutes, pour disparaître une demi-heure plus tard. Et à 60 ans passés, Joan Crawford tient un rôle qui, visiblement, n’est pas fait pour elle.

C’est pourtant elle qui apporte le plus de profondeur à son personnage : tous les autres sont dénués de toute nuance. Y compris celui de John Ireland, assez impressionnant, mais dans un rôle de méchant presque caricatural. Son riche passé de bad guy de cinéma le rend toutefois assez crédible dans l’ignominie, et on l’imagine sans peine trucider les jeunes filles (qui l’auraient d’ailleurs bien mérité, après leurs blagues ridicules et cruelles au téléphone !).

La présence de Crawford et Ireland, cependant, dessert ce qui aurait pu être l’ancêtre des « slashers » des années 70 et 80 : le film aurait gagné à adopter le seul point de vue des deux adolescentes, au lieu de mettre en avant les deux anciennes gloires, dont les personnages auraient été plus inquiétants s’ils avaient gardé tout leur mystère.

Seules les vingt dernières minutes parviennent à relever le niveau. Castle se concentre alors sur ce qui aurait dû être le cœur du film : un pur suspense qui fiche vraiment la trouille. Il était temps…

The Lure of the Labrador (id.) – de Varick Frissell – 1926

Posté : 10 mars, 2011 @ 10:31 dans 1920-1929, COURTS MÉTRAGES, FILMS MUETS, FRISSELL Varick | Pas de commentaires »

The Lure of the Labrador

Entré dans l’histoire du cinéma pour avoir péri lors du tournage de The Viking, le premier film parlant de l’histoire du cinéma canadien, Varick Frissell était peut-être, avant même d’être un cinéaste de première importance, l’un des plus grands ambassadeurs du « Labrador », cette région sauvage du Canada célèbre pour ses forêts et ses étendues d’eau.

Ce court métrage tourné en 1926 n’a, cinématographiquement parlant, pas grand intérêt : il ressemble plutôt à un dépliant filmé pour la région, avec ses grands paysages, son contexte historique, ses habitants au mode de vie si éloigné du nôtre…

C’est assez intéressant, c’est vrai. Mais pas plus que de nombreux autres documentaires tournés à l’époque. Il manque un fil conducteur à ce court film, que le temps a par ailleurs un peu abîmé.

La Blonde et le Shérif (The Sheriff of Fractured Jaw) – de Raoul Walsh – 1958

Posté : 10 mars, 2011 @ 10:28 dans 1950-1959, WALSH Raoul, WESTERNS | Pas de commentaires »

La Blonde et le shérif

Ça sent la fin de carrière pour Raoul Walsh, qui n’a visiblement plus rien à prouver (il ne tournera plus que quatre films, jusqu’en 1964). Après quelques films très inspirés (en particulier le trop méconnu Bungalow pour femmes), le cinéaste signe là l’unique western parodique de sa carrière. Lui qui est pourtant l’un des plus grands spécialistes du « vrai » western, depuis plus de trente ans, ose aller jusqu’au bout de la parodie, et signe un OVNI cinématographique qui semble tout droit sorti de l’imagination de Gosciny (période Lucky Luke, of course).

On a donc un western avec tous les personnages incontournables du genre : les Indiens, les deux clans qui s’opposent, la tenancière de bar sexy et gouailleuse, le croque-mort à l’affût de son prochain client, les fines gâchettes prêtes à en découdre… Bref, tout ce qui a fait la gloire de l’Ouest encore sauvage depuis les premiers pas du cinéma. Sauf que le héros est une espèce de lord anglais flegmatique qui débarque dans l’Ouest américain persuadé que le bon sens et la discussion peuvent avoir raison de tous les conflits. Et là on se dit qu’il va vite déchanter, mais non.

Au cours de son voyage en diligence à travers les grandes étendues désertes, il est confronté à une attaque d’Indiens, dont il se sort en allant crânement serrer la main du chef belliqueux. Au point d’être adopté par la tribu, et de devenir une sore d’icône auprès de la population locale. Une icône qui ne tarde pas à être nommée shérif, et à séduire la tenancière du saloon, qui a les formes très, très généreuse de Jayne Mansfield.

On ne peut pas dire que le couple que la belle forme avec Kenneth More soit particulièrement convaincant, cela dit. Mais le fossé qui sépare la bombe bécasse et le falot british a un certain attrait, faut reconnaître.

Cela dit, la charge parodique est un brin lourdingue, d’autant que l’effet comique est lui plutôt limité. Ce qui fait qu’on s’intéresse peu à l’histoire, et qu’on se contente de sourire, alors qu’on aurait préféré se lâcher dans quelques éclats de rire. Heureusement, il y a le métier de Walsh, qui est quand même (l’ai-je déjà écrit dans ce blog ?) l’un des plus grands cinéastes de toute l’histoire du 7ème art. Ce métier qui, quel que soit le scénario, permet à Walsh d’éviter le ratage. La Blonde et le Shérif, réalisé par un autre, aurait sans doute été un nanar assez imbuvable. Sous l’œil unique mais génial de Walsh, il devient une comédie bancale, mais élégante, et au final plutôt séduisante.

 

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