Play it again, Sam

tout le cinéma que j’aime

Archive pour le 26 février, 2011

Australia (id.) – de Baz Luhrmann – 2008

Posté : 26 février, 2011 @ 1:38 dans 2000-2009, LUHRMANN Baz | Pas de commentaires »

Australia

On le sait depuis ses premiers pas derrière la caméra (Ballroom Dancing) : Baz Luhrmann est un cinéaste de l’excès, l’un des rares réalisateurs actuels à se revendiquer une vraie culture hollywoodienne, avec toutes les envolées lyriques, spectaculaires et romantiques que cela implique. Les adeptes l’ont suivi sur Romeo + Juliette (un bel exercice de style mais qui, d’après ce que je m’en souviens, me paraît avoir déjà pris un sacré coup de vieux), et ont été emballés par Moulin Rouge (un pur exercice de style assez enthousiasmant). Beaucoup, hélas, ont été déçu par Australia.

Je dis « hélas », parce que ce beau mélo sur fond historique, que n’aurait pas renié le Zanuck d’Autant en emporte le vent, est selon moi le plus réussi de tous ses films jusqu’à présent. Débarrassé du filtre shakespearien de son premier succès, et de celui de la comédie musicale de son précédent film, Luhrmann semble toucher ici à l’essence même de son art : une manière toute hollywoodienne de transcender une histoire d’amour assez classique par des envolées lyriques soudaines, et des images à couper le souffle.

L’intrigue elle-même n’a guère d’importance. D’ailleurs, la manière dont elle est introduite est ouvertement simpliste : cette histoire de troupeau qu’il faut convoyer au plus vite à travers une immense étendue est incroyable tant elle semble schématique. D’une certaine manière : qu’importe l’ivresse pourvu qu’on est le flacon… Ce qui emballe le film, c’est bien sa forme, ces images d’une beauté à couper le souffle, qui se succèdent sans la moindre baisse de rythme sur deux heures trente.

On pouvait craindre que Luhrmann ne tienne pas la distance. C’est tout le contraire : plus cette histoire d’amour impossible, et donc incontournable, entre une lady anglaise (Nicole Kidman) et un convoyeur australien (Hugh Jackman) se mêle inextricablement avec la grande histoire, celle de ce pays sur le point d’être rattrapé par la seconde guerre mondiale, plus on plonge au cœur de ce pays, sans doute fantasmé, mais dont Luhrman dévoile peu à peu les beautés a priori insoupçonnables. A tel point qu’on reprendrait bien une heure de plus de cette grande épopée qui ne manque pas de souffle.

Mais il faut un peu de temps pour rentrer dans cette histoire. Sans doute parce que, dans la première demi-heure, on se demande un peu si ce curieux air de famille avec le cinéma de Spielberg (période Indiana Jones et La Dernière Croisade) et celui de Leone (période Le Bon, la Brute et le Truand et Il était une fois dans l’Ouest) est un hasard, un hommage… ou un pillage. La manière-même dont le personnage de Hugh Jackman est introduit rappelle furieusement les premières apparitions d’Indiana Jones dans chacun de ses films, et l’acteur semble, par moments, imiter le jeu d’Eastwood.

Mais j’ai un bon fond : misons sur l’hommage…

D’ailleurs, Australia est bourré de références cinéphiliques. Le Magicien d’Oz et Autant en emporte le Vent en sont les modèles les plus évidents, mais le film semble être aussi un double négatif du Pearl Harbor de Michael Bay : les deux films sont basés sur une histoire très comparable. Mais là où le tâcheron Bay transforme une raclée historique en discours patriotique, Luhrmann se sert de l’histoire en marche pour transcender le destin de ses personnages. La différence entre les films ne s’arrête pas là, loin s’en faut.

Sans être un chef d’œuvre, Australia est le film d’un cinéaste pour qui le cinéma est un art avant tout visuel. Et ça, quitte à passer pour un vieux con, ça n’est franchement pas si courant aujourd’hui dans le cinéma hollywoodien.

The Great Library Misery (id.) – de Lloyd French – 1938

Posté : 26 février, 2011 @ 1:28 dans 1930-1939, COURTS MÉTRAGES, FRENCH Lloyd | Pas de commentaires »

The Great Library Misery

C’est un petit court métrage sans prétention, mais plutôt sympathique : l’histoire un peu kafkaïenne (mais traitée sur le mode humoristique) d’un homme qui veut emprunter un livre à la bibliothèque, mais qui se retrouve confronté à d’insoupçonnables écueils administratifs. Ce n’est évidemment pas très original, et le film ne fourmille pas de trouvailles comiques géniales, ça non. Mais Arthur Q. Bryan, acteur bonhomme dont la voix est plus célèbre que le nom ou le visage (il est passé à la postérité pour avoir donné sa voix à Elmer Fudd), rend son personnage très attachant.

L’histoire de cet homme à qui il faudra des mois de démarches absurdes pour obtenir une carte de bibliothèque qu’il perdra au bout de quelques secondes se suffit à elle-même. Mais le réalisateur Lloyd French l’intègre dans une autre histoire : celle d’un « club des grincheux » sans aucun intérêt, qui introduit et conclut ce court métrage.

The Social Network (id.) – de David Fincher – 2010

Posté : 26 février, 2011 @ 11:59 dans 2010-2019, FINCHER David | Pas de commentaires »

The Social Network (id.) - de David Fincher - 2010 dans 2010-2019 the-social-network

Il en a fait du chemin, Fincher, depuis Alien 3. Sans réelle faute de goût (bon, Panic Room, quand même…), le réalisateur de Seven n’a jamais cessé de brouiller les pistes, changeant continuellement de genre, souvent avec une inspiration qui semble sans bornes. Pourtant, il y a quelque chose de typiquement Fincherien dans chacun de ses films, un fil conducteur dont on a du mal à définir la teneur exacte, mais que l’on ressent intensément.

Avec The Social Network, un film qui n’a a priori rien à voir (mais alors rien du tout) avec l’enquête sans fin de Zodiac ou la vie à l’envers de Benjamin Button (ses deux précédents films), ce fil conducteur saute aux yeux. Il est double, en fait. D’un point de vue formel, le « style Fincher » est un mélange de plus en plus heureux au fil des films entre une virtuosité toute clipesque (Fincher a été découvert grâce à ses clips), et le classicisme le plus pur : film après film, Fincher se débarrasse des tics et boursouflures qui plombaient un peu Fight Club et Panic Room, et met totalement son style éblouissant au service de l’histoire.

Et puis il y a le vrai thème central de Social Network, qui pourrait être celui de tous les films de Fincher depuis Alien 3 : la solitude, immense, plombante, aliénante (mouais…) des personnages. A voir ce film consacré à la naissance de Facebook, histoire dont, a priori, je me contrefous totalement, cette solitude absolue saute aux yeux, et prend aux tripes, laissant un sentiment de malaise comme on en ressent que rarement au cinéma.

Le personnage principal, ici, c’est Mark Zuckerberg, le plus jeune milliardaire de l’histoire, le jeune étudiant de Harvard qui a créé Facebook il y a sept ans seulement, et qui a révolutionné les rapports humains, donnant une dimension inédite à la notion de vie privée, de respect de l’autre, et d’amitié. On comprend bien ce qui a attiré Fincher dans cette histoire : le paradoxe qui existe entre un réseau social dont les membres font la course aux « amis », affichant fièrement et sans retenue les photos et les moindres détails de la « vie sociale », et son créateur, sorte d’autiste brillant, incapable lui-même d’avoir une relation stable avec qui que ce soit, et qui finit par trahir de la manière la plus froide qui soit le seul ami qu’il ait jamais eu…

Mark Zuckerberg (à qui Jesse Eisenberg apporte toutes les nuances nécessaires) est-il un monstre calculateur et dénué de toute moralité ? Est-il simplement incapable de montrer ses sentiments ? Fincher ne tranche pas, et sème encore plus le trouble en laissant entendre sans erreur possible que l’argent n’est pas le moteur de Zuckerberg, pas plus maintenant qu’il est milliardaire que lorsqu’il était un étudiant sans le sou. Quel est donc le moteur de ce jeune homme sans allure, mais à l’intelligence impressionnante et dévorante ? La question hante le spectateur alors que le générique défile. Une chose est sûre : si Zuckerberg a gagné le pouvoir, il n’a fait que renforcer sa profonde solitude…

La construction du film est brillante. Des jumeaux à qui il aurait volé l’idée de Facebook, et son meilleur ami dont il s’est débarrassé un peu abusivement, réclament de grandes sommes d’argent à Zuckerberg, qui doit raconter les premiers mois de la création du site. Et les débuts sont pour le moins dégueulasses : à l’automne 2003, alors qu’il vient de se faire plaquer, Zuckerberg, pinté, se met à insulter son ex sur son blog, tout en créant une sorte de base de donnée incitant les étudiants à comparer et classer toutes les filles du campus. Le succès est immédiat, et sans précédent.

Fincher n’a apparemment pas un amour immodéré pour Facebook, dont il dévoile les coulisses sordides. Mais ce n’est pas ça qui l’intéresse : c’est ce tout jeune homme qui arrive au sommet du monde, sans y avoir vraiment rien gagné. La fin de l’histoire, bien sûr, reste à écrire.

• Curieux hasard : alors que j’écris ces lignes, Social Network décroche le César du meilleur film étranger. Fincher doit être rudement content, non ?

All Girl Revue (id.) – de Lloyd French – 1939

Posté : 26 février, 2011 @ 11:27 dans 1930-1939, COURTS MÉTRAGES, FRENCH Lloyd | Pas de commentaires »

All girl revue

Un petit court métrage musical comme on en faisait des dizaines à l’époque, et sans grand intérêt, si ce n’est celui de mettre en vedette une future star : June Allyson. La jeune femme est charmante et chante plutôt bien, mais ni les chansons, ni les chorégraphies ne sortent des sentiers battus. La troupe des Harrison Sisters (connue à l’époque, paraît-il) se contentent d’aligner les numéros, qu’on suit avec un regard amusé, mais pas vraiment passionné…
Le film a quand même une particularité : la distribution est totalement féminine. June Allyson y interprète une jeune femme nommée maire d’une grande ville pour une journée (bah oui, on veut bien être féministe, mais pas tous les jours, quand même), qui doit accueillir une célèbre chanteuse qui arrive en train. Rien de plus, rien de moins…

Ce n’est évidemment pas un hasard : All Girl Revue a été tourné la même année que Femmes, le magnifique long métrage de Georges Cukor avec, lui aussi, un casting 100% féminin. Et quel casting, celui-là !

 

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