Play it again, Sam

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Archive pour le 24 janvier, 2011

Un faux mouvements (One false move) – de Carl Franklin – 1990

Posté : 24 janvier, 2011 @ 11:45 dans * Thrillers US (1980-…), 1990-1999, FRANKLIN Carl | Pas de commentaires »

Un faux mouvement

La violence, dans Un faux mouvement, éclate froidement et cliniquement dans la première séquence, tournée d’une manière presque documentaire, avec un réalisme inhabituel. Le film n’est commencé que depuis quelques minutes qu’on est pris aux tripes, saisi par la cruauté et le terrible sang-froid des deux tueurs : l’exécution des six victimes est filmée sans pathos, sans s’appesantir, presque sans y prendre gare. Et cette froideur extrême glace le sang, parce qu’elle nous fait partager l’absence totale de valeur morale de ces deux ordures absolues…

On s’attendait à voir un film noir de plus, une variation sur un thème qui n’en finit pas d’être remis au goût du jour, notamment, à cette époque, par les frères Coen (Sang pour Sang…). Mais c’est quelque chose d’un peu différent que propose Carl Franklin : un thriller purement psychologique. Parce qu’après cette première séquence morbide, la violence se fait très discrète jusqu’à la conclusion du film. Franklin, par contre, instaure un climat de trouille qui ne quitte plus le spectateur. Une vraie trouille comme on en ressent peu au cinéma : pas basée sur le suspense ou sur la surprise, mais sur l’attente, sur la certitude que les destins que l’on suit en parallèle à l’écran sont amenés à se rencontrer, et que le résultat va être tragique.

Ces destins parallèles, ce sont ceux des bons et des méchants. D’un côté, les deux tueurs, qui traversent plusieurs états avec le butin minable de leur crime (15 000 dollars et pas mal de coke) ; de l’autre, le flic bouseux d’une petite ville paumée où les criminels sont attendus. Trait d’union entre eux tous : la petite amie du criminel interprété par Billy Bob Thornton (également auteur du scénario), présentée comme un témoin passif par tous les protagonistes, mais d’une complexité rare : au bord de la nausée après le sextuple meurtre du début, c’est elle, pourtant, qui dessoudera un patrouilleur froidement, d’une balle dans la tête. Mère indigne, junkie, tueuse de flic… ce personnage inoubliable joliment interprété par Cynda Williams (qu’on n’a pas vraiment revue depuis, hélas) est aussi étrangement le plus attachant de toute cette histoire.

Quant au flic bouseux, c’est Bill Paxton, dans un rôle taillé pour lui, à la fois touchant et un peu ridicule, excité à l’idée d’affronter enfin de vrais méchants, et admirateur des deux super-flics qui arrivent de L.A., et qui se moquent gentiment de ce type sincère, passionné, mais franchement ringard.

Pendant la plus grande partie du film, l’affrontement entre les bons et les méchants se fait à distance. L’explosion de violence se fait attendre, et on se dit que ça va être quelque chose, forcément. Mais ce n’est pas ce qui intéresse Franklin, qui expédie cet affrontement en quelques secondes à peine, là encore sans en rajouter. Le résultat est une fois de plus glaçant, d’autant plus que le générique de fin arrive quand on ne l’attend pas, et laisse un sentiment de malaise persistant.

En un film, Carl Franklin faisait son entrée dans la cour des très grands auteurs de films noirs, où la psychologie et l’atmosphère comptent infiniment plus que l’action et les rebondissements. Ça bouscule, et c’est rudement bon…

Pittsburgh / La Fièvre de l’or noir (Pittsburgh) – de Lewis Seiler – 1942

Posté : 24 janvier, 2011 @ 11:22 dans 1940-1949, DIETRICH Marlene, SEILER Lewis, WAYNE John | Pas de commentaires »

Pittsburgh

Encore un film qui serait tombé dans un oubli total sans le DVD, gloire soit rendu à ce support magique ! Pittsburgh n’est pas un de ces chef d’œuvre injustement oubliés, non : il y a là un nombre incalculable de facilités, de maladresses, de raccourcis, qui rendent le film un peu bancal. Mais ça reste une œuvre foncièrement sympathique, qui réunit un casting formidable : Marlene Dietrich, Randolph Scott et John Wayne dans un même film, ce serait dommage de passer à côté, avouez…

La Dietrich, aussi crédible en fille de mineur qu’Arnold Schwarzenegger en vendeur de lingerie sexy, est curieusement un peu en retrait dans ce film avant tout basé sur l’amitié de deux mineurs qui, pour l’amour d’une femme (devinez qui) décident de sortir de la mine où ils s’esquintent à longueur de journée pour un salaire misérable. Grâce à un culot sans borne, Pittsburgh (Wayne) et son ami Cash (Scott) ne tardent pas à grimper dans l’échelle sociale, devenant même les patrons de la mine où ils bossaient hier encore.

On s’y attendait, et ça ne manque pas d’arriver : les deux amis inséparables d’hier réagissent différemment face au succès, au pouvoir et à l’argent. Cash reste fidèle à ses idéaux, alors que Pittsburgh bafoue tout ce à quoi il s’était engagé lorsqu’il était pauvre. Il trahit la femme qu’il aime, il trahit son meilleur ami, il trahit celui qui a cru en lui, il trahit ceux qui comptaient sur lui… Il trahit même leur pote docteur, qui pensait utiliser le laboratoire de la mine pour trouver un remède contre des maladies très graves (ouais, là, c’est un peu lourdingue, faut reconnaître).

Tout ça finira bien mal pour Pittsburgh, qui manquera de tuer Josie (Marlene), se foutera sur la gueule avec Cash, et se mettra l’humanité entière sur le dos pour des années de purgatoire… Enfin, pas si mal, tout compte fait, parce qu’on est en 1942, que les Japonais ont bombardé Pearl Harbor, et que Hollywood participe activement à l’effort de guerre : cette histoire d’amitié contrariée, franchement attachante, est un peu plombée par le contexte historique et le message patriotique lourdement appuyé. La conclusion du film balaye tout ce qu’on a vu auparavant : peu importe les griefs personnels, peu importe les saloperies qu’on a pu faire dans le passé, le contexte historique mondial impose à tout le monde de s’unir et de travailler ensemble. C’était bien la peine de suivre ce trio amoureux pendant 90 minutes…

C’est dommage, parce que le trio Marlene Dietrich / Randolph Scott / John Wayne fonctionne parfaitement. L’amitié de ces deux types on ne peut plus virils fait plaisir à voir, et Duke est franchement génial. Depuis le temps que je le dis, qu’on sous-estime très largement les qualités d’acteur de Wayne. Il n’est pas seulement un mythe absolu, et il n’est pas bon que quand il est dirigé par Ford ou Hawks : même sous la direction d’un réalisateur aussi modeste que Lewis Seiler, il apporte une intensité et des nuances immenses à son personnage, riche et complexe. Même s’il partage le haut de l’affiche avec deux autres stars, c’est lui qui porte le film sur ses larges épaules, et qui lui donne son ton, tout du long. Ça aussi, c’est la marque d’un grand…

Juste Cause (Just Cause) – de Arne Glimcher – 1994

Posté : 24 janvier, 2011 @ 11:18 dans * Thrillers US (1980-…), 1990-1999, GLIMCHER Arne | Pas de commentaires »

Juste Cause

Sean Connery, Larry Fishburne, Ed Harris, Kate Capshaw, et une toute jeunette Scarlett Johansson (elle n’a que 11 ans)… Plutôt séduisant, le casting de ce thriller que je n’avais pas revu depuis sa sortie en salles (à l’époque, bien sûr, la p’tite Scarlett n’avait retenu l’attention de personne). Mais une fois qu’on a parlé du casting, on a dit l’essentiel. Produit par Connery lui-même, Juste Cause est le film d’une star vieillissante qui peine à trouver un dernier souffle (on dira ce qu’on voudra, il n’aurait rien perdu à arrêter sa carrière une dizaine d’années plus tôt, Sean).

On comprend bien ce qui a attiré l’acteur-producteur dans cette histoire d’un ancien avocat reconverti en conférencier farouche opposant à la peine de mort, qui accepte de reprendre du service pour défendre un jeune noir sur le point d’être exécuté pour le meurtre sauvage d’une petite fille. Persuadé de l’innocence du condamné, l’avocat se heurte à l’hostilité de la population et des flics de cette petite bourgade un peu plouc de Floride, où le traumatisme de ce meurtre est toujours vivace.

Le scénario évoque les grands films à thèse des années 70, en tout cas au début du film. Tout y passe : le racisme de l’Amérique profonde, l’inhumanité de la peine de mort, la justice expéditive… Et pendant un temps, c’est assez efficace et plaisant, même si le scénario accumule les facilités, et que les dialogues sont purement fonctionnels. Oubliez la psychologie des personnages, c’est l’histoire qui prime.

C’est bien le problème, d’autant plus qu’à trop vouloir éviter d’appuyer sur le message anti-peine de mort et anti-raciste, Arne Glimcher (jamais entendu parler, depuis ce film) et ses scénaristes finissent par se mordre la queue. Non seulement le thème initial perd tout son sens, mais le film se transforme en un thriller grand-guignol assez percutant (suffisamment, en tout cas, pour ne pas s’ennuyer), mais guère différent des productions qu’on voyait à la pelle au milieu des années 90.

Mais bon, je me sens d’humeur généreuse : Juste Cause mérite d’être vu, ne serait-ce que pour le face-à-face réussi entre Sean Connery et Laurence Fishburne. Oubliez les autres acteurs (surtout Ed Harris, qui en fait des tonnes dans un rôle à la Hannibal Lecter), c’est grâce à eux deux, et à eux deux seulement, qu’on prend un certain plaisir à voir ce petit film…

 

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