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Archive pour le 17 janvier, 2011

Le Renne blanc (Valkoinen peura) – de Erik Blomberg – 1952

Posté : 17 janvier, 2011 @ 7:03 dans 1950-1959, BLOMBERG Erik | Pas de commentaires »

Le Renne blanc

Voilà peut-être bien le premier film finlandais que j’ai l’occasion de voir. Et la découverte est pour le moins intéressant. Gros succès public et critique lors de sa sortie (le film a décroché un « prix international du film légendaire » au festival de Cannes), Le Renne blanc est un film séduisant et plutôt fascinant, basé sur une vieille légende lapone : l’histoire d’une jeune femme qui, après avoir sacrifié un jeune renne blanc sur l’autel du Dieu de pierre pour que son mari, chasseur de rennes, reste à ses côtés, se transforme elle-même en renne sauvage, qui vampe et tue les chasseurs un à un. Pas de surprise au niveau de l’histoire : on devine dès le début que le mari finira par tuer le renne ensorcelé, découvrant ainsi qu’il s’agit de sa bien-aimée, qui retrouve son vrai visage dans la mort…

Qu’importe l’histoire, finalement. Ce qui compte, et ce qui fascine, c’est la solitude qui transpire littéralement de la pellicule. Le réalisateur utilise merveilleusement les immenses étendues couvertes de neige, qu’il prend le temps de filmer longuement, avec d’interminables panoramiques qui rappellent continuellement que l’homme est bien fragile, au sein de cette nature omniprésente, et pas vraiment accueillante. Carrément oppressante, même, comme le suggèrent ces séquences étonnamment semblables, où l’on voit le renne blanc attirer les chasseurs les uns après les autres, au cœur d’une vallée encaissée… comme si la terre (la neige plutôt) s’apprêtait à les avaler.

Il y a bien quelques temps morts dans ce film, par ailleurs plutôt séduisant. Mais il y a surtout quelques moments magnifiques, comme cette longue scène où l’héroïne regarde son mari partir avec un troupeau de rennes, lui faisant de grands signes jusqu’à ce qu’il disparaisse derrière la ligne d’horizon. Et la ligne d’horizon, dans ces paysages immenses et désertiques, est très, très loin…

Comme ces gros plans aussi sur le visage inquiétant de Mirjami Kuosmanen (la femme du réalisateur), dont les contours prennent des intonations presque diaboliques lorsqu’il est caressé par la lumière vacillante des feux de camps. Les visages, d’ailleurs, sont particulièrement importants dans le film, gueules fascinantes marquées par le vent qui balaye la plaine neigeuse, et par la vie difficile dans ce petit village de chasseurs, perdu au milieu de nulle part.

Et puis il y a la musique, magnifique, signée Einar Endglund : un mélange de chants traditionnels et de sons à la fois mélodieux et légèrement stridants, qui souligne parfaitement la fascination qu’exercent les images.

The Skin Game (id.) – de Alfred Hitchcock – 1931

Posté : 17 janvier, 2011 @ 12:33 dans 1930-1939, HITCHCOCK Alfred | Pas de commentaires »

The Skin Game (id.) - de Alfred Hitchcock - 1931 dans 1930-1939 the-skin-game

C’est l’un des films les plus mal aimés de la riche filmo d’Hitchcock. Un gros succès à sa sortie, cela dit, mais que la postérité a transformé en ratage indigne des chef d’œuvre passés et à venir du génial Hitch. Je trouve ça franchement injustifié. Tiré, encore une fois, d’une pièce de théâtre, The Skin Game n’a effectivement pas grand-chose avec les chef d’œuvre que sont Blackmail ou Murder ! Le film leur est aussi nettement inférieur, certes, mais de ce drame un peut indigeste où s’entremêlent secrets de familles et conflits entre tradition et modernité, Hitchcock s’en tire avec les honneurs, signant un film certes inégal, mais jalonné par quelques très grands moments.

La scène de la vente aux enchères, succession magistrale et folle de plans de plus en plus serrés, fait partie de ces passages magiques, chef d’œuvre de mise en scène et de montage, qui peuplent tous les films hitchcockiens. Il y a aussi ce moment, insensé, où le corps sans vie d’une jeune femme est retiré d’un bassin, alors que les deux protagonistes principaux s’écharpent en ombres chinoises, à l’arrière plan. C’est un moment glaçant, d’une audace assez incroyable : Hitchcock ose montrer d’une manière totalement dépassionnée, avec une sorte d’indifférence générale, l’issue tragique du drame, pourtant redoutée depuis un moment.

Cette mort est pourtant d’autant plus tragique que c’est celle de l’unique personnage réellement sympathique du film. Parce qu’une nouvelle fois, Hitchcock prend un malin plaisir à prendre le contre-pied de ce que le spectateur attend. Dans les premières séquences, tout semblait pourtant très clair : la famille Hornblower, nouveaux riches industriels, représente le côté obscur de la force, prête à détruire la nature environnante pour permettre à ses usines de se construire. De l’autre côté, la famille Hillcrist représente les bonnes vieilles valeurs traditionnelles, grâce auxquelles ce couple de vieux villageois ne sera pas expulsé de la maison où ils vivent depuis si longtemps.

Sauf que ces certitudes ne tardent pas à voler en éclat. Si le vieux Hillcrist s’élève contre Hornblower le parvenu, ce n’est certainement pas pour ce petit couple de vieux (que le patriarche avait d’ailleurs totalement oublié lorsqu’ils réapparaissent à la fin du film, alors qu’ils sont à l’origine du conflit), mais pour sauvegarder la jolie vue qu’il a de son salon… Niveau altruisme, on fait mieux… C’est à qui sera le plus infâme, le plus vil.

Finalement, personne ne sort gagnant de ce jeu de massacre cynique et un brin dérangeant, mené avec inspiration par Hitchcock. Le réalisateur crée une tension permanente, échappant brillamment au piège du théâtre filmé : le film est vif, fluide, et échappe aux contraintes du décor unique… jusqu’à cette scène au cours de laquelle la mère Hillcrist, horrible mégère à baffer, met à genou le vieux Hornblower (joué par un Edmund Gwenn carrément génial, dont le jeu moderne tranche avec le niveau de l’époque). Après ça, bizarrement, le film perd toute sa tenue, comme si un vulgaire tâcheron avait remplacé Hitchcock.

Dans sa dernière partie, le film devient inutilement bavard, et étonnamment théâtral. C’est du pur théâtre filmé, guère plus inspiré (si ce n’est quelques plans) que des captations de théâtre. Bizarre et frustrant, après trois premiers quarts franchement réussis.

 

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