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Les Oiseaux (The Birds) – d’Alfred Hitchcock – 1963

Classé dans : 1960-1969,FANTASTIQUE/SF,HITCHCOCK Alfred — 12 janvier, 2011 @ 9:52

Les Oiseaux (The Birds) - d'Alfred Hitchcock - 1963 dans 1960-1969 Les%20Oiseaux_zpsp3peos4n

S’il y a un truc qu’on ne peut pas reprocher à Hitchcock, c’est de céder à la facilité, ou de se reposer sur ses lauriers. Après avoir traversé les Etats-Unis en technicolor dans La Mort aux trousses (un de ses plus grands chef d’œuvre), il a signé un thriller à petit budget et en noir et blanc avec Psychose (encore un grand film). Comment rebondir après ça ? Hitch change totalement de registre, avec ce qui sera son unique film pouvant être qualifié de « fantastique ». Et c’est, encore une fois, un immense film, qui fonctionne aussi bien dans les moments de terreur (vraiment terrifiants) que dans les passages plus intimes, passionnants.

Il faut quelques secondes à peine pour que l’atmosphère du film soit créée : une sorte de quiétude menacée, que symbolise joliment le minois souriant et mystérieux de ‘Tippi’ Hedren, en riche oisive peut-être pas si immature qu’elle le laisse croire. Dès la séquence de l’oisellerie, à San Francisco, la magie opère. La fluidité du rythme, la beauté des images, ça coule d’une manière fascinante, et on arrive dans un bien-être immense à Bodega Bay, ce petit port de pêche où l’on se sent si bien, paradis terrestre si proche, et pourtant si loin de la ruche de la grande ville. John Carpenter rendra d’ailleurs hommage au film en tournant son Fog dans les mêmes décors (et avec une héroïne hitchcockienne, la Janet Leigh de Psychose).

L’attaque soudaine de la mouette, au cœur de la baie, apparaît alors comme un subit coup de griffe sur un paysage sans ombre. Et les agressions qui suivront, de plus en plus violentes et impressionnantes, peuvent être vues comme une volonté des oiseaux de reprendre possession de ces lieux qui étaient à eux avant l’arrivée des humains. Le dernier plan, hallucinant, scellera leur victoire : après une série d’attaques sanglantes, ils seront des milliers à regarder les derniers humains quitter Bodega Bay.

Le film est parsemé de moments inoubliables, à l’image de ce dernier plan. Par exemple le passage où ‘Tippi’ Hedren attend la petite sœur de Rod Taylor (la petite Veronica Cartwright, qui s’en sortira tout aussi traumatisée, mais beaucoup plus morte, du film de Ridley Scott Alien) à la sortie de l’école, par exemple : le montage alterne les plans sur le visage de l’actrice, et d’autres sur une aire de jeux sur laquelle s’amassent un nombre de plus en plus important d’oiseaux. Ou les attaques terrifiantes sur des groupes d’enfants. Ou la découverte de la première victime, visage énucléé à peine entraperçu, mais inoubliable. Ou encore ce fameux plan aérien qui montre Bodega Bay rayé par une traîné de feu après l’explosion de la station service, alors que des mouettes semblent s’amuser du spectacle.

Comme toujours, Hitchcock accorde une attention folle aux plus petits des seconds rôles : le moindre d’entre eux prend une vraie dimension à l’écran.

Autre fait unique dans la carrière d’Hitchcock : c’est son seul film dans lequel ne figure pas la moindre note de musique. Après Psychose, c’est une manière pour Hitchcock de répondre à ceux (dont Bernard Herrmann lui-même) qui estimait que la scène de la douche devait tout à la musique. Ici, même si Herrmann a participé aux effets sonores, les images et le montage suffisent largement à provoquer l’effroi. Sans discussion possible.

Un commentaire »

  1. mariaque dit :

    Embarqué dans l’aviaire affaire pour décrocher une autorité que les USA lui refusent encore (pas un Oscar depuis 20 ans), le gros Zitch se lance avec une virtuosité comptable (on dénombre ici la quantité de plans, on additionne le moindre trucage) dans un exercice formel qui, s’il impacte volontiers, sonne aussi le glas du pépère: scénario discutable, symbolisme balourd (et déchiffré aux forceps), casting tiédasse (quel falot que Rod Taylor !)… les prochaines productions, entre grand film malade et chef d’oeuvre de mauvais goût londonien (à vous de remettre les titres !), ne redresseront jamais plus la barre.
    Restent des séquences ahurissantes, légendaires, un découpage de qualité (sauf peut-être le ridicule enchaînement des trois expressions de Tippi Hedren « tandis que l’allumette enflamme l’essence ») et une radicalité valable (et inédite chez Alfred) mais l’humeur du Maître (et ses vaniteuses velléités de reconnaissances !) saborde bien l’entreprise… aux trop grosses allures d’entreprise, justement !

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