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Invictus (id.) – de Clint Eastwood – 2009

Classé dans : 2000-2009,EASTWOOD Clint (réal.) — 13 août, 2010 @ 10:05

Invictus (id.) - de Clint Eastwood - 2009 dans 2000-2009 invictus

Comment Clint Eastwood a-t-il pu réussir ce film ? Il y a dans le scénario d’Invictus une telle envie de démontrer, une telle volonté d’édifier Mandela en figure presque christique, que le film aurait dû sombrer dans le panégyrique. Mais non. Eastwood n’a à ce point plus rien à prouver, à ce stade de sa carrière, qu’il se moque éperdument des figures imposées. Aux grandes scènes « historiques », aux grands discours, Eastwood préfère les moments en apparence plus anodins, sans grande importance dans le déroulement de l’histoire. C’est ce qui fait le sel de la plupart de ses films (c’est particulièrement frappant dans Jugé Coupable), et c’est bien le cas ici. Les plus belles séquences sont celles que d’autres auraient évacué en quelques secondes, à commencer par l’entraînement dans les bidonvilles, une longue séquence muette et baignée par le soleil, simplement magnifique. On sent que c’est ce genre de scènes, cette confrontation entre les noirs très pauvres et les blancs très privilégiés qui a inspiré Eastwood.

Pour autant, Clint ne filme pas les séquences de rugby par-dessus la jambe (comme il avait littéralement expédié celles de boxe dans Million Dollar Baby). Filmées à hauteur d’homme, ces scènes sont même particulièrement belles et réalistes. Pour peu, on sentirait la sueur. D’ailleurs, Invictus peut être considéré comme le premier vrai « film de sport » d’Eastwood, qui n’avait jamais témoigné d’un amour extrême pour ce sous-genre cinématographique. A une différence prêt : généralement, le sport permet à un personnage de se dépasser et de renaître meilleur. Ici, c’est tout un pays qui surmonte la honte et la haine grâce au rugby. La démonstration pourrait être édifiante, elle est constamment juste, grâce à l’infinie délicatesse du cinéaste Eastwood, qui se sort avec brio des scènes les plus imbuvables sur le papier : la complicité naissante entre un policier blanc visiblement peu tolérant et un petit garçon noir en marge de la finale ; le respect qui finit par s’installer entre les garde du corps de Mandela et ceux de De Klerk…

Beau et délicat, Invictus est à peine gâché par quelques écarts assez incompréhensibles d’Eastwood, tenté à deux reprises de créer un faux suspens qui n’a pas grand intérêt. Il n’y avait nul besoin de montrer cette camionnette menaçante, et encore moins ce pilote d’avion suspect, pour faire sentir que le pays est encore loin de la réconciliation, et que les tensions existent.

Pas de quoi bouder son plaisir, l’émotion est bien là, et jamais où on l’attend vraiment.

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