Play it again, Sam

tout le cinéma que j’aime

Halloween, la nuit des masques (Halloween) – de John Carpenter – 1978

Classé dans : 1970-1979,CARPENTER John,FANTASTIQUE/SF — 21 janvier, 2017 @ 8:00

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Le film qui pose les bases du slasher, sous-genre qui continue aujourd’hui encore à donner des avatars souvent tout pourris. Mais avec ce petit classique de l’angoisse, Carpenter frappe fort. Parce qu’il assume totalement le côté enfantin de cette peur qui ne repose que sur des fantasmes de gosses. Dans le genre, le cinéaste fera au moins aussi bien avec Fog, grand hommage aux histoires pour faire peur de son enfance. Avec Halloween, il signe déjà un modèle du genre, à la mise en scène d’une élégance folle.

Effrayant à l’extrême, le film repose pourtant sur une recette répétée à l’envi : Carpenter joue avec l’espace pour créer la peur. Il filme un ou deux personnages derrière lesquels le tueur apparaît soudain en arrière-plan à de multiples occasions, toujours sur le même mode. Mais même lorsque l’effet de surprise est passé, l’efficacité reste extrême.

Mais le meilleur dans ce film, c’est la manière dont Carpenter filme ces interminables allées de quartiers résidentiels. Ces paysages urbains, on les a vus des centaines de fois dans le cinéma américain, décor habituel et sans surprise d’une certaine classe moyenne. Mais jamais filmée comme ça, avec ces sublimes travellings à la fois extrêmement élégants, et qui créent une angoisse lancinante.

Le jeu n’est ouvertement pas naturaliste. Donald Pleasance, dans le rôle du « lanceur d’alerte », en fait des tonnes, mais fascine par cette outrance. Et les personnages de jeunes, victimes potentielles du tueur, ne sont que des stéréotypes que Carpenter ne semble pas vraiment prendre au sérieux. Pas plus les rôles secondaires que celui, central, joué par Jamie Lee Curtis, qui dans l’affrontement final multiplie les conneries, lâchant systématiquement le poignard à côté du « corps » du tueur, ou lui tournant le dos !!

Il y a un second degré réjouissant dans cette manière de jouer avec la peur. Ou plutôt un regard enfantin, comme celui qui ouvre le film, nous glissant dans la peau d’un Michael Myers enfant et déjà furieusement dérangé, le temps d’une séquence en caméra subjective. Carpenter se moque du réalisme. Son art est entièrement tourné vers le plaisir de la peur. Pas un hasard si l’action se déroule le jour et la nuit d’Halloween, lorsque la peur devient un divertissement national.

Au passage, Carpenter s’autorise un clin d’œil à The Thing, la production de Hawks que les personnages regardent à la télévision, et dont il signera lui-même un remake mémorable quelques années plus tard.

La Ville enchaînée (The Captive City) – de Robert Wise – 1952

Classé dans : * Films noirs (1935-1959),1950-1959,WISE Robert — 20 janvier, 2017 @ 8:00

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Avec The Set-up puis Odds against tomorrow, Robert Wise a signé des chefs d’œuvre du film noir, totalement ancrés dans une réalité sociale d’un réalisme poignant. The Captive City s’inscrit clairement dans cette lignée. Mais pas avec la même réussite, même si le film commence plutôt très bien.

Toute la première partie est passionnante, avec un récit parfaitement mené qui permet d’oublier l’esthétique très télévisuelle, avec ce noir et blanc lisse et sans aspérité, loin du grain fascinant de The Set-up.

Le film est même enthousiasmant lorsqu’il suit le héros interprété par John Forsythe, rédacteur en chef d’un journal local, entre ses reportages et les rotatives où il met la dernière main aux articles déjà prêts sur les plaques de plomb (oui, c’est une autre époque).

Surtout, ce début introduit un ton plein de promesses : en enquêtant sur la mort d’un homme, le journaliste découvre peu à peu la corruption qui règne dans la ville. Et en même temps, c’est toute la vie qu’il s’est construite dans cette ville dont il est devenu un membre éminent, qui est remise en cause.

Ces certitudes qui se fissurent, cette vie parfaite qui vole en éclat… Cela aurait pu donner lieu à un grand film tragique, ambigu et paranoïaque. Et par moments, c’est vrai que le film annonce les grands films parano qui auront la côte vingt ans plus tard. Mais cette belle idée n’est pas totalement exploitée, et le film se résume au final à un efficace thriller.

Efficace, mais plombé par deux personnes: John Forsythe d’abord, acteur à peu près aussi expressif qu’un bol de rillettes; et le sénateur anti-corruption Kefauver, qui apparaît dans son propre rôle pour conclure le film par un édifiant plaidoyer contre le jeu et les gangsters. Histoire de plomber totalement le thriller.

Columbo : Le Livre témoin (Columbo : Murder by the book) – de Steven Spielberg – 1971

Classé dans : * Polars US (1960-1979),1970-1979,SPIELBERG Steven,TÉLÉVISION — 19 janvier, 2017 @ 8:00

Columbo : Le Livre témoin (Columbo : Murder by the book) – de Steven Spielberg - 1971 dans * Polars US (1960-1979) Columbo%20Le%20Livre%20tmoin_zpsixh3geb9

On pourrait essayer de voir des signes, tenter de détecter le génie du futur réalisateur de Duel ou Jaws, se dire que, quand même, le jeune Spielberg a fait sien l’univers de Columbo. On pourrait. On aurait d’ailleurs toutes les raisons de le faire : ce premier “vrai” épisode de la série (après un téléfilm réalisé en 1967 et un pilote officiel réalisé par un autre), est mené sans la moindre baisse de régime, et réserve un suspense remarquable.

Mais il s’agit bien d’un film de commande pour Spielberg, réalisateur plein de promesses qui a encore tout à démontrer. Et son talent est entièrement au service d’une machine hyper-efficace et déjà bien rodée. Le montage, la musique, l’interprétation suave de Jack Cassidy, et bien sûr le scénario qui réserve la première demi-heure à la mécanique d’un meurtre que le célèbre inspecteur devra décortiquer par la suite… Reconnaissons que rien n’annonce l’univers de Spielberg dans ce bon épisode d’une série très datée 70s mais toujours fort sympathique.

Finalement, le fait que Spielberg, dans ses débuts, ait apporté sa pierre à cet édifice, est surtout l’occasion de renouer avec cette série culte qui a bercé l’enfance de plus d’une génération.

Charlie et la chocolaterie (Charlie and the chocolate factory) – de Tim Burton – 2005

Classé dans : 2000-2009,BURTON Tim,FANTASTIQUE/SF — 18 janvier, 2017 @ 8:00

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Remettons dans le contexte : c’est avec ce film, plus encore qu’avec sa douteuse Planète des Singes ou son trop sage Big Fish, que j’ai décroché pour de bon de l’univers burtonien. Et même si la suite a réservé quelques belles surprises (à commencer par le délicieusement glauque Sweeney Todd), la passion des premiers temps, celles d’Edward aux mains d’argent ou Batman le défi, était passée pour de bon.

Charlie et la chocolaterie est bien un Burton de l’entre-deux : le symbole le plus évident du passage entre son passé si singulier, et un avenir marqué par un cinéma mainstream parfois écœurant. Bref, cette adaptation d’un classique jeunesse de Roald Dahl propose un grand écart assez vertigineux entre une première partie qui évoque l’univers féérique morbide des débuts, et une suite qui ouvre la porte aux guimauves du genre Alice au pays des merveilles.

Il y a un certain charme dans cette visite de la chocolaterie, pleine de trouvailles visuelles et comiques gentiment irrespectueuses qui sont autant de leçons de vie . On peut aussi prendre un vrai plaisir à cette visite ponctuée de chansons cyniques et décalées. Et puis on peut aussi trouver que la première partie, glaciale et bleue nuit, est la plus typiquement burtonienne. La plus belle et la plus passionnante, mais aussi la moins surprenante, le signe peut-être que l’univers de Burton n’est pas extensible à l’infini.

Les Suffragettes (Suffragette) – de Sarah Gavron – 2015

Classé dans : 2010-2019,GAVRON Sarah — 17 janvier, 2017 @ 8:00

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J’aurais aimé aimer ce film, hommage au combat et au sacrifice de ces femmes qui, dans les années 1910, se sont battues pour obtenir le droit de vote en Angleterre.

Sarah Gavron prend son sujet au sérieux, et signe une belle reconstitution historique, pour un récit parfaitement mené, qui n’oublie rien des grands épisodes de cette lutte : le rôle de la leadeuse Emmeline Pankhurst (Meryl Streep, dont la courte apparition repose entièrement sur le prestige qui se dégage d’elle), le drame du Derby…

Le personnage principal de cette jeune blanchisseuse abîmée par la vie est touchant, et Carey Mulligan est parfaite dans le rôle, comme l’est Helena Bonham Carter dans celui plus secondaire d’une militante engagée depuis longtemps, ainsi que toutes les autres interprètes de ces personnages de femmes.

Le gros problème, c’est que ces personnages de femmes semblent n’être que d’un bloc. Pas la moindre aspérité, pas le moindre trouble. Leur combat est beau, juste et tragique. Leur vie est dramatique, et elles sont clairement des victimes. Bref, on devrait être bouleversé par leur sort, par le poids de leur sacrifice. Mais elles sont tellement tournées vers les autres, tellement courageuses, tellement lisses en un mot, qu’elles en deviennent abstraites, et que l’émotion ne vient jamais vraiment.

D’ailleurs, et c’est un comble dans ce film : les seuls personnages vraiment intéressants sont celui du mari d’Helena Bonham-Carter, homme totalement effacé qui révèle peu à peu une personnalité plus forte qu’il ne le laissait paraître. Celui de Carey Mulligan, mari doux et aimant qui se laisse dominer par le poids des convenances. Et surtout le flic incarné par Brendan Gleeson, masse impitoyable qui laisse finalement transparaître une fêlure et un doute dans ses yeux froids. Des personnages d’hommes, donc.

Hélas, les personnages de femmes n’ont pas ce petit quelque chose qui sème le trouble. Et Sarah Gavron a beau y mettre du cœur et de la conviction (on ne lui enlèvera pas ça), son film est trop poli, trop attendu aussi. Mais quand elle se laisse aller à la pire forme de mélodrame avec cette scène où l’enfant est enlevé à la mère, avec d’interminables gros plans inutiles et racoleurs, là on ne lui pardonne plus, surtout que même là, l’émotion reste à la porte.

L’honnêteté me pousse quand même à tempérer mon jugement. Ma femme, elle, a été bouleversée et a versé des torrents de larmes. Peut-être n’ai-je plus de cœur…

Le Carrefour de la mort (Kiss of Death) – de Henri Hathaway – 1947

Classé dans : * Films de gangsters,* Films noirs (1935-1959),1940-1949,HATHAWAY Henry — 16 janvier, 2017 @ 2:00

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On ne retient souvent du film que la prestation hallucinée de Richard Widmark, dont c’est le premier film, et cette scène où, avec un sourire sadique, il balance une infirme attachée sur son fauteuil roulant du haut d’un escalier.

C’est vrai qu’elle est traumatisante cette scène, sommet inégalable de sadisme qui continue à garder toute sa puissance horrifique. Widmark y est glaçant, sa présence habitant constamment le film. On en oublierait presque que son rôle, certes central pour l’histoire, n’en est pas moins secondaire. Que sa prestation est tout de même un peu outrancière (il en fait des tonnes, et fera preuve de beaucoup plus de nuances dans ses grands rôles à venir.

On en oublierait presque, aussi, que Victor Mature tient le rôle principal, et qu’il est, lui, d’une sobriété et d’une intensité remarquables. L’acteur est alors dans sa grande période : celle de La Poursuite infernale et La Proie, deux chefs d’œuvre , deux grands rôles particulièrement riches. Comme celui-ci, magnifique repenti qui cherche désespérément le droit à une deuxième chance.

Hathaway signe là un formidable thriller psychologique, tenu de bout en bout, et avec quelques grands moments de pur suspense qui reposent essentiellement sur la manière exceptionnelle qu’a le cinéaste de jouer avec le temps, de le dilater, et de faire durer les moments d’attente : cette nuit interminable et oppressante dans la petite maison qui a soudain perdu le caractère rassurant qu’elle avait peu avant ; et l’extraordinaire séquence finale, modèle de mise en scène.

La Maison des Otages (Desperate Hours) – de William Wyler – 1955

Classé dans : * Films noirs (1935-1959),1950-1959,BOGART Humphrey,WYLER William — 23 décembre, 2016 @ 8:00

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Un Wyler mineur, un Bogart mineur… Bref, on n’est pas dans les sommets du film noir, avec cette histoire de gangsters qui prennent en otage une honnête famille de la classe moyenne américaine, histoire dont Michael Cimino tournera un remake fidèle et inattendu trente-cinq ans plus tard. Dans le genre, et sur un thème similaire, on est quand même très loin de l’atmosphère étouffante et oppressante de Key Largo

Plutôt efficace, cela dit, avec un rythme qui ne baisse jamais. Mais outre l’esthétique trop proprette, sans aspérité, on regrette surtout l’absence de complexité des personnages, quels qu’ils soient. La famille d’otage est attachante, mais elle semble trop parfaite. Cimino lui-même en sera visiblement conscient, puisqu’il en fera une famille en crise sur le point d’éclater. Ce qui n’est pas du tout le cas ici.

Même linéarité pour Humphrey Bogart, qui interprète ici l’un de ces grands méchants tout d’un bloc qu’il enchaînait avant High Sierra (où son « méchant » était autrement plus complexe). Un pur salaud, sans la moindre ombre d’humanité. Ah si, quand même : une lueur fugitive lorsque son petit frère se fait la malle. Là, pour quelques instants, la carapace se fissure. Avant de se refermer aussi sec.

Ce petit frère pourrait être plus intéressant, mais il reste constamment en retrait, en tout cas jusqu’à sa fin, grotesque et magnifique. Le personnage du flic joué par l’excellent Arthur Keneddy aussi était plein de promesses : un détective intègre plongé au cœur d’une police bouffée par la connerie et le cynisme. La charge, d’ailleurs, est franchement lourdingue, dans la dernière partie, où le film se transforme tardivement en un plaidoyer contre les violences policières.

Le meilleur reste quand même les face-à-face entre le trio de gangsters et la famille, dans cette grande maison où tout semble tourner autour du hall d’entrée, comme si la vie se focalisait sur cette porte dissimulant le monde extérieur. Desperate Hours est alors un huis-clos efficace et passionnant. Et la fin est particulièrement réussie, Wyler opérant habilement un renversement du rapport de force entre ce père qui abandonne sa passivité, et ce bad guy qui perd inexorablement de sa superbe. Jusqu’à un final formidablement pathétique.

Un lion dans les rues (A Lion in the streets) – de Raoul Walsh – 1953

Classé dans : 1950-1959,CAGNEY James,WALSH Raoul — 22 décembre, 2016 @ 8:00

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Les premières séquences ne trompent pas : c’est une bluette joyeuse et légère que nous offre Walsh avec cette curiosité, reconstitution en studios d’un Sud pauvre mais optimiste et chantant, où l’entraide et la solidarité sont omniprésents. A l’image de James Cagney, colporteur sans le sou qui séduit au premier regard une belle institutrice (Anne Francis) qu’il épouse aussi sec, et qui accepte avec le sourire de partager sa vie dans une masure où se croisent tous les paysans miséreux et leur chaleur exceptionnelle.

Une pure comédie hollywoodienne, donc. Vraiment ? A peine le couple est-il marié qu’un détail nous chiffonne : une simple phrase prononcée par un James Cagney plus entreprenant et plus chaleureux que jamais. Surpris par l’émotion de sa jeune épouse, qui trouve ses nouveaux amis merveilleux, il a cette réponse : « Tout le monde est merveilleux. Il suffit de savoir appuyer au bon endroit. C’est comme des instruments de musique, le tout est de savoir en jouer… »

Une réplique qui dérange dans cet optimisme béat, et qui sème les germes d’un trouble qui ne fera que croître. James Cagney n’est pas un salaud. C’est un homme plein d’amour et de conviction. Plein d’ambition aussi, et c’est l’ascension de cet homme que raconte le film. L’ascension d’un homme qui utilise l’exceptionnel don qu’il a de communiquer sa passion, d’entraîner les foules derrière lui.

Bien sûr, il va se perdre en route. Mais le film de Walsh va au-delà de ce thème assez classique de l’homme qui perd son âme sur le chemin de la réussite. En recréant en studio cet univers trop parfait, en faisant de son « héros » un tribun qui rassemble les foules et se fonde une sorte de culte sur le terreau de la religion, très présente, il signe mine de rien une critique d’une cruauté inattendue d’une certaine société américaine.

Les notions de religion, d’ambition politique et de sectarisme se mélangent. Avec son extraordinaire sens du récit, et avec une poignée de comédiens formidables (dont l’indispensable John McIntire) Walsh crée de toutes pièces un monde de rêve pour mieux en démonter les rouages, jusqu’à un final déchirant. Voilà une rareté à redécouvrir.

Thunder road (id.) – d’Arthur Ripley – 1958

Classé dans : * Films noirs (1935-1959),1950-1959,MITCHUM Robert,RIPLEY Arthur D. — 21 décembre, 2016 @ 8:00

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Même s’il n’est pas totalement abouti, il y a une belle ambition et une atmosphère vraiment originale dans ce drôle de film noir, ultime réalisation d’un cinéaste qui n’aura signé qu’une poignée de longs métrages (dont le pas terrible L’Evadée). Celui-ci, d’ailleurs, est parfois attribué en partie à Robert Mitchum, star, producteur, auteur de l’histoire originale et co-auteur de la chanson principale.

L’acteur s’offre un rôle assez différent de son emploi habituel dans le genre : un chauffeur, ou plutôt un transporteur, chargé d’amener à bon port l’alcool fabriqué clandestinement par son père, et par ses aïeux depuis des générations. Un « métier » à hauts risques, dont il s’est promis de garder à bonne distance son petit frère, joué par… le fils de Mitchum.

Le fils de Mitchum qui interprète le frère de Mitchum ? A priori, il faut reconnaître que ça colle plutôt bien : ces deux-là ont clairement un air de famille, et la différence d’âge est évidente mais pas flagrante au point d’imposer le saut d’une génération. N’empêche : le simple fait de savoir qu’ils ne sont pas frères, mais père et fils, crée un sentiment bizarre qui pèse un peu sur leurs nombreuses scènes communes.

Cette curiosité mise à part, il y a une belle atmosphère dans ce film qui oscille constamment entre le film de genre et la peinture sociale d’une vallée oubliée par le progrès, dont les habitants cherchent à retenir les vieilles habitudes, contre l’irruption violente de l’ordre et de la modernité.

Ripley n’est pas un immense cinéaste, et tout n’est pas parfait dans son film. Les scènes de jour sont ainsi, pour la plupart, assez plates et molles. Mais dès que la nuit se fait à l’écran, il se produit une sorte de miracle. Comme si l’obscurité ôtait toute contrainte au réalisateur, qui s’autorise alors des pauses fascinantes et magnifiques.

Une série de gros plans à la lueur d’un feu lors d’un conciliabule sous haute tension. Un face-à-face romantique et lourd de présages lors d’une soirée pluvieuse. L’ultime regard de deux frères qui se savent à l’heure des adieux. Ou la vision lointaine d’une lente cohorte de voitures dont on ne voit que les phares allumées, et dont on sait qu’elles transportent ce qui reste de l’être aimé… Inégal et parfois maladroit, Thunder Road est surtout habité par ce genre de scènes belles et mélancoliques.

Le Maître du Monde / Tobor le grand (Tobor the Great) – de Lee Sholem – 1954

Classé dans : 1950-1959,FANTASTIQUE/SF,SHOLEM Lee — 20 décembre, 2016 @ 5:47

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Dans la grande série des nanars inspirés par la conquête de l’espace, celui-ci ferait presque figure de chef d’œuvre. Il se regarde en tout cas avec un vrai petit plaisir, peut-être parce qu’il privilégie un aspect feuilletonant au simple spectacle de SF : beaucoup de ces innombrables films tournés à cette époque sont largement centrés sur les effets spéciaux ou la découverte de l’espace ou de planètes inconnues, autant d’aspects qui ont généralement pris un sacré coup de vieux.

On ne ressent quasiment jamais cette impression dans Tobor the Great, qui reste constamment les pieds sur terre. D’ailleurs, la conquête de l’espace n’est finalement qu’un prétexte, assez rapidement évacué. L’intrigue, même si elle tourne autour d’un robot humanoïde conçu pour remplacer les hommes dans des vols habités, relève plus du suspense d’espionnage de la pure SF. Visiblement plus inspiré par la première partie de La Femme sur la Lune que par ses épisodes lunaires.

Soyons clair : on est à des années lumière du chef d’oeuvre de Fritz Lang. Lee Sholem n’a ni le sens du rythme, ni le génie esthétique du grand Lang. Mais son film garde constamment une certaine simplicité, une humilité qui le rend plutôt très sympathique. Et les personnages, assez consensuels et sans grande surprise, sont franchement attachants, à commencer par le gamin, personnage central dont la relation avec son scientifique de grand-père est l’un des meilleurs atouts du film.

Ça et le robot lui-même, grand truc de métal à qui le réalisateur cherche constamment à donner des expressions. Le résultat n’est pas toujours très convaincant, mais il a le mérite d’être rigolo. A ne pas prendre trop au sérieux, mais à ne pas mépriser non plus…

* Le film est le fleuron du nouveau coffret « Prestique » d’Artus Films baptisé « La guerre des robots », qui réunit quatre films des années 50 et 60 dans un très beau coffret avec livret, joliment illustré. Au programme également : Creation of the Humanoids, Objectif Terre et Cyborg 2087.

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