Play it again, Sam

tout le cinéma que j’aime

Liberté-Oléron – de Bruno Podalydès – 2001

Classé dans : 2000-2009,PODALYDES Bruno — 27 septembre, 2016 @ 8:00

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« Mais qu’ils sont cons ! » Tout l’univers des Podalydès est dans cette séquence où, agacé par les avaries à répétition du bateau de ses rêves, le père de famille se met à insulter ses fils. On l’aime, ce père si normal, et si touchant dans son envie d’aller au bout de ses rêves. Mais il est odieux aussi, capable des pires horreurs avec ceux qu’il aime, jusqu’à frôler la tragédie.

C’est donc un film de vacances, mais à la mode Podalydès : tendre, cruel, drôle et cynique, tout cela dans un même mouvement irrésistible. On rit, beaucoup. Mais la gêne n’est jamais très loin, parce qu’il y a dans ce portrait d’une famille qui passe l’été dans une maison de vacances à Oléron une sorte de condensé de toutes les vies qu’on n’a pas et qu’on aurait aimé avoir.

Les rêves, d’ailleurs, sont omniprésents. Bruno Podalydès les filme tour à tour : ceux du père, de la mère, et des trois enfants. Forcément, chacun a ses propres envies, et va (ou pas) vivre ses rêves dans ce film d’été. Et ces rêves omniprésents soulignent constamment l’incommunicabilité de cette famille qui semble si unie, et qui l’est vraiment d’une certaine manière.

Mais y a-t-il une place pour l’épanouissement personnel de chacun au sein d’une communauté aussi restreinte qu’une famille ? C’est la question que semblent poser les frères Podalydès. La réponse est loin d’être évidente.

Charade (id.) – de Stanley Donen – 1963

Classé dans : * Espionnage,1960-1969,DONEN Stanley — 26 septembre, 2016 @ 8:00

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C’est le dernier grand film de Cary Grant, qui prendra sa retraite des plateaux trois ans plus tard, après une poignée d’ultimes apparitions plus dispensables. A presque 60 ans, il a pourtant encore une classe folle, et son ironie et son humour à froid n’ont absolument rien perdu de leur puissance comique. Au bras de l’enamouré Audrey Hepburn, qu’il ne cesse de traiter comme la gamine qu’elle est, il est absolument irrésistible.

Alors oui, si le film est aussi formidable, ce n’est pas pour cette histoire d’espionnage totalement improbable, hommage quasi-parodique à La Mort aux trousses (que Cary Grant a tourné quatre ans plus tôt) et clin d’œil amusé aux James Bond alors en vogue (les toutes premières images ne trompent pas), mais pour ce couple de cinéma complètement magique.

Dès leur première rencontre, la magie opère entre ces deux-là. Et le dialogue qui se noue entre eux, vif et drôle, rappelle clairement le Grant hawksien des années 30 et 40. Tout le film est comme ça : une sorte d’hommage léger et amoureux à l’immense carrière de Cary Grant. Des (presque) adieux parfaits et uniques dans l’histoire du cinéma.

Les méchants sont réjouissants mais limite idiots (James Coburn, George Kennedy, Walter Matthau), la violence a un aspect très cartoon selon lequel rien n’est à prendre vraiment au sérieux, le film enchaîne les fausses pistes et les rebondissements souvent téléphonés. Mais tout ça n’a aucune importance : seul compte le couple Audrey-Cary, les yeux de biche de la première et les soupirs conquis du second.

Charlot fait du golf (???) – de Charles Chaplin – 1917 (?)

Classé dans : 1895-1919,CHAPLIN Charles,COURTS MÉTRAGES,FILMS MUETS — 25 septembre, 2016 @ 8:00

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Ne cherchez pas dans les filmographies officielles : Charlot fait du golf n’existe pas. Cette rareté d’à peine trois minutes a été découverte dans les archives de la famille, sans que l’on sache à quoi ces images étaient destinées, ni même quand elles ont été tournées. Seule certitude : elles datent d’avant fin 1917. Outre Chaplin, le film met en effet en scène Albert Austin et Eric Campbell, et ce dernier est mort dans un accident de voiture le 20 décembre de cette année-là.

Les images qui nous sont parvenues se limitent en fait à deux scènes sur un terrain de golf : dans la première, Charlot assiste moqueur aux efforts malheureux de Campbell pour taper dans sa balle ; la seconde étant une variation sur le même thème, Austin ayant cette fois pris la place du souffre-douleur de Charlot.

Peut-être Chaplin cherchait-il l’inspiration sur ce terrain de golf… Il ne semble pas l’avoir trouvée : son vagabond se contente de quelques mimiques bien rodées, mais sans génie ni passion. Éternel perfectionniste, on peut imaginer que Chaplin s’est rendu compte qu’il n’allait nulle part avec cette ébauche de film, et qu’il est passé à autre chose. Reste une vraie curiosité, forcément indispensable pour tous les amoureux de Chaplin.

House of Cards, saison 2 (House of Cards, season 2) – série créée par Beau Willimon – 2014

House of Cards, saison 2 (House of Cards, season 2) - série créée par Beau Willimon - 2014 dans 2010-2019 House%20of%20Cards%20saison%202_zps1pj7ymyp

Après une première saison hautement addictive, on attendait cette suite avec un rien d’incertitude. Frank Underwood étant arrivé à ses fins, la série pouvait-elle tenir le rythme ? La réponse est oui. Et côté rythme, on est servi. Trop sans doute, dans le premier tiers de cette saison 2, qui frôle le trop-plein à plusieurs reprises.

On savait le héros prêt à tout pour obtenir ce qu’il veut, on le savait prêt à tuer même. Mais de là à arriver à cette séquence sur le quai du métro (pas de spoiler, non)… Certes, cette scène coupe le souffle et laisse le spectateur ahuri, mais quand même, n’est-ce pas un peu too much ?

Plus encore que dans la première saison, la série multiplie les petites intrigues, et laisse pas mal de cadavres sur le bord de la route, au sens propre comme au sens figuré. Et comme dans la première saison, la série tourne entièrement autour de ce machiavélique jeu de massacre orchestré par le couple Underwood, plus glaçant que jamais, lancé dans une « partie » à moitié improvisée aux rebondissements incessants.

Et comme dans la première saison, toujours, la série fascine et dérange parce que, malgré tout, ils sont AUSSI attachants, les Underwood. Horribles, dangereux, mesquins, foncièrement mauvais, mais attachants. Un petit miracle que permet la fiction, et le talent de scénaristes et de réalisateurs qui continuent un quasi sans-faute, et qui nous balance constamment d’une émotion à l’autre, entre jouissance et écœurement.

Et, toujours, ce superbe générique qui plante à lui seul l’atmosphère d’une série d’une richesse incomparable. Et cette fois, on ne se demande même plus si la saison 3 saura être aussi addictive…

Armored Car Robbery (id.) – de Richard Fleischer – 1950

Classé dans : * Films noirs (1935-1959),1950-1959,FLEISCHER Richard — 23 septembre, 2016 @ 8:00

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En à peine plus d’une heure, Fleischer signe un modèle de polar, dans la lignée de ce mini-genre dont il fut l’un des maîtres avec Anthony Mann, très loin des codes du « film noir » tel qu’on le représente souvent : un polar sec et réaliste, qui évite toute représentation héroïque ou romantique du flic ou du bad guy. Une sorte de cinéma vérité avant l’heure… et avec style.

L’histoire est simple : un braquage de camion blindé qui se termine dans le sang, l’enquête besogneuse de policiers déterminés, et la cavale des braqueurs… C’est simple, et ça a été vu mille fois. Mais tout repose sur la manière dont Fleischer filme ça : en faisant bien garde d’éviter tout sentiment d’extraordinaire.

Le flic a le charisme et la carrure de Charles McGraw (figure incontournable du genre alors, que ce soit chez Mann ou Fleischer qui le retrouvera pour L’Enigme du Chicago Express), mais son enquête n’a de spectaculaire que sa conclusion. Pour y arriver, le fillm souligne les interminables surveillances, les coups de pouce du destin, et surtout cette approche quasi-scientifique déjà avec l’étude minutieuse des scènes de crime, rarement montrée à l’écran à cette époque.

Côté méchants aussi, la banalité est de mise, avec un William Talman présenté dans les premières scènes comme une légende du braquage, et qui finalement doit faire avec ses propres bourdes et imperfections, et avec ses mauvaises décisions aux conséquences définitives…

Bien sûr, comme beaucoup de films de cette mouvance quasi-documentaire, la police en sort grandie, et le réalisateur appuie sur le dévouement sans faille de ces hommes qui sacrifient tout. Mais sans angélisme, et sans en faire des surhommes pour autant.

Mais c’est avant tout un vrai film de genre, pas une ode à la police et à son dévouement quotidien. Fleischer signe ainsi quelques séquences réellement mémorables : celle du braque notamment, mais aussi celle quasi-muette de l’entrepôt, chef d’oeuvre de construction et de suspense.

Un petit film, par le budget et par le métrage, mais du grand cinéma.

Le Pionnier de l’Espace (First Man into Space) – de Robert Day – 1959

Classé dans : 1950-1959,DAY Robert,FANTASTIQUE/SF — 22 septembre, 2016 @ 8:00

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Il y a deux parties dans cette toute petite production british très fauchée. La première est un film de SF réalisé sans grand talent et au premier degré autour de la conquête de l’espace : les militaires multiplient les essais à risque pour tenter d’envoyer le premier homme hors de l’atmosphère.

Passons sur le fait que tout ça paraisse bien démodé et n’ait plus l’impact que cela a pu avoir au moment de la sortie. Mais même à l’époque, la mise en scène sans inspiration de Robert Day et les innombrables plans fixes d’acteurs plantés devant de pseudos appareils de communication devait laisser de marbre…

Il manque clairement de l’énergie à cette histoire particulièrement statique et sans relief. Une impression que la rivalité entre deux frères (l’un pilote, l’autre commande du sol) ne change en rien…

Heureusement, il y a la seconde partie : le retour sur terre du module, la disparition de son pilote, et les morts violentes mystérieuses qui s’en suivent. Cette dernière demi-heure, soyons honnête, n’est pas réalisée avec plus de talent que la première partie. Mais le film vire alors vers le fantastique horrifique cheap et rigolo, et Day semble y être un peu moins à l’étroit.

La première apparition du « monstre » est ainsi plutôt réussie : ce plan ne dévoilant qu’une ombre menaçante projetée sur le mur est sans doute le plus beau du film. Et puis le monstre apparaît vraiment, de plus en plus clairement. Et le côté kitsch du maquillage finit par emporter l’adhésion. Le Pionnier de l’Espace a sans doute été produit sans ironie. Mais si on le prend au troisième ou quatrième degré, on a toutes les chances d’y prendre un vrai plaisir coupable !

* Artus Films consacre un bien bel objet au film : l’une de ces éditions collectors que l’éditeur sort régulièrement autour des nombreux sous-genres du cinéma européen qu’il aborde. Le film lui-même n’a fait visiblement l’objet d’aucune restauration, et la qualité de l’image est loin d’être irréprochable. Mais il figure dans un beau coffret DVD contenant un petit livre écrit par Alain Petit, spécialiste du genre qui présente également une analyse filmée en bonus, et richement illustré.

Les Flèches brûlées (Flaming Feather) – de Ray Enright – 1952

Classé dans : 1950-1959,ENRIGHT Ray,WESTERNS — 21 septembre, 2016 @ 8:00

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OK, Ray Enright n’est pas le plus grand cinéaste du monde, et les scènes en creux manquent parfois de rythme. OK, malgré toutes les fausses pistes que le scénario cherche à semer, on devine dès qu’on le voit l’identité du grand méchant. OK, Victor Jory, dans le rôle du méchant donc, n’a pas le charisme qu’il faudrait.

N’empêche, il y a de bien beaux moments et de bien belles idées dans ce western porté par un Sterling Hayden formidable en fermier lancé dans une quête obstinée, à la recherche du bandit masqué qui, accompagné d’une bande d’Indiens, a tué son ami et détruit son exploitation. Il y a notamment quelques scènes d’action remarquablement tendues, comme ce gunfight dans un saloon aussi bref que brutal, qui dégage une violence sèche impressionnante.

De la même manière, l’affrontement entre la cavalerie et les Indiens en terrain découvert est un grand moment de bruit et de fureur. Tout n’est pas de ce niveau, c’est vrai, et il y a comme un air de déjà vu dans la dernière séquence d’action, l’assaut d’une sorte de village troglodyte perché dans les montagnes (et je ne parle pas des bagarres où les acteurs sont remplacés par des doublures qui ne font pas même mine de se dissimuler). Mais côté action, Flaming Feather s’en tire largement avec les honneurs.

Autre bon point : les deux rôles féminins, en particulier celui de Carolina, interprété par Arleen Whelan, qui réussit constamment à semer le trouble sur un personnage tantôt détestable, tantôt touchant. La douce Barbara Rush est moins surprenante, mais représente un contrepoint parfait à la piquante Arleen.

Enfin, la relation de méfiance et de respect, et le défi que se lancent les soldats de la cavalerie d’un côté (menés par Forrest Tucker), et le justicier solitaire de l’autre (Sterling Hayden) offrent une sorte de fil conducteur plein de dérision et assez réjouissant.

Bien de quoi oublier la fadeur de certaines séquences et le rythme inégal, dans cette petite production d’à peine 1h15 bourrée de rebondissements et de belles idées.

Extrême Préjudice (Extreme Prejudice) – de Walter Hill – 1987

Classé dans : * Thrillers US (1980-…),1980-1989,HILL Walter,WESTERNS — 20 septembre, 2016 @ 8:00

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Sa filmographie le prouve, du Gang des frères James à Wild Bill, Walter Hill aime le western. Avec Extrême Préjudice, il aurait mieux fait de se cantonner au cœur de son sujet, à savoir un western contemporain qui reprend un thème incontournable du genre : celui des frères ennemis, qui ont chacun choisi un côté de la loi, et dont le différent doit finir par un duel.

Ici, les frères ennemis ne sont pas vraiment frères, mais amis d’enfance. Qu’importe. Nick Nolte, dans le rôle du shérif, et Powers Boothe, dans celui du proche qui a mal tourné, nous offrent un face-à-face formidable qui renoue avec la sécheresse et l’honnêteté des grands westerns d’antan. Dans cette partie-là, Hill tient toutes ses promesses : celui d’un film d’action décomplexé, une série B brutale et réjouissante.

La scène post-générique renvoie ainsi d’emblée aux grands classiques du genre, Rio Bravo en tête, le shérif cherchant son homme dans un bar (un saloon) rempli de clients hostiles. La fusillade qui suit donne le ton : Extrême Préjudice n’est pas un pop-corn movie typique des années 80, mais un film hard boiled au premier degré assumé. Tant mieux.

Sauf qu’avant le générique, il y a eu une autre scène d’introduction, nettement moins convaincante et pour tout dire assez crispante : la présentation d’un groupe de soldats laissés pour morts des années plus tôt, et en fait bien vivants, dont on ne sait pas trop quel est le rôle. On le saura plus tard dans le film, et pour tout dire, malgré la présence dans cette équipe de Michael Ironside, Clancy Brown ou William Forsythe (autant de gueules qu’on aime bien), on s’en fichera un peu.

Non seulement cette séquence, avec son montage impossible, renvoie aux pires nanars de la décennie (du genre Portés Disparus), mais elle est portée par une musique horripilante, signée pourtant Jerry Goldsmith. Sa partition reste l’un des points faibles de cette série B. Elle reste fort heureusement très discrète la plupart du temps, et ne gâche pas le plaisir simple et brutal que l’on prend à voir Nick Nolte aussi raide et inflexible que l’étaient John Wayne, Randolph Scott ou Gary Cooper.

Désirs humains (Human Desire) – de Fritz Lang – 1954

Classé dans : * Films noirs (1935-1959),1950-1959,LANG Fritz — 19 septembre, 2016 @ 8:00

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Dix ans après La Rue rouge, remake de La Chienne, Lang « refait » un autre film de Jean Renoir avec cette nouvelle adaptation de La Bête humaine, de Zola. Dès la séquence d’ouverture, identique à celle de Renoir, il est frappant de voir à quel point les deux films sont à la fois semblables et assez radicalement différents.

Semblables, parce que l’histoire est la même, la construction du récit ne différent que sur quelques détails. Différents, parce que malgré tout, les deux films ont une atmosphère qui leur est propre. Human Desire s’inscrit ainsi clairement dans la filmographie de Lang de ce milieu des années 50, visuellement dépouillé et d’une grande précision, assez loin du romantisme poétique du cinéma français des années 30 ou même de l’influence encore manifeste de l’expressionnisme dans ses films des années 40.

Un détail qui n’en est pas un change également la donne: Lang adapte son récit à son époque, comme Renoir l’avait d’ailleurs fait par rapport au roman de Zola. Finies les vieilles locomotives à vapeur ; le cadre de ce film-ci est plus propre, moins bruyant, moins « malade » en quelque sorte. Le personnage principal, joué par Glenn Ford (déjà à l’affiche du précédent film de Lang, Règlement de comptes), revient par ailleurs de la guerre de Corée, ce qui justifiera la manipulation dont il sera la victime presque consentante…

La pathologie de Gabin, ses accès de violence… Tout cela a disparu de la version Lang, qui s’intéresse moins aux troubles des personnages, au cœur du film de Renoir, qu’à la mécanique qui pousse au crime. Un thème purement langien, et qui est aussi un vrai sujet de film noir, ce que Human Desire est clairement. Mais un grand film noir, qui captive et surprend (en prenant quelques libertés avec le récit originel), grâce à l’extraordinaire fluidité de la narration, grâce aussi à une interprétation exceptionnelle.

Glenn Ford est parfait, avec un jeu sans esbroufe, presque effacé par moments. Mais c’est surtout le couple si improbable formé par Gloria Grahame et Broderick Crawford qui fascine, passant de la tendresse la plus touchante à la plus grande cruauté. Ce sont eux, au final, qui sèment le trouble.

Racket (The Racket) – de John Cromwell – 1951

Classé dans : * Films noirs (1935-1959),1950-1959,CROMWELL John,MITCHUM Robert,RYAN Robert — 18 septembre, 2016 @ 8:00

Racket (The Racket) - de John Cromwell - 1951 dans * Films noirs (1935-1959) Racket_zpsxhh9nodd

Il y a de bien belles idées dans ce noir méconnu. En vrac : un attentat contre la famille d’un flic qui n’est pas sans évoquer le Règlement de comptes de Fritz Lang (tourné deux ans plus tard), une course poursuite haletante qui se termine sur le toit d’un parking, un homme de loi véreux pour qui les notions de bien et de mal se décident aux intérêts qu’il peut en titrer, ou encore un jeune flic droit et courageux qui volerait presque la vedette au vrai héros du film.

Ce héros pourtant, c’est Bob Mitchum, impeccable en policier incorruptible. On peut le préférer en anti-héros victime du destin, rôle qu’il a tenu dans une quantité de films noirs plus mémorables encore que celui-ci, mais il y a toujours chez Mitchum ce petit quelque chose quasi-imperceptible qui fait de chacune de ses scènes un pur moment de cinéma, même si lui paraît ne rien faire pour cela.

Pour revenir au jeune flic, second rôle joliment dessiné, c’est clairement l’une des belles surprises du film. Surtout qu’il est joué par William Talman, tellement marqué par son rôle de tueur psychopathe à l’œil mort du Voyage de la Peur (qu’il tournera lui aussi deux ans plus tard) que ses premières scènes sèment le trouble. A tort bien sûr : Talman est ici un vrai chevalier blanc, brave et tragique.

Autre bon choix de casting : le toujours formidable Robert Ryan. Et autant Mitchum et Talman sont de vrais gentils, autant Ryan est ici une pure ordure, qui règle ses comptes et ses problèmes à coups de flingues grâce à son armée de tueurs. Ce n’est pas pour autant un méchant totalement monolithique. Il y a même un petit côté pathétique qui serait presque touchant (j’ai dit « presque »), dans ce personnage de caïd déjà dépassé par un crime organisé qui se modernise et se complexifie en misant plus sur la politique que sur la violence.

Il manque sans doute à Racket un liant, une fluidité qu’aurait sans doute donné un scénario moins bavard (les dix premières minutes sont un peu lourdes) et un réalisateur plus intense que John Cromwell, plus connu pour ses bluettes ou ses films lacrymaux (on lui doit l’une des versions du Petit Lord Fauntleroy, en 1936) que pour ses films noirs. Etonnamment à l’aise dans les scènes d’action et de suspense, il peine à donner corps à ce polar en pays corrompu.

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