Play it again, Sam

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Josey Wales, hors-la-loi (The Outlaw Josey Wales) – de Clint Eastwood – 1976

Classé dans : 1970-1979,EASTWOOD Clint (acteur),EASTWOOD Clint (réal.),WESTERNS — 28 août, 2015 @ 4:47

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Avec son premier western en tant que réalisateur (L’Homme des hautes plaines, deux ans plus tôt), Clint Eastwood imposait un ton singulier dans le genre, tout en s’inscrivant dans la mouvance de Sergio Leone. Avec ce Josey Wales, qu’il a décidé au dernier moment de réaliser lui-même (virant ainsi Philip Kaufman, pour « divergence de point de vue »), Eastwood confirme la singularité de son regard, se démarque totalement de l’influence leonienne, et filme une œuvre à la fois respectueuse (voire même amoureuse) du genre, et totalement atypique.

Si on doit chercher une filiation, on la trouverait d’avantage du côté du Ford des Raisins de la colère : un cinéma de mouvement où le poids de l’histoire est un moteur, où la société « organisée » est une menace, et où le héros avance en se créant son propre environnement, son propre foyer. D’une histoire de vengance, Eastwood tire un film sur une renaissance, et la constitution d’une nouvelle patrie.

Le massacre de sa famille par les francs tireurs nordistes plonge le paisible fermier Josey Wales au coeur de la guerre de Sécession, et coïncide pour lui avec la disparition du Sud qu’il a toujours connu. La réconciliation ayant tourné au bain de sang, Josey Wales comprend avant tout le monde qu’il ne peut compter que sur lui-même pour reconstruire quelque chose.

Cette reconstruction passe par des rencontres, violentes ou insolites, et par la construction d’une communauté. Et comme souvent dans son œuvre (Honkytonk Man, Bronco Billy…), cette communauté est forcément foutraque : un vieil Indien incapable de suivre une piste, une grand-mère acariâtre, une jeune fille un peu demeurée, une squaw indésirable car trop facile, et un indispensable bâtard, souffre-douleur privilégié de notre héros.

Josey Wales est aussi un grand film d’action, pleine de grandes scènes de fusillades mémorables. Une sorte de variation mure, apaisée et humaine sur le thème du Bon, la brute et le truand, avec cette traversée d’un pays rongé par la violence. Un premier chef d’œuvre westernien pour le futur réalisateur de Impitoyable.

Quelques jours avec moi – de Claude Sautet – 1988

Classé dans : 1980-1989,SAUTET Claude — 28 août, 2015 @ 4:42

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Avant Un Cœur en hiver, Daniel Auteuil trouvait déjà chez Sautet un personnage d’handicapé du sentiment. Avec une différence de taille, toutefois : cette maladie-là repose sur le manque, la frustration, l’étouffement de son environnement. La maladie qui l’a envoyé en hôpital psy lorsque le film commence viendrait même de l’inhumanité de son milieu : héritier de la riche propriétaire d’une chaîne de supermarchés, il ne connaît que les calculs et les mesquineries de son entourage…

Un autiste incapable de sentiment? C’est tout le contraire. Et la petite bourgeoisie de province dans laquelle il va se retrouver dans le cadre d’une tournée d’inspection de magasins va s’en rendre compte… Et ne pas en sortir indemne.

Quelques jours avec moi est une œuvre à part dans la filmo de Sautet, qui laisse libre cours à un sens inattendu de la fantaisie. La première moitié, surtout, est totalement réjouissante : cette confrontation entre le petit héritier coincé-du-cul (c’est comme ça qu’il est perçu avec une certaine condescendance) le patron du supermarché, joué avec délectation par un Jean-Pierre Marielle au sommet de sa démesure, avec la « bonne » Sandrine Bonnaire en catalyseur de ce mélange explosif.

Cette fantaisie trouve son paroxysme lors d’une soirée absurde qui confronte cette bourgeoisie provinciale à ses pires travers et à ce qu’elle a plus grotesque. De quoi faire passer le cinéma de Chabrol pour une aimable évocation des moeurs bourgeoises de leur époque…

La deuxième moitié est un peu foutraque et moins convaincante. Mais il y a le regard ironique de Daniel Auteuil, la ronde hypocrisie de Jean-Pierre Marielle, et la liberté tout sauf dupe de Sandrine Bonnaire, qui font partie de leurs meilleures prestations, et qui font de ce film un voyage original, doux amer, et au final très cruel et mémorable.

Vice-versa (Inside Out) – de Pete Docter – 2015

Classé dans : 2010-2019,DESSINS ANIMÉS,DOCTER Peter — 28 août, 2015 @ 4:39

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La joie, la tristesse, la peur, la colère et le dégoût ne sont pas de simples sentiments abstraits : ce sont des petits personnages présents dans la tête de chacun d’entre nous, et qui font leur possible pour tirer le meilleur de nous… C’est le parti-pris original et culotté du nouveau Pixar-Disney, parti-pris qui confirme l’ambition et le talent de ses créateurs.

La rupture assez radicale avec les grands classiques Disney d’autrefois, aussi, qui faisaient de l’enfance la valeur refuge, et de Peter Pan le symbole le plus fort du géant de l’animation. En faisant de leur personnage principal une fillette en pleine crise d’adolescence, les auteurs de Vice-versa abordent un sujet fort : la fin de l’enfance, et la disparition de l’insouciance et d’une certaine innocence.

Les plus jeunes des spectateurs retiendront surtout l’humour décapant et les péripéties pleine de suspenses des « héros », dans la tête de cette néo-ado. Dans sa forme d’ailleurs, ce dessin animé n’a rien de révolutionnaire, reprenant une imagerie et des ressors très classiques dans l’animation : des personnages amusants au premier degré, et un mélange d’humour et d’émotion très primaire. Rien de bien original sur ce point, donc…

Mais sur le fond, il se révèle d’une intelligence assez impressionnante, rendant palpables et déchirants les tourments enfantins les plus classiques, le poids des premiers traumatismes de la vie. Ce moment, en gros, où la tristesse devient un élément aussi important à la construction d’une personne que la joie… C’est tout le sujet du film. Et les parents que nous sommes auront bien une fois ou deux le cœur serré en découvrant la pureté de l’enfance se frotter devant nos yeux aux réalités de la vie.

Ange en exil (Angel in exile) – d’Allan Dwan et Philip Ford – 1948

Classé dans : 1940-1949,DWAN Allan,FORD Philip,POLARS - FILMS NOIRS,WESTERNS — 21 août, 2015 @ 4:39

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Ce petit film sans grand moyen a, a priori, tout du nanar à prendre au troisième degrés. Et c’est vrai que ce village mexicain qui semble tout droit sorti d’un rêve à la Brigadoon, où tout n’est que bonté et amour, et dont le médecin joué par l’excellent Thomas Gomez est l’être le plus charitable du monde (et de tous les temps), pourrait au mieux faire sourire…

Mais ce serait sans compter avec le talent de Dwan, cinéaste généreux dont l’honnêteté et le formidable savoir-faire sont capables de faire passer à peu près n’importe quelle situation. Si bien qu’on y croit, à ces personnages improbables. Et qu’on l’attend, cette rédemption promise au gangster (joué par John Carroll, comme toujours irréprochable mais un peu falot) qui se réfugie dans les montagnes pour échapper à ses anciens complices et à la police.

Philip Ford, le neveu de John (le fils de Francis, donc), est crédité au générique comme co-réalisateur. Il semble toutefois qu’il n’ait réalisé qu’une poignée de scènes, remplaçant Dwan au pied levé durant quelques jours. Le film porte en tout cas bien la marque du futur réalisateur de The River’s Edge, autre très beau film fauché sur un thème similaire (le gangster confronté à un environnement naturel qu’il ne maîtrise pas).

Sur ce thème, d’ailleurs, on jurerait que Cimino s’est inspiré de Angel in exile, lorsqu’il a écrit son Canardeur. Même si le film de Dwan affiche un romantisme et une innocence bien à lui, on y retrouve les mêmes ressors dramatiques (les deux tandems de gangsters et la recherche du magot), et la même exhaltation de la nature.

Un coeur en hiver – de Claude Sautet – 1992

Classé dans : 1990-1999,SAUTET Claude — 21 août, 2015 @ 4:35

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C’est l’un des plus beaux films de Sautet. L’un des plus opaques, aussi, parce qu’entièrement basé sur un personnage fermé aux autres et à la vie. Daniel Auteuil, dans l’un des rôles de sa vie, fascinant en homme qui s’évertue systématiquement à rester « en dehors ».

Promis à une grande carrière de violoniste, il préfère rester dans l’ombre des musiciens dont il répare les instruments. Génial dans son métier, il s’efface derrière son patron (André Dussolier) qui le protège dans la lumière. Un éternel spectateur incapable d’entrer pleinement dans la vie, et qui en est pleinement conscient… et content.

Cet homme à la fois tragique et séduisant, touchant et détestable, ne ressent rien, ou si peu. Son patron-associé le considère comme son meilleur ami? Lui le laisse penser, mais ne voit dans leur relation qu’une association utile et efficace. Et quand la belle et grande violoniste Emmanuelle Béart tombe amoureuse de lui, on se dit qu’il va vibrer. Quand même, elle est sublime et sensuelle, et pleine de vie…

Du portrait d’un homme froid jusqu’à la cruauté, et austère jusqu’à l’excès, Sautet tire un film chaud, vibrant, et plein de vie. La prestation d’Emmanuelle Béart n’y est pas étrangère, contrepoint parfait de cet homme qui prend tout, mais refuse tout en même temps. Entre ces deux-là, pourtant aux antipodes, il y a une sorte d’évidence : celle de tous les très grands couples de cinéma.

Retour vers le futur 2 (Back to the future, part 2) – de Robert Zemeckis – 1989

Classé dans : 1980-1989,FANTASTIQUE - SF,ZEMECKIS Robert — 21 août, 2015 @ 4:31

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Toujours aussi réjouissante, cette suite au scénario assez génial. Tourné quatre ans après, le film prolonge pourtant directement le premier, avec une séquence pivot (celle de la DeLorean qui s’envole) qui a dû être retournée, Elisabeth Shue ayant remplacé Claudia Wells dans le rôle de Jennifer.

Contrairement au film de 1985, plus linéaire, celui-ci joue à fond sur les possibilités du voyage dans le temps, multipliant les allers-retours, les époques, les paradoxes temporaires, et les périodes alternatives. Avec bien quelques facilités, voire une grosse impossibilité : après « l’emprunt » de la machine par le vieux Biff, le retour aurait dû se faire dans le futur alternatif, Marty et Doc auraient donc dû se retrouver coincé. Vous suivez ? Bof, qu’importe… Tout le plaisir de ce deuxième opus repose sur cette impression de mouvement perpétuel, et sur le bordel créé par les voyages de nos héros.

Après 1955, cap donc sur 2015. Amusant, donc, de découvrir cette année vue par les scénariste d’il y a vingt-cinq ans. Forcément, cette partie, certes cultissime, accuse son âge, et le décalage avec le vrai 2015. Pas tant par rapport aux looks ou aux quelques innovations (assez rares finalement, à part la voiture volante, le manteau auto-séchant ou la pizza déshydratée) que par rapport aux quelques effets spéciaux « futuristes », comme ce croquignolet requin en 3D.

Mais comme dans le premier film, cette suite privilégie largement les personnages aux effets spéciaux, assez anecdotiques. Et puis cette nostalgie des années 80 qu’il met en scène n’est pas si loin de la réalité. N’empêche, c’est lorsque nos personnages se retrouvent une nouvelle fois propulsée en 1955, durant l’action du premier film, que Retour vers le Futur 2 devient réellement brillant, et unique en son genre.

Là, Zemeckis et ses scénaristes poussent à fond la logique ludique de la série, et l’art de l’auto-citation. Tout en reproduisant un suspense aussi réussi que dans le premier film, cette suite s’imbrique directement dans l’action du film de 1985, le danger étant de remettre en cause ce que les personnages avaient accompli auparavant. Un brillantissime jeu de chassé-croisé complexe, jouissif, et parfaitement maîtrisé.

* Voir aussi Retour vers le futur et Retour vers le futur 3.

Le Furet – de Raymond Leboursier – 1949

Classé dans : 1940-1949,LEBOURSIER Raymond,POLARS - FILMS NOIRS — 17 août, 2015 @ 11:11

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Un seul être vous manque… Deux mêmes, dans cette nouvelle adaptation d’un roman de S.A. Steeman, sans Clouzot (scénariste du Dernier des Six et réalisateur de L’Assassin habite au 21), et sans Pierre Fresnay, qui cède le rôle du commissaire Wens à Pierre Jourdan, si transparent qu’il est condamné à jouer les quasi-figurants.

Raymond Leboursier, qui co-signe l’adaptation avec Steeman lui-même, n’a clairement pas le talent de Clouzot. Et le voir s’attaquer à un polar somme toute très semblable sur le papier à L’Assassin… souligne paradoxalement l’importance de ce dernier dans la réussite des précédents films.

De l’humour et du plaisir intense de la série des Wens, il ne reste que quelques répliques un peu trop appuyées de Wens (« Pourquoi on ne vous a pas vu descendre de l’avion ? – Je suis descendu avant l’arrêt de l’appareil »), et quelques seconds rôles hauts en couleurs : Jean Tissier qui en fait des tonnes en aspirant Immortel, et surtout Pierre Larquey dans un registre qu’il connaît par cœur. Comme par hasard deux des « assassins » de Clouzot.

Le Furet est une succession de moments vraiment plaisants. Mais il se résume la plupart du temps à cela : les meurtres s’enchaînent, sans lien apparant entre eux si ce n’est ces lettres anonymes d’un certain « furet » qui les annonce à la police. Mais il faut attendre près d’une heure avant que ces différents crimes cessent d’être des sketchs indépendants pour s’inscrire dans un ensemble machiavélique… et pas vraiment passionnant.

Larquey s’amuse comme un fou à jouer les voyants derrière sa boule. Les policiers (à l’exception de Wens bien sûr) tombent dans le panneau. Nous ? On reste sur le côté de la route, en se disant que Clouzot, c’est quand même très bien…

Hacker (Blackhat) – de Michael Mann – 2015

Classé dans : 2010-2019,MANN Michael,POLARS - FILMS NOIRS — 17 août, 2015 @ 11:06

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Cinéaste viscéral, Michael Mann fait un cinéma qui ne ressemble à aucun autre. A la fois d’un autre temps avec ses personnages melvilliens pour qui l’honneur est la principale valeur, et profondément ancré dans son époque avec ses parti-pris esthétiques : l’utilisation de la HD notamment, dont Mann reste le maître inégalé.

Jusqu’à présent, tradition et modernité étaient clairement dissociées : le fond pour l’une, la forme pour l’autre. Avec Blackhat, plongée au cœur de la cybercriminalité, Mann confronte réellement ces deux aspects pour la première fois. La modernité la plus pointue est au cœur de son intrigue, mais le cinéaste reste fidèle à son type de personnage, et aux relations qu’il affectionne : ses deux « héros » sont un flic (chinois) et un hacker (américain) que l’on sort de prison pour aider les forces de l’ordre à mettre la main sur un cyberterroriste.

Le plus beau dans ce film, c’est lorsque Mann fait ce qu’il sait le mieux faire. Une simple scène de retrouvailles entre le flic et le voyou, et l’on sent tout le poids et l’émotion que le réalisateur donne à ces affinités qui dépassent les frontières et les lois. Le thème central des meilleurs films de Mann.

Et puis il y a une poignée de fusillades comme lui seul sait en trousser : ces explosions de violence qui nous scotchent sur notre fauteuil et qu’on regarde le souffle coupé. De Heat à Public Enemies en passant par Collateral ou Miami Vice, papy Mann a signé les séquences les plus inoubliables de ces dernières années, dans le genre. L’hallucinante scène du tunnel et celle, traumatisante, dans la nuit de Hong Kong, sont de ce niveau.

Ces moments de « pur Mann » suffisent largement à mon bonheur. Ne comptez donc pas sur moi pour faire la fine bouche et reconnaître que, lorsqu’il tente de filmer l’hyper connexion et le parcours des informations numériques à travers le monde, Mann tombe dans le cliché le plus ringard. Ni pour souligner que ses acteurs n’ont, cette fois, pas la présence de ses plus grandes « incarnations », de Tom Cruise à Colin Farrell en passant par De Niro.

* Le blue ray est le support idéal pour la HD chère à Mann. Edité chez Universal.

L’Inhumaine – de Marcel L’Herbier – 1923

Classé dans : 1920-1929,FILMS MUETS,L'HERBIER Marcel — 17 août, 2015 @ 11:00

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Il y a deux, trois (voire plus encore) films en un dans cette très étrange Inhumaine signée par un L’Herbier désireux d’expérimenter et de se frotter à la modernité.

Etranges : les décors à l’architecture très art-déco, qui ont pris un sacré coup de vieux, mais qui participent pleinement au parti-pris esthétique assez radical. Avec de belles idées, fascinantes, comme ces serviteurs flanqués de masques souriants et anonymes qui les privent de toute existence propre.

Etranges aussi : les ruptures de ton et les changements radicaux de rythmes adoptés par un cinéaste visiblement plus intéressé par les possibilités narratives du cinéma que par la direction d’acteurs.

De fait, ces derniers ne sont pas pas particulièrement à l’honneur. Un peu statiques en ce qui concerne la cantatrice. Franchement caricaturaux pour les différents prétendants qui constituent sa « cour ».

La première moitié du film est brillante. En faisant de son personnage principal de cantatrice une « reine en son royaume » entourée d’hommes qui la convoitent et dont elle se moque éperdument, L’Herbier signe une oeuvre forte, décortiquant les effets ravageurs de son manque d’empathie. Sur le fond, le film est alors assez classique. Dans la forme, il se révèle passionnant dans sa manière d’étirer le temps pour faire sortir suspense et émotion.

La dernière partie tourne au fourre-tout, et parfois au grand-guignol, pour ne pas dire au grand n’importe quoi, avec notamment une histoire inattendue et poussive de savant fou que L’Herbier (et son co-scénariste Pierre MacOrlan) semble n’avoir écrit que pour donner lieu aux expérimentations visuelles les plus folles.

En ressort quand même une extraordinaire séquence de pur suspense, avec un serpent venimeux glissé dans une voiture lancée à pleine vitesse, rendue absolument inoubliable grâce à un montage virtuose qui garde toute sa puissance.

X-Files, aux frontières du réel (The X-Files) – saison 2 – créée par Chris Carter – 1994-1995

X-Files, aux frontières du réel (The X-Files) - saison 2 - créée par Chris Carter - 1994-1995 dans 1990-1999 X-Files%20saison%202_zpsw1y7fnpl

X-Files gagne nettement en qualité, après une première saison qui avait posé les bases de la série, mais avait pris un petit coup de vieux. Avec cette saison 2, le showrunner Chris Carter gagne en confiance, creuse plus profondément les sillons qu’il n’avait fait qu’effleurer jusqu’alors, et s’entoure de scénaristes et de réalisateurs qui ont définitivement trouvé leurs marques dans l’univers d’X-Files.

Parmi les réalisateurs qui prennent une importance grandissante dans la production du show, Rob Bowman tient une place à part. C’est à lui qu’on doit le premier authentique chef d’oeuvre de la série : Insomnies (l’épisode 4), petite merveille de mise en scène qui joue aussi bien sur la terreur que sur l’émotion pure, et réussit le pari d’être l’un des meilleurs « loners » de la saison, tout en développant à sa manière la fameuse théorie du complot, qui prend une ampleur considérable au fil de cette saison.

L’ambition cinématographique de Rob Bowman donne l’exemple à ses successeurs, à commencer par Kim Manners (futur pilier du show) et Chris Carter lui-même, qui fait des débuts brillants derrière la caméra avec le fameux Duane Barry (épisode 5), sans doute l’épisode-pivot de toute la série avec l’enlèvement de Scully, dont on ne connaîtra toutes les implications que dans les saisons suivantes. Cet enlèvement est pourtant en grande partie dû à un événement imprévu : la grossesse de Gillian Anderson, que Carter justifie et utilise de la manière la plus inattendue qui soit. Un coup de génie, qui va profondément marquer toute la série.

C’est aussi dans Duane Barry qu’apparaît Alex Kryceck, le formidable « double-maléfique » de Mulder qui sera avec l’Homme à la cigarette le méchant le plus iconique de la série, et qui reviendra en force dès la fin de cette saison avec un rebondissement aussi tragique qu’inattendu, qui va donner une dimension personnelle bouleversante à la quête de Mulder.

Le complot prend de l’ampleur avec le diptyque Duane Barry (qui se conclut avec Coma, l’épisode 8, première incursion de la série dans la rêverie poétique), l’apparition de « Monsieur X » (Steven Williams, successeur de Gorge Profonde) le double-épisode La Colonie (16 et 17) qui replace au cœur de la série la sœur de Mulder, et le formidable dernier épisode, Anasazi, l’un des meilleurs cliffhangers de fin de saison qui laisse Mulder pour mort et ouvre de nombreuses portes passionnantes.

Mais l’essentiel de la saison reste constituée de loners, avec notamment l’un des monstres les plus marquants de la série : cette répugnante larve humaine de L’Hôte (épisode 2). D’autres monstres peuplent la saison 2 : celui, bien humain celui-là, du Fétichiste (épisode 13), l’un des plus traumatisants de la saison ; et ceux, beaucoup plus décalés, de Faux frères siamois, génial hommage au Freaks de Tod Browning.

C’est avec cet épisode que la série fait ses premiers pas (d’anthologie) dans le domaine de l’autodérision, absent jusqu’à présent. Les saisons à venir seront toutes marquées par de telles incursions dans l’absurde, l’humour, le décalage et l’ironie. Cet épisode-là reste l’un des meilleurs du genre, marqué par plusieurs séquences inoubliables : Scully qui mate la difformité de Vincent Schiavelli pendant que ce dernier reluque sa poitrine ; un « freak » qui évoque la standardisation des hommes et clame qu’un jour, « tout le monde ressemblera à ça » en pointant du doigt un Mulder à l’allure un peu ahurie…

Beaucoup d’épisodes plus classiques aussi, avec de rares ratages (Les Vampires, épisode 7, le seul sans Scully, rencontre manquée de la série avec ce mythe immortel), et des tas de réussites qui empruntent aux grands thèmes du fantastique : la réincarnation (Aubrey, épisode 12), le vaudou (Mystère vaudou, épisode 15), Le Vaisseau Fantôme (épisode 19, du même nom) ou encore la possession (Les Calusari, épisode 21).

Notons encore une histoire de contagion bien dégueulasse (F. Emasculata, épisode 22), une belle évocation des préjugés autour d’une secte (Excseis Dei, épisode 11) ou une mystérieuse ombre tueuse (Ombre mortelle, épisode 23)… Avec cette saison 2, qui se termine de la manière la plus excitante qui soit, pleine de mystères et de promesses, X-Files s’impose comme la série majeure de la décennie.

* Voir aussi la saison 1.

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